Malgré la guerre au Moyen-Orient, le trafic passagers du Maroc avec cette région a augmenté, selon les chiffres de l'ONDA. Mieux encore, la liaison Casablanca avec une destination de cette région en conflit s'est érigée comme première route aérienne à partir du Maroc. Un vrai paradoxe dont on vous explique les raisons ci-après. La guerre au Moyen-Orient n'a pas eu de gros impacts sur les liaisons aériennes entre le Maroc et la zone Moyen et Extrême-Orient. C'est le moins que l'on puisse dire au regard des chiffres sur le trafic aérien passagers durant le mois de mars dernier. Ces indicateurs, fournis par l'Office national des aéroports (ONDA), font état d'une hausse de 13,32% du trafic passagers entre le Maroc et cette zone géographique, par rapport à la même période de l'année dernière. En valeurs absolues, les chiffres de l'ONDA renseignent que 173.012 passagers ont effectué le voyage entre les aéroports marocains et ceux de cette région en mars dernier, contre 152.678 durant le même mois de 2025. Sachant que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février, s'est intensifiée durant tout le mois de mars, et a entrainé une fermeture de l'espace aérien de plusieurs pays de cette région, cette hausse vient rappeler ô combien le transport aérien a essayé de s'adapter à la nouvelle donne. D'ailleurs, sur l'ensemble du premier trimestre 2026, l'ONDA note une augmentation de 9,45% du trafic passagers entre le Maroc et les destinations du Moyen et Extrême-Orient, soit 571.164 passagers, contre 521.826 durant les trois premiers mois de l'année 2025. L'effet Ramadan… Alors, la question qui s'impose est de savoir comment le trafic peut-il augmenter avec une région où la quasi-totalité des pays avaient fermé leurs aéroports durant cette période ? En effet, dès le déclenchement de la guerre, l'espace aérien des hubs de Dubaï, Abou Dhabi et Doha a été immédiatement fermé pendant plusieurs jours, avant de rouvrir très partiellement. Il en est de même pour les aéroports du Koweït et du Bahreïn, de même qu'une partie de l'est de l'Arabie Saoudite. En parlant justement de l'Arabie Saoudite, c'est d'elle qu'est venue cette hausse non négligeable du trafic passagers avec le Maroc, en plein guerre régionale. Et cela s'explique par le mois de Ramadan, période de boom des voyages pour le petit pèlerinage à la Mecque (Omra). D'ailleurs, les chiffres de l'ONDA le prouvent. La liaison Casablanca-Djeddah (l'aéroport étant situé à proximité de la Mecque) s'est imposée comme la première route aérienne depuis le Maroc durant tout le mois de mars, dépassant même la traditionnelle liaison leader, à savoir Casablanca-Paris Orly. En effet, selon l'ONDA, la route Casablanca-Djeddah a été empruntée par 73.215 passagers, soit une part de 2,71% sur le trafic global du Royaume durant le mois de mars. Rien qu'à l'aéroport Mohammed V de Casablanca, cette route a absorbé à elle seule 9,69% du total des passagers. Autrement dit, la saisonnalité du mois de ramadan, qui a coïncidé avec cette guerre, a empêché pour le moment de ressentir les impacts du conflit sur le transport aérien depuis le Maroc avec les pays du Moyen-Orient. … et aussi de la CAN Par ailleurs, le flux aérien durant le ramadan a non seulement fait émerger la route Casablanca-Djeddah comme première au niveau du trafic global, mais elle a aussi permis de maintenir la zone géographique Moyen et Extrême-Orient comme deuxième destination, juste derrière l'Europe. Car les données de l'ONDA note que 2.278.897 passages ont emprunté les liaisons avec l'Europe en mars dernier, contre 1.977.344 durant le même mois de l'année d'avant, soit une hausse de 15,25%. Et c'est le même classement que l'on retrouve lorsque l'on cumule l'ensemble des trois mois du premier trimestre avec l'Europe en tête (hausse de 9,82%), devant le Moyen et Extrême-Orient (9,45%). Il faudra aussi signaler que la région Afrique a émergé en tant que troisième lieu de connexion aérienne avec le Maroc durant tout le premier trimestre avec une hausse de 20,96%, soit 481.068 passagers. Ces résultats illustrent l'effet de la CAN, période durant laquelle le Royaume a été la destination phare dans le continent africain, notamment sur une bonne partie du mois de janvier. Hausse de 11,15% du trafic global durant le premier trimestre Selon les statistiques de l'Office national des aéroports, on note une hausse de 11,15% du volume de trafic commercial dans les aéroports du Royaume, pour s'établir à 8.913.041 passagers à fin mars 2026. L'aéroport Mohammed V de Casablanca, représentant plus de 30% du trafic global, a accueilli 2.730.209 passagers, soit une progression de 15,92% par rapport à fin mars 2025. De même, la plupart des autres aéroports ont enregistré des taux de croissance remarquables, notamment Béni-Mellal (+31,35%), Errachidia (+20,81%), Nador El Aroui (+13,83%), Rabat-Salé (+13,51%), Tanger Ibn Batouta (+11,86%), Marrakech-Menara (+11,68%) et Agadir Al Massira (+10,76%). Cette performance a été tiré essentiellement par le trafic international. La ventilation du trafic aérien des passagers entre vols nationaux et internationaux à fin mars 2026 fait ressortir que les aéroports du Royaume ont accueilli 8.022.866 voyageurs sur les vols internationaux (+10,91%) et 890.175 passagers sur les vols nationaux (+13,34%) Abdallah Benahmed / Les Inspirations ECO