À travers cette interview, Othmane Lazrak, directeur marketing et communication de Zine Capital Invest, dresse le bilan d'un modèle industriel fondé sur une stratégie d'intégration exemplaire. Présent au SIAM 2026, le groupe réaffirme sa position de partenaire stratégique du monde agricole marocain, en articulant sa vision autour de plusieurs leviers. Le SIAM est le rendez-vous incontournable de l'agriculture. Quelle est la stratégie principale derrière la participation de Zine Capital Invest à cette édition 2026, et quel regard portez-vous sur l'intégration et la diversification de votre activité en amont ? Notre participation au SIAM 2026 réaffirme notre position de partenaire stratégique du monde agricole marocain. Le groupe Zine Capital Invest s'est imposé au fil des années comme un partenaire stratégique de cette foire agricole. Notre groupe incarne une vision où l'agro-industrie se met au service de l'agriculteur et du consommateur final. Notre collaboration repose sur une structure intégrée, portée par plusieurs filiales spécialisées qui couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la distribution. Partant de ce constat, le cœur de métier du groupe repose non seulement sur une synergie constante avec la sphère agricole, mais aussi sur une stratégie d'intégration qui demeure le cœur battant de notre modèle économique. Parmi nos entités clés en amont figure «Zine Céréales» qui se charge de la production et de la commercialisation d'engrais et d'aliments pour bétail. L'entreprise ne se contente pas de vendre des produits ; elle se positionne comme un véritable partenaire, accompagnant activement les agriculteurs à travers des initiatives de terrain, comme le «Mobile classroom». Ce camion pédagogique, sous forme de salle de classe itinérante, sillonne les zones rurales dans toutes les régions pour offrir des formations pratiques aux agriculteurs, les mettant en contact direct avec les associations agricoles et les sensibilisant aux techniques de productivité et de certification. Le groupe dispose également de filiales spécialisées dans la minoterie et la semoulerie, telles que «LGMZ» (Les Grand Moulins Zine) et «LGSZ» (Les Grandes Semouleries Zine), qui transforment les matières premières en produits finis (farine, semoule) destinés aux professionnels comme au grand public. Comment évaluez-vous le développement de Zine Capital Invest dans le paysage agroéconomique national et africain d'ici 2030 ? Le groupe continue de consolider sa position sur le marché local et international. Aujourd'hui, nous nous appuyons sur quatre pôles d'activités structurants qui nous permettent d'être un acteur agroéconomique de premier plan. D'ici 2030, notre ambition est de renforcer cette empreinte pour devenir un hub agro-industriel incontournable, non seulement à l'échelle nationale, mais aussi internationale. Cette croissance est portée par une maîtrise totale de la chaîne de valeur. La solidité de nos filiales, de la transformation céréalière à l'expertise acquise en huilerie – notamment après le rachat du groupe Savola – nous donne une longueur d'avance. Nous bâtissons un modèle pérenne, soutenu par une R&D qui anticipe les besoins des consommateurs tout en structurant les filières locales. Pour le groupe Zine Capital Invest, l'innovation n'est pas une option, mais le moteur de notre compétitivité à travers d'une part, la Recherche et Développement, avec un pôle dédié qui travaille en continu pour optimiser les processus de transformation. Le succès récent du lancement de nouveaux produits, comme la gamme «Cookie master tobigo», témoigne de cette capacité à répondre aux besoins du marché tout en maintenant des standards de qualité élevés. D'autre part, avec l'internationalisation, puisque le groupe a su diversifier ses marchés. Aujourd'hui, ses produits sont présents dans plus d'une trentaine de pays, sur quatre continents. Cette expansion s'appuie sur une structure logistique robuste, notamment avec la filiale «Transdine», qui gère une flotte de 1.000 véhicules assurant la distribution de la marchandise depuis les usines vers dix agences réparties sur tout le territoire national. Pour ce qui est de l'exportation, qui demeure un levier de croissance majeur, il est porté par le Complexe Alimentaire Zine. Dans le cadre de votre stratégie d'intégration, quelles sont les activités stratégiques que vous ciblez pour renforcer votre positionnement sur le marché ? Pour consolider notre leadership, nous misons sur trois axes. D'abord, une diversification de notre activité : nous avons élargi notre catalogue vers des produits à forte valeur ajoutée, comme les sauces (marque Sora) et les biscuits, complétant ainsi notre cœur de métier historique. Ensuite, l'innovation continue : nos investissements en R&D nous permettent de lancer des produits primés, à l'instar de notre huile d'olive Zaytouni. Enfin, notre Complexe alimentaire Zine agit comme un véritable fer de lance pour l'exportation. Cette structure dédiée, forte d'un statut juridique propre, nous permet d'être présents dans plus de 30 pays. C'est par ce complexe que nous industrialisons la transformation de pointe, qu'il s'agisse de nos pâtes ou de nos couscous, pour répondre aux standards d'exigence des marchés internationaux. Comment Zine Capital Invest compte-t-elle renforcer son maillage régional afin d'optimiser la proximité avec les marchés locaux, et quels leviers seront mobilisés pour assurer une couverture territoriale performante ? Notre force est indissociable de notre proximité terrain. Notre logistique est orchestrée par «Transdine» qui joue un rôle de hub logistique, facilitant l'acheminement des produits depuis les zones industrielles de Casablanca et Berrechid vers nos dix centres régionaux avec une flotte de 1.000 véhicules assurant une capillarité unique. Nous avons déployé 10 agences régionales, de Tanger à Laâyoune, qui servent de relais dynamiques pour une redistribution réactive vers les grossistes et détaillants. Cette couverture territoriale est complétée par nos partenaires en GMS. Pour optimiser cette chaîne, nous misons sur une organisation matricielle rigoureuse : «Canal Food», qui pilote le mix produit (farines, semoules, huiles, margarines, sauces) et «Transdine», qui optimise la distribution. Cette structure permet des synergies fortes, notamment sur le segment des produits dérivés et des aliments composés. C'est ce maillage dense qui garantit une chaîne logistique performante, reliant nos usines (principalement basées autour de Casablanca et Bouskoura) à chaque point de vente.