Deux sujets sociaux sensibles étaient à l'ordre du jour lundi pour le passage de Younes Sekkouri à la Chambre des représentants. Le premier, déjà acté, concerne la pension de vieillesse : le seuil de cotisation a été abaissé de 3.240 à 1.320 jours, et les travailleurs qui n'atteignent pas ce minimum pourront désormais récupérer leurs cotisations. Le second, qui sera soumis au prochain Conseil de gouvernement, vise à améliorer les conditions des agents de sécurité privée, souvent contraints à des journées de 12 heures. Le ministre a parlé d'«injustice» et promis de la réparer. Le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a fait le point, lundi devant la Chambre des représentants, sur deux dossiers sociaux qui concernent des millions de Marocains. Le premier est déjà dans les faits. Le second est encore sur le métier. En effet, la première réforme, déjà actée, assouplit les conditions d'accès à la pension de vieillesse. La seconde, qui sera soumise au prochain Conseil de gouvernement, vise à améliorer les conditions de travail des agents de sécurité privée, un métier exposé à des cadences infernales. Ainsi, Sekkouri a détaillé les apports de la réforme du système de retraite. Le seuil de cotisation pour prétendre à une pension de vieillesse a été considérablement abaissé, a souligné le ministre. 1.320 jours suffisent donc désormais, contre 3.240 auparavant. Une baisse conséquente qui va mécaniquement élargir le nombre de bénéficiaires, en particulier les salariés aux parcours professionnels hachés ou ceux qui ont connu des interruptions de carrière. Surtout, le ministre a mis l'accent sur une disposition tout aussi importante : les travailleurs qui n'atteignent pas ce nouveau seuil pourront récupérer leurs cotisations. Une mesure qui règle l'épineuse question des «cotisations perdues» pour ceux qui partent à la retraite sans avoir validé le nombre de trimestres requis. Des gardiens de sécurité mieux protégés Younes Sekkouri s'est également attaqué à un angle mort du Code du travail, celui relatif aux conditions des agents de sécurité privée. Ces hommes et ces femmes, souvent invisibles, effectuent des journées pouvant aller jusqu'à 12 heures, dans des conditions difficiles et avec une reconnaissance limitée. Le ministre a été sans détour : «Ils travaillent dans des conditions difficiles et pendant des durées pouvant atteindre 12 heures par jour». Pour remédier à cette injustice, un amendement de l'article 193 du Code du travail sera soumis au prochain Conseil de gouvernement. L'objectif affiché est clair : «réparer cette injustice», a-t-il martelé. Sans entrer dans les détails techniques, l'amendement devrait porter sur la durée maximale du travail et les conditions d'exercice de cette profession. Deux annonces en forme de bilan À quelques mois des échéances électorales, ces annonces ont valeur de bilan. Sur la retraite, le gouvernement peut se targuer d'avoir simplifié un système jugé trop complexe et punitif pour les carrières discontinues. Sur la sécurité privée, il répond à une revendication portée depuis longtemps par les syndicats du secteur, mais le texte devra encore passer l'épreuve du vote. Reste à savoir si l'amendement sera adopté avant la fin de la législature. Le ministre s'est montré confiant, affirmant qu'il sera présenté «au prochain Conseil de gouvernement». Quant à la réforme des retraites, elle est déjà actée. Reste à voir comment elle sera appliquée sur le terrain, et dans quels délais les premiers bénéficiaires pourront récupérer leurs cotisations.