Réunis à l'Université Mohammed VI des sciences et de la santé mercredi, le ministère de la Santé, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé et Kaoun International ont dévoilé les enjeux de GITEX Future Health Africa. Prévu du 4 au 6 mai à Casablanca, ce premier salon d'envergure positionne le Maroc comme moteur de la souveraineté sanitaire du continent. À quelques jours de l'ouverture officielle de la première édition de GITEX Future Health Africa, prévue du 4 au 6 mai 2026, les organisateurs ont dévoilé mercredi une ambition qui dépasse le cadre d'un simple salon technologique. L'événement se positionne comme le catalyseur d'une transformation profonde des systèmes de santé sur le continent. Il réunira des experts et des intervenants internationaux pour repenser la prestation des soins. Une plateforme stratégique pour l'Afrique L'initiative, fruit d'une collaboration entre le ministère de la Santé, la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS) et Kaoun International, vise un objectif clair : bâtir des systèmes de santé plus résilients, équitables et technologiquement souverains. Comme l'a souligné Amine Tehraoui, ministre de la Santé, l'événement doit «créer une plateforme Afrique, connecter les acteurs, structurer le marché et devenir en quelque sorte un accélérateur de projets». Cette dynamique s'appuie sur la présence de leaders mondiaux tels qu'AstraZeneca, Pfizer et Siemens Healthineers, qui apportent des technologies essentielles pour accompagner le développement d'écosystèmes digitaux interopérables. Pour les décideurs africains, accéder aux investissements et aux technologies transformatrices relève souvent du parcours du combattant. Cette plateforme entend briser ces barrières en attirant des investisseurs représentant plus de 10 milliards de dollars d'actifs sous gestion, favorisant ainsi le «deal flow» et les partenariats stratégiques. Le Royaume entend utiliser sa capacité logistique et économique pour connecter l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient dans le domaine de la santé, affirmant son rôle de hub crédible capable d'aligner politiques publiques et intérêts privés. L'IA, le «super-héros» de la médecine moderne Au cœur des discussions de la préouverture : l'intelligence artificielle (IA), qui s'est imposée comme le moteur de la révolution en marche dans le secteur de la santé. Alors que l'OMS prévoit un déficit de 10 millions de travailleurs de santé d'ici 2030, Trixie LohMirmand, CEO de Kaoun International, a affirmé que l'IA sera «le super-héros qui va aider à relever ce défi». Les études indiquent d'ailleurs que l'IA pourrait réduire les services administratifs de 40% tout en augmentant significativement la productivité globale du secteur. L'usage de l'IA n'est plus une promesse lointaine mais une réalité concrète au Maroc, notamment dans les technologies de diagnostic et la gestion des données médicales électroniques. Le salon sera l'occasion de présenter des projets pilotes menés par le ministère de la Santé, démontrant comment ces outils permettent de toucher les «déserts médicaux» et d'assurer une prise de décision mieux informée. L'enjeu est également académique et prédictif, avec la conférence MedEI qui se tiendra en parallèle, mobilisant des chercheurs d'institutions de premier plan comme l'Université Paris-Dauphine, en vue de faire progresser l'intelligence médicale. Avec plus de 300 exposants, 200 startups et plus de 27 pays représentés, l'événement témoigne d'un momentum exceptionnel porté par l'ingéniosité humaine. Plus qu'une vitrine, GITEX Future Health Africa se veut un «organisme vivant», évoluant avec les nouveaux talents, les découvertes biotechnologiques et les transferts de technologies. Amine Tehraoui Ministre de la Santé et de la Protection sociale «Ce projet est né d'une volonté simple : donner à la santé un événement qui lui soit propre, car elle occupait un espace extrêmement important lors du premier GITEX Africa à Marrakech. Mon ambition, avec ce GITEX, est de montrer une autre image marocaine de la santé, celle d'un pays attractif qui construit un hub de santé créatif et structurant. Nous avons la chance d'être en phase de construction. Il est donc bien plus simple pour nous d'intégrer directement ces ponts technologiques que de transformer des systèmes déjà mis en place. Ce salon doit être un accélérateur pour nos homologues africains, leur permettant d'accéder aux investissements productifs dont ils ont besoin pour faire évoluer leurs propres systèmes de manière souveraine.» Pr. Youns Bjijou Directeur délégué de la FM6SS «Accueillir cette conférence ici, au sein de l'université, est un symbole fort pour ces jeunes bacheliers que nous formons à l'excellence et qui sont l'avenir du pays. Notre mission est d'apporter notre pierre à l'édifice de la souveraineté sanitaire africaine en mettant la technologie au service de l'humain. La Fondation agit comme une locomotive de ce secteur, entre le public et le privé, avec un objectif unique : asseoir le leadership marocain en matière de révolution numérique. À travers le GITEX Future Health Africa, nous voulons mettre l'intelligence artificielle au profit du diagnostic, de la recherche et de la médecine prédictive. C'est un moment de partage, d'intelligence collective et de construction pour le continent.» Trixie LohMirmand CEO de Kaoun International «Pourquoi organiser ce salon maintenant ? Parce que la technologie et l'IA changent tout. Il y a sept ans, cela n'aurait pas eu le même impact. L'IA est l'industrie où les technologies ont le plus grand impact économique et social. Quant à la santé, elle est le secteur numéro un pour l'amélioration des vies humaines. Le Maroc est un acteur régional important qui doit rester connecté aux standards mondiaux tout en accroissant sa visibilité, son impact et son interconnectivité. Le futur de la santé ne se résume pas à construire des hôpitaux, mais à piloter un nouveau système moderne, connecté et non fragmenté. Ce que nous lançons ici, c'est un élan pour créer de la capacité locale, développer des talents et assurer une résilience souveraine.» Abdelhafid Marzak / Les Inspirations ECO