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Un sommet économique pas comme les autres

Un événement aussi important que le sommet économique arabe est passé presque inaperçu la semaine dernière. Il a été éclipsé par les péripéties qu'a connues la région, ces derniers temps. Les hasards du calendrier ont imposé cette rencontre sur l'économie à un moment trop proche du changement politique survenu en Tunisie. Le cadre de Charm El-Cheikh n'a pas réussi à dissiper les tensions ni à apaiser une atmosphère sur laquelle planaient les innombrables difficultés que traverse le monde arabe et dont le problème tunisien n'est que le plus apparent.
On a parfois l'impression qu'il suffirait que les pays arabes se mettent ensemble pour que leur efficacité économique s'accroisse. Mais l'addition de plusieurs faiblesses n'aboutit pas à une force. Les Européens l'ont compris et se demandent aujourd'hui si l'intégration des pays de l'Europe de l'Est n'a pas été trop rapide et insuffisamment préparée. La Zone euro continue d'exclure des économies faibles, pourtant membres de l'Union. C'est pourquoi il faut d'abord que les économies arabes deviennent compétitives et modernes pour que leur intégration puisse leur permettre d'aller plus loin ensemble. Or, les échanges inter-arabes ne représentent que 9% des échanges globaux de ces pays. Leurs économies sont encore trop soumises à des impératifs politiques qui ne servent pas toujours leurs intérêts nationaux. Le choix des partenaires économiques est ainsi dicté par des questions géostratégiques. Les économies du Maghreb restent trop attachées à l'Europe pour des raisons historiques et politiques évidentes. De leur côté, les pays du Moyen-Orient restent inféodés économiquement aux Etats-Unis et à la Grande Bretagne. En réalité, ce qui permet à une économie arabe d'être forte, c'est d'abord la faiblesse des autres économies arabes. Les difficultés, réelles ou supposées, que rencontrera la Tunisie se traduiront par des bénéfices pour le Maroc. L'idée de l'intégration suppose une complémentarité économique, qui est loin d'être une réalité aujourd'hui.
Une économie de rente
Cela nécessite en réalité une véritable révolution politique et économique. Les deux sont liées bien entendu. Le manque de démocratie dans les pays arabes s'explique non seulement par la peur des dirigeants de perdre leur pouvoir politique, mais aussi d'abandonner des privilèges économiques. Nous l'avons vu avec le cas tunisien, où le président n'a muselé les bouches que dans la mesure où son clan en avait besoin pour faire main basse sur des pans entiers de l'économie du pays. De ce point de vue, le modèle économique arabe est en parfaite harmonie avec son modèle politique. Les facteurs économiques et sociaux jouent un rôle de plus en plus déterminant dans l'instabilité du monde arabe. Les luttes pour l'indépendance et les «révolutions-Coup d'Etat» des années 50 et 60 se sont faites sur la base d'une revendication d'une justice «économique». Elles ont fini par la mise en place d'une économie rentière qui ne profite qu'à quelques familles. Aussi bien dans les pays pétroliers que les autres, l'économie est mise au service du clan au pouvoir. Une économie de rente est une économie qui n'innove pas et n'évolue pas. C'est ce qui explique le retard des pays arabes, pourtant riches, par rapport à d'autres économies émergentes. Ce n'est que très récemment que la rente, notamment pétrolière, a été tournée vers l'investissement. Elle servait plus à satisfaire des désirs de consommation effrénée et à des dépenses faramineuses dans la construction de palais et dans les loisirs les plus extravagants. C'est ce qui explique que, malgré leur richesse, certains pays pétroliers comme l'Algérie et la Libye affichent des taux de chômage aussi élevés.
Mauvais calculs
Les autocraties rentières tiennent encore grâce à la complaisance des puissances occidentales. Celles-ci s'accommodent facilement de ces régimes peu démocratiques, qu'ils présentent comme le dernier rempart contre une supposée déferlante islamiste. Mais un tel système crée ses propres contradictions et arrive rapidement à ses limites. Son manque de dynamisme engendre des problèmes économiques, qui touchent une population jeune et instruite. La révolution technologique a de son côté démocratisé l'accès à l'information et rendu cette conscience politique facilement contagieuse.
Pour que le monde arabe devienne plus stable, il ne peut plus compter sur l'alliance avec un Occident effrayé par l'islamisme et soucieux de préserver ses intérêts à n'importe quel prix. La seule voie est désormais dans une réelle politique économique innovante et dynamique, qui compte sur la compétitivité interne pour conquérir des marchés externes et générer des richesses dont profitera toute la population et notamment les jeunes.


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