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Interview : Mohamed Mouslim, Journaliste à 2M et concepteur du magazine «Akhtar Al Moujrimine».
Publié dans Les ECO le 25 - 01 - 2011

«Le concept est de mieux cerner la personnalité du criminel»
Les Echos quotidien : Comment est née l'idée de l'émission «Akhtar Al Moujrimine» ?
Mohamed Mouslim : En réalité, c'est la presse écrite qui m'a inspiré. En constatant l'intérêt grandissant de ce média pour les faits divers et les affaires criminelles, j'ai proposé à la chaîne 2M l'idée d'un magazine qui traiterait de ce genre d'affaires d'une autre manière que celle des reportages d'actualité. Le concept est de retracer le déroulement du crime et de l'enquête, mais aussi de mieux cerner la personnalité du criminel.
Pourquoi opter pour le docu-fiction ?
2M avait déjà produit ce genre d'émissions, notamment avec le programme arabophone «Waqaï». Or à l'époque, le concept était plus tourné vers la fiction. Nous avons également constaté que le paysage télévisuel marocain ne comptait pratiquement pas, voire très peu de docu-fictions, c'était donc pour nous une sorte de défi, celui de savoir relier la trame de témoignages clés dans une affaire criminelle (enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier, parents ou proches du criminel ou des victimes...) avec un volet fiction qui reconstituerait le(s) crime(s) et le contexte.
Ne craignez-vous pas qu'»Akhtar Al Moujrimine» soit comparé à «Moudawala» ?
«Moudawala», comme ce fût le cas pour «Waqaï», est une fiction. De plus, le programme d'Al Oula revient sur des dossiers des tribunaux, en se concentrant essentiellement sur les rouages de la machine judiciaire. Dans «Akhtar Al Moujrimine», ce volet vient en dernière partie.
On tente plutôt d'aller au plus près de la victime et du criminel. Nous approchons les services de police et retraçons toute l'enquête depuis le début.
Dans cette série de docu-fictions, le volet documentaire est très important, car il donne la parole aux témoins et acteurs de l'enquête. Le volet fiction, quant à lui, permet aux téléspectateurs de visualiser des éléments de l'enquête que nous n'avons pas en main. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de comparer les deux, dans la mesure où le nouveau document propose un traitement différent de celui de «Moudawala».
Dans quelles conditions s'est déroulée la préparation des premiers épisodes ?
À ce jour, quatre épisodes sont déjà prêts. Ce qui nous permet d'avoir une certaine avance pour la préparation des prochains épisodes. Cela nous a pris près d'une année pour obtenir ce premier résultat. Le plus long était d'obtenir les autorisations nécessaires pour avoir accès aux archives auprès des services de police et des tribunaux et de pouvoir interroger les enquêteurs et procureurs qui ont travaillé sur l'affaire. Il a fallu expliquer le concept et l'objectif du programme aux responsables, leur démontrer qu'il y a une morale à tirer par les téléspectateurs derrière ce travail de production (...). Nous espérons que la diffusion du premier épisode encouragera la gendarmerie et le Haut commissariat des prisons à collaborer avec notre équipe, notamment pour rencontrer les criminels. Nombre d'entre eux ont été jugés, mais pas exécutés. Nous espérons aujourd'hui pouvoir les approcher pour mieux comprendre les motifs de leur(s) crime(s) et percevoir leur personnalité, s'ils acceptent de nous en parler bien sûr.
Qu'en est-il des experts que vous faites intervenir ? Ont-ils également travaillé sur l'enquête ?
Pour l'heure, nous n'avons obtenu que le témoignage d'un procureur qui a travaillé sur l'une des affaires. Pour ce qui est des psychologues ou autres experts, ce sont des spécialistes qui travaillent avec la Sûreté nationale. Ainsi, ils ont une certaine expérience des affaires criminelles et ont également accès aux archives et éléments de l'enquête, bien qu'ils n'aient pas travaillé sur l'affaire. Leur témoignage sera donc très constructif.


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