«C'est mon intime conviction que grâce à la bonne volonté de chacun, nous parviendrons à résoudre cette question qui pèse sur la région depuis 35 ans». L'affirmation vient de Christopher Ross, l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara, qui effectue depuis la semaine dernière et jusqu'au 25 mars, un périple dans la région. Après Rabat où il a rencontré la plus haute autorité de l'Etat, le Roi Mohammed VI, Ross se rendra en effet à Tindouf, Nouakchott et Alger pour poursuivre ses consultations sur la question d'un conflit qui interpelle de plus en plus l'intérêt de la communauté internationale. Ce périple du responsable onusien vient dans le but d'une prise de connaissance de la position des politiques et responsables des parties à ce conflit. Il fait suite aussi aux dernières réunions informelles d'Armonk aux Etats-Unis qui n'avaient pas donné d'issue claire pour la reprise des pourparlers directs. Aux yeux de la communauté internationale, la position du Maroc sur la question du Sahara marocain est aujourd'hui la plus réaliste, la plus crédible, au regard de ce que présente le Polisario et son tuteur l'Algérie, comme proposition. Le Sahara faisant partie intégrante du Royaume, le Maroc propose en effet une large autonomie pour cette région sous sa souveraineté. Cette dernière disposera, par exemple, de son Parlement composé de membres élus par les différentes tribus sahraouies et de membres élus au suffrage universel direct par l'ensemble de la population de la Région. Le pouvoir exécutif de la région autonome du Sahara sera exercé par un chef de gouvernement élu par le Parlement régional et investi par le Roi. Ce statut d'autonomie de la région fera évidemment l'objet de négociations et sera soumis à une libre consultation référendaire des populations concernées. Ce référendum constituera, conformément à la légalité internationale, à la Charte des Nations Unies et aux résolutions de l'Assemblée Générale et du Conseil de Sécurité, le libre exercice, par ces populations, de leur droit à l'autodétermination. Pour asseoir par les textes cette nouvelle donne, la Constitution marocaine sera révisée, et le statut d'autonomie y sera incorporé. Par contre, le Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination incluant l'option de l'indépendance. Si le projet d'autonomie a aujourd'hui un large écho auprès des pays qui s'intéressent à la question, le scénario du Polisario n'est plus de mise. Le dernier soutien du Sénat américain à la proposition d'autonomie, prouve encore une fois que le Polisario et l'Algérie sont devant le fait accompli et que leur option ne devrait même pas être envisageable aux prochains pourparlers.