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PORTRAIT : Yto Barrada, Libre et engagée
Publié dans Les ECO le 22 - 04 - 2011

Passionnée. Le qualificatif s'impose de lui-même. La plupart de ceux qui la connaissent y ajoutent «talentueuse». Une autre de ses connaissances complète : «C'est une artiste contemporaine libre, une vraie». Yto Barrada fait l'unanimité. Elle est venue au monde pour photographier, voyager... d'ailleurs, cela fait plusieurs années qu'elle expose ses travaux dans différentes capitales mondiales. À 40 ans, Yto ne chôme pas. Elle vient d'exposer ses dernières oeuvres à Berlin et a été élue artiste de l'année par la Deutsch Bank. Ce n'est pas tout, la fille du journaliste marocain, Hamid Barrada, est directrice de la cinémathèque de Tanger depuis 2006. Bref, une artiste multiple qui ne cesse de faire parler d'elle. Née à Paris, Yto Barrada passe une bonne partie de sa vie à Tanger. Une ville qui a fasciné bon nombre de créateurs et d'artistes : Eugène Delacroix, Paul Bowles, Tennessee Williams, Jean Genet et bien d'autres. Ses quartiers, ses cafés, ses places... se rappellent toujours de ces grands qui ont marqué à jamais l'histoire de la gardienne du détroit. C'est justement cette même Tanger qui a inspiré et continue d'inspirer Yto. Après des études à l'école américaine et au lycée français, elle s'envole vers Paris pour suivre des études d'histoire et de sciences politiques à la Sorbonne. Sa prochaine destination fut New York, la ville de tous les rêves et de tous les défis. Aux Etats-Unis, la jeune marocaine s'inscrit à l'International center of photography (ICP). Une nouvelle page est ainsi entamée dans la vie d'Yto. Aujourd'hui mariée à un réalisateur américain, elle vit à Tanger, sa ville d'enfance, mais continuer de sillonner les grandes villes européennes et américaines.
Tanger, mon amour !
On ne peut parler d'Yto sans parler de cette ville mythique, à laquelle la jeune femme a consacré plusieurs de ses expositions. En 2006, elle présente au «Jeu de paume», à Paris, une série de photographies impressionnantes. «Le rêve de Tanger», une exposition qui traduit le rêve qui hante les habitants de toute une ville: celui de passer de l'autre côté du détroit. Un an plus tard, l'artiste s'attele à un exercice original: elle photographie la flore de Tanger, menacée par un «tsunami» immobilier. Le choix de ses thématiques n'est en aucun cas anodin. Comme toutes les personnes qui ont connu Tanger des années 1970 et 1980, Yto s'inquiète pour l'avenir de sa ville. «Pourquoi passer par le pire de l'urbanisation sauvage, façon Costa del Sol ? Pourtant des solutions existent qui prennent en compte l'état des choses et les habitudes des populations», avait-elle déclaré à la presse internationale. Artiste engagée par excellence, Yto ne pouvait pas rester indifférente, face à toutes ces problématiques. Nostalgique de sa ville d'enfance, elle ne cesse de mettre la lumière sur tous ces maux qui ont complètement métamorphosé tant les habitudes de ses habitants que leur cadre de vie. Ce n'était pas suffisant. Il fallait trouver un autre moyen pour contribuer à «remettre les choses dans l'ordre», et Yto de décider, en 2006, de faire renaître le célèbre cinéma Rif de ses cendres. Hé oui..., il fallait bien s'intéresser à cet art et à cette culture qui différencient tant Tanger des autres villes marocaines. Il fallait surtout réagir à la léthargie de la scène culturelle locale.
Moteur !
La Cinémathèque de Tanger (CDT) voit donc le jour à l'initiative de Yto et du producteur français Cyriac Auriol. Depuis sa mise en place, cette association à but non lucratif s'est fixée pour mission de promouvoir le cinéma mondial au Maroc et le cinéma marocain dans le monde, de créer une collection de films documentaires, de films et de vidéos d'artistes expérimentaux, de proposer des actions pédagogiques et des animations et surtout, de créer une plateforme de dialogue et de rencontre pour les professionnels du cinéma. En somme, la Cinémathèque œuvre pour la promotion de la culture dans la ville, notamment la production cinématographique, pour ne pas subir l'hégémonie des films commerciaux. Juste après sa mise en place, la CDT est devenue le carrefour des jeunes artistes et étudiants de la ville, assoiffés d'activités politiques. Grâce à une programmation éclectique, la Cinémathèque leur permet d'exprimer leurs talents, de découvrir plusieurs expressions artistiques et d'avoir une idée sur les différents courants cinématographiques. De prime abord, le siège de la CDT ressemble à une vraie caverne d'Ali Baba où affiches de films cultes marocains, arabes, européens et américains sont mises en valeur qui ne manquent pas de donner un avant goût au visiteur. Yto a bien réussi son pari, celui de participer activement à la promotion de la culture à Tanger !


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