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Quand un complexe commercial devient un marécage
Publié dans Les ECO le 12 - 04 - 2010

Des eaux putrides, nauséabondes et charriant des moustiques et des rats en plein centre d'El Jadida depuis bientôt trois décennies. Inimaginable et pourtant vrai, dans une ville pourtant à grande vocation touristique. Le marécage, tristement célèbre pour les habitants, se trouve au milieu des habitations du quartier El Kelâa, à quelques mètres de la place Hansali et proche de la Cité portugaise, classée patrimoine mondial. À l'origine, les marécages se sont constitués dans des fondations entamées et rapidement abandonnées. Le chantier avait pour objectif la construction d'un complexe commercial. Le projet, lancé en grande pompe par la municipalité au début des années 90, était estimé à l'époque à quelque 50 millions de DH. Les promoteurs adjudicataires du marché n'avaient à l'évidence pas procédé à des études géotechniques approfondies. Conséquence, les ouvriers se sont rapidement heurtés au déferlement des eaux de la nappe phréatique. Des fonds supplémentaires s'étant révélés nécessaires pour colmater les brèches, les promoteurs et la municipalité ne s'étaient pas accordés sur le sujet. La banque partenaire a arrêté les frais, ce qui a conduit à l'interruption des travaux. Au départ, le projet était ambitieux. Il devait abriter 166 magasins, des cafés, des plateaux pour bureaux et un vaste parking en sous-sol.
Menace pour la santé
Actuellement, les eaux profondes en stagnation sont envahies par des mousses verdâtres et par toutes sortes d'immondices. Des morts par noyade aussi, tel le cas d'un jeune homme trouvé dans le marécage. D'autres personnes, enfants et vieillards, ont été sauvées in extremis. Ce lieu est devenu la hantise des parents qui le craignent à cause du danger qu'il représente pour leurs enfants. Les riverains, eux, se trouvent obligés de garder portes et fenêtres fermées pour éviter l'invasion des moustiques. Ces eaux stagnantes constituent un vivier de maladies diarrhéiques, d'infections cutanées. D'autres menaces couvent comme le paludisme ou la leptospirose, déclare un médecin. La municipalité semble avoir trouvé la solution pour résorber ce point noir de la ville. Les dettes amoncelées par la banque autour du projet ont été apurées, dit le président du conseil municipal. Et un appel d'offres sera lancé pour céder les terrains du site à un privé. Libre par la suite à ce dernier de construire le projet qui lui conviendra, est-il précisé. On parle d'un immeuble sur plusieurs étages. Encore du béton, assurément.


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