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L'éco-efficacité, un atout pour l'hôtellerie
Publié dans Les ECO le 12 - 05 - 2010

De par sa nature, le secteur du tourisme est l'un des plus gros consommateurs d'énergie. Le client d'un hôtel consomme en moyenne 300 litres d'eau par jour. À ce titre, le Maroc est doublement concerné. D'une part, il est situé dans une région (la Méditerranée) qui connait une forte pression sur ses ressources hydriques. D'autre part, notre pays mise beaucoup sur le tourisme en tant que secteur à forte valeur ajoutée. Toutefois, comme en témoigne Ruud Reuland, directeur de l'école hôtelière de Lausanne,«la croissance du secteur du tourisme s'accompagne souvent de modes de consommation non durables, ce qui met en péril les ressources naturelles, sans oublier les écosystèmes». Un dilemme épineux, certes, mais qui ne constitue pas pour autant une fatalité. En effet, de nombreuses pratiques permettent aujourd'hui à un hôtel de tenir compte des préceptes du développement durable, tout en réduisant leurs charges de fonctionnement de manière significative. «Le tourisme est beaucoup plus concerné par le développement durable que plusieurs autres secteurs», précise Saïd Mouline, directeur de l'ADEREE (Agence de développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique). De plus, il est plus que certain que l'éco-efficience deviendra bientôt une obligation légale dans l'hôtellerie. Sans oublier l'influence induite par le respect de l'environnement sur les comportements des clients et leurs attentes, au point de constituer un critère à part entière lors du choix d'une destination touristique. Cette évolution, tant au niveau des comportements que de la législation, permet de tirer la conclusion suivante : les hôtels qui adhèreront en premier au tourisme durable pourront à la fois anticiper sur les lois et tendances, et acquérir un avantage concurrentiel certain.
L'hébergement, très aquavore
Ainsi, l'application des bonnes pratiques environnementales a un double avantage. D'abord, elles ne remettent pas en cause le confort du client. De plus, les mesures correctives ne nécessitent pas en général un investissement lourd. Celui-ci est compris en moyenne dans une fourchette allant de 20.000 à 100.000 DH, avec une rentabilité assurée dans les 12 mois. La première étape de ce processus de rationalisation consiste en l'identification des zones d'activité de l'hôtel à forte consommation en eau. Pour ce faire, des sociétés spécialisées en efficacité énergétique proposent l'installation de compteurs individuels au sein de chaque service, ce qui permet de déterminer les actions à mener par ordre. À ce titre, l'hébergement et le service d'étage constituent une cible prioritaire. L'installation sur les pommeaux des douches de régulateurs de débit fait passer ce dernier de 20 à 12 litres par minute, permettant ainsi de réaliser une économie de 40%. Le même principe appliqué aux robinets et aux chasses d'eau permet de réduire la consommation d'eau d'un hôtel de 30%. Une méthode qui a fait ses preuves sur le terrain, à l'image de l'hôtel El Morabitine d'El Jadida. La direction de ce dernier a investi précisément 2.824 DH dans l'acquisition de régulateurs et de plaquettes pour chasses d'eau. Un investissement qui a été rentabilisé en 7 mois, et qui a permis à cet hôtel de réaliser une économie annuelle nette de 4.860 DH. De plus, l'hôtel El Morabitine utilise de l'eau de puits pour l'arrosage des jardins, l'alimentation des chasses d'eau et pour la piscine. Une démarche qui peut s'avérer plus efficiente en adoptant de bons gestes qui relèvent simplement du bon sens. Comme arroser les espaces verts le soir ou tôt le matin pour limiter l'évaporation, tout en utilisant dans cet arrosage l'eau ayant servi en cuisine au lavage des fruits et légumes. Le choix des plantes composant ces jardins entre également en ligne de compte. Les bougainvilliers, le jasmin ou encore le bon vieil olivier sont connus pour être peu gourmands en eau. Autant d'économies potentielles pour une ressource qui peut constituer 40% des charges de fonctionnement d'un hôtel.
Un meilleur rendement des blanchisseries à 0 DH
Ces éco-gestes faciles à appliquer, et qui permettent de réaliser des économies avec 0 DH d'investissement, peuvent être transposés dans un autre service à forte consommation en eau : la blanchisserie. Dans la pratique, le linge est lavé sans que les employés ne prêtent vraiment attention au «degré de saleté». Un simple triage préalable pour séparer le linge le plus sale permet d'adapter le cycle des blanchisseries de l'hôtel, et par conséquent leurs besoins en eau. Le prélavage est également à bannir, compte-tenu du fait qu'il représente 25% de la consommation des blanchisseries. De plus, l'idéal serait de ne laver les draps et les serviettes de toilette qu'à la demande des clients et non pas quotidiennement. Ce qui est tout à fait possible vu le changement des mentalités. C'est d'ailleurs une pratique de plus en plus courante dans les hôtels marocains, au vu des autocollants que l'on retrouve dans les chambres et qui incitent à la préservation de l'eau en réutilisant les serviettes. Différents sondages réalisés auprès des clients ont d'ailleurs démontré que 70% d'entre eux adhéraient facilement à cette démarche.
RH, la clé de voûte de la réussite
Cependant, s'il est relativement facile de susciter cette adhésion auprès de clients acquis au respect de l'environnement, il en va autrement du personnel de l'hôtel. En effet, un établissement touristique qui se veut responsable sur le plan environnemental doit promouvoir cette culture auprès de ses employés. Sensibiliser le personnel à un usage plus rationnel des ressources constitue l'unique gage de l'efficacité des éco-gestes, avec ce que cela implique en termes de réduction des coûts d'exploitation de l'établissement. Pour atteindre cet objectif, le staff dirigeant de l'hôtel doit fédérer les employés autour de ces bonnes pratiques, et veiller à diffuser l'information au sein de l'ensemble des services et à tous les échelons. De plus, c'est un processus qui doit être assuré en permanence, en raison du fort taux de turn-over constaté dans l'industrie hôtelière. Le résultat sera une pérennisation de l'éco-efficacité, qui peut se transformer en un véritable outil compétitif. Au final, l'hôtel réduira considérablement ses coûts, tout en satisfaisant une clientèle de plus en plus sensible au respect de l'environnement.
Les études méso-économiques appliquées au tourisme
Une étude méso-économique consiste en l'évaluation de la dégradation environnementale au niveau d'un secteur économique. Son objectif est de saisir et de mesurer l'ordre de grandeur des flux, de les comptabiliser avec leurs transformations et impacts sur l'environnement. Bien que généralement appliquées à des secteurs industriels, le tourisme marocain est le premier secteur de services ayant bénéficié d'une étude méso-économique. Principalement en raison d'un rapport de l'ONU, le Plan d'action pour la Méditerranée, qui a mis l'accent sur le risque de non durabilité causé par le développement du tourisme de masse. Concrètement, les conséquences des activités sont estimées monétairement en termes de coûts des dommages et inefficiences (CDI-coût de la dégradation environnementale) et de coût de réparation (CR-dépenses à engager pour préserver l'environnement). Les valeurs ainsi dégagées sont exprimées par rapport à la valeur ajoutée (VA) du secteur. Les résultats de cette étude ont permis de mettre en évidence que le CDI du secteur du tourisme au Maroc s'élève à 4,23% de sa valeur ajoutée, ce qui représente 1,4 milliard de DH. Le domaine environnemental «Littoral et paysage» représente plus de la moitié des dommages globaux, avec 2,1% de la valeur ajoutée du secteur. Quant au coût de réparation, il est estimé à 2,43% de la VA du tourisme, ce qui représente plus de 804 millions de DH. L'analyse des ratios CDI/CR permet de juger de la rentabilité des actions correctives. Pour reprendre l'exemple de la dégradation du littoral, cela veut dire que 1 DH investi dans la réparation permet d'éviter 1,89 DH de dommages.
«Le respect de l'environnement n'est pas un bonus ou une option»Andreas Museler : Président de Tour-Operators Initiative
Les Echos quotidien : Pourquoi l'éco-efficacité constitue-t-elle une priorité dans l'hôtellerie ?
Andreas Museler : Dans le contexte actuel, nous devons réfléchir à ce que seront nos services, nos structures dans les décennies à venir. D'où l'importance d'intégrer le développement durable dans le tourisme en général, et dans l'hôtellerie en particulier. En tant que professionnels, nous ne sommes pas des idéalistes. Nous voulons gagner de l'argent. Or, la qualité que nous offrons à nos clients dépend de celle que nous trouvons chez nos partenaires. Quand un client européen découvre une destination, il s'attend à de belles plages, à une eau de qualité ainsi qu'à un environnement préservé. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'application des mesures de développement durable compte pour beaucoup dans la satisfaction des clients, ainsi que dans leur insatisfaction. C'est ce qui fait qu'ils recommanderont ou pas une destination. Un client ne demande jamais de réserver une chambre dans un hôtel qui applique l'éco-efficacité et où l'environnement est préservé. Pour la simple raison que pour lui, il s'agit d'un pré-requis. Partant de ce constat, le respect de l'environnement doit constituer le socle de notre offre, et non pas un bonus ou une option.
Qu'en est-il de la réalité du secteur ?
Dans la pratique, l'intégration des principes de développement durable au sein de l'hôtellerie bute souvent sur deux facteurs de blocage. D'abord, il y a la résistance au changement. Il est en effet difficile de modifier des comportements nuisibles à l'environnement et qui sont devenus de véritables automatismes, souvent à cause d'un manque de formation et de sensibilisation. De plus, les changements, notamment technologiques, à apporter au sein d'une structure hôtelière déjà existante ne sont pas une chose aisée. Principalement en raison d'absence ou d'inefficacité des mécanismes de financement. Il est clair qu'il est plus facile d'intégrer le développement durable en amont, alors que l'hôtel en est encore au stade de projet. C'est un travail qui demeure toutefois nécessaire, car il faut garder à l'esprit que l'accueil et l'hospitalité ne sont pas les critères les plus importants dans le choix d'une destination. Les attentes des touristes sont différentes, et ceux-ci sont de plus en plus sensibles aux préoccupations environnementales.


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