Tahar Abou Zaïd : «Il n'y a pas d'ordre du jour de la rencontre du samedi. On nous a uniquement communiqué la date et le lieu de la réunion que nous avons réclamée en avril puis en mai». Après le groupe Omar Benjelloun, le courant «Fils du peuple» émerge sur la scène de la chabiba. D emain samedi, le Bureau politique de l'USFP se réunira à Rabat avec la direction de la jeunesse de son parti. Un corps lézardé par de multiples dissensions. La direction de Ali El Yazghi fait face à une contestation qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Outre le groupe de Omar Benjelloun qui s'oppose à El Yazghi jr cette semaine a vu l'émergence sur la scène politique du courant «Fils du peuple» animé par trois membres de la direction de la jeunesse dont Ali El Ghanbouri, un ancien secrétaire général de cette organisation et de surcroît membre du cabinet au ministère de l'Emploi dirigé par le socialiste Jamal Rhmani. Une entrée qui a fait beaucoup jaser dans les milieux usfpeistes. Armé de bulletins électronique le trio «Fils du peuple» a tiré à boulets rouges notamment sur Ali Bouabid, Abdelhamid Jamahri et Hassan Tarik. Des figures montantes de l'USFP. La fracture qui s'aggrave davantage entre les composantes de la chabiba, est-ce la raison qui a précipité la réunion de demain ? «C'est fort possible», déclare Taher Abou Zaïd, un des animateurs du groupe Omar Benjelloun et de surcroît membre du Conseil national du parti de la Rose. «Il n'y a pas d'ordre du jour lors de la rencontre du samedi. On nous a communiqué uniquement la date et le lieu de la réunion que nous avons été pourtant les premiers à réclamer, nous au sein du groupe Omar Benjelloun, en avril puis nous avons réitéré notre appel en mai», confie Abou Zaïd. «La réunion du samedi devra fixer une date pour le prochain congrès que ce soit en octobre, novembre ou en décembre. Nous devons avoir une nouvelle direction avant début 2011. Le congrès s'impose. C'est la seule solution à même de mettre un terme aux dissensions qui secouent la chabiba», tonne notre interlocuteur. La jeunesse de l'USFP est traversée par plusieurs courants. L'élection en février de Ali El Yazghi à la tête de cette organisation n'a pas amené le calme escompté aux instances de cette organisation. Les divergences se sont approfondies entre les ténors de la chabiba. Des activités menées au nom de la jeunesse du parti sans l'aval des membres du Bureau national de la jeunesse. Tahar Abou Zaïd donne l'exemple de la rencontre de Tan-Tan sur Ouali Mustapha Sayed, le fondateur du Polisario, et Barhim Bassir, un militant sahraoui disparu depuis 1970 à Laâyoune. «Le groupe Omar Benjelloun a boycotté cette activité parce qu'elle s'inscrit dans l'agenda du ministère d'Etat dirigé par Mohamed El Yazghi et non celle de la chabiba». La jeunesse de l'USFP a été, depuis toujours, le théâtre idoine où les têtes d'affiches du parti engrangent le maximum d'affidés. Leurs interventions sont légion. «C'est le cas de Driss Lachgar, Mohamed El Yazghi, Habib El Malki ou encore Abdelwahed Radi. Le Bureau politique de l'USFP ne s'est jamais préoccupé réellement pour réformer la chabiba», confie Tahar Abou Zaïd. Un état des lieux qui a corseté l'action de cette organisation. A cela s'ajoute l'absence de leaders charismatique au sein de la jeunesse. L'exemple de Mohamed Hafid se raréfie. La jeunesse de l'USFP La contestation est la marque de la maison. La jeunesse de l'USFP est à l'origine de nombreux casse-têtes pour la direction du parti. Annachra, la publication de cette organisation a souvent véhiculé des positions qui tranchent avec la ligne officielle prônée par les ténors de l'USFP. Sous l'ère Abderrahmane Youssoufi on a assisté à un bras de fer entre le premier secrétaire et Mohamed Hafid, lequel s'est terminé par une mise à mort d'Annachra. Youssoufi a coupé les vivres à la publication constestatrice. Depuis cet épisode, la chabiba a vécu une époque d'instabilité au niveau de sa direction : Soufiane Khairate, Hassan Tarek, Mohamed Ghouddane, Ali El Ghanbouri et Ali El Yazghi. Pour éviter une répétition du cas Mohamed Hafid, la direction de l'USFP a pris le taureau par les cornes, d'abord en mettant en place des verrous dits légaux en instaurant la limite d'âge pour les membres de la chabiba qui ne doit pas dépasser les 30 ans.