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Pauvreté : Le Maroc s'engage dans un mauvais procès
Publié dans Le Soir Echos le 25 - 08 - 2010

La diplomatie ne fait que ressasser les mêmes critiques.
Le HCP n'ose pas encore répondre.
Au lieu de critiquer, il faut se remettre en question.
L'étonnement, c'est le mot qu'utilise le Maroc pour définir sa position vis-à-vis du nouveau rapport du PNUD sur la pauvreté dans le monde, réalisé en partenariat avec l'Université d'Oxford. Un document qui se base sur un nouvel indice développé conjointement par l'organisme international et la prestigieuse université britannique. Un communiqué très officiel du ministère des Affaires étrangères, critique sévèrement le nouvel indicateur que révèle le rapport, selon lequel le taux de pauvreté au Maroc serait de 28%. «La validation par le PNUD, institution de l'ONU, de telles études, dénote d'un manque de rigueur et de professionnalisme et porte préjudice au Maroc et à ses efforts», indique le communiqué. Une accusation claire que le département de Taïb Fassi Fihri n'hésite pas à adresser au PNUD. Mais cela ne fait ni chaud ni froid à l'organisme international. Il avait déjà subi la colère du Maroc qui a contesté son classement dans le dernier rapport du développement humain. Cette colère n'a guère permis d'améliorer la position du pays dans ce nouveau rapport. Pis encore, ce classement ne fait que se détériorer.
Au-delà de la position diplomatique qui ne se base que sur des argument plus politiques que scientifiques, la colère marocaine doit, théoriquement, se traduire par une réponse basée sur des fondements purement économiques. Une telle réponse ne peut être fournie que par l'organisme chargé des statistiques officielles, à savoir le HCP. Les responsables de cette institution annoncent qu'une réponse scientifique est en préparation depuis plusieurs semaines. Mais personne n'ose encore en parler ni même en dévoiler les grands axes. Le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, le secrétaire général, le directeur des statistiques et deux autres hauts cadres de ce département ont refusé de nous livrer ne serait-ce que l'idée phare de la réponse marocaine. «Donnez-nous encore quelques jours avant de livrer des détails de nos travaux», a précisé Lahlimi Alami. Face à cette réaction il y a lieu de se demander pourquoi un tel mutisme sur un sujet où l'Etat doit défendre sa thèse par tous les moyens. Si le HCP était sûr de ces arguments, il n'aurait rien à cacher. Lahlimi attend-il une validation de sa position par les autorités supérieures avant de l'annoncer ? Rien n'est encore clair dans cette affaire. Pour rappel, Lahlimi Alami avait convoqué une des vice-présidentes du PNUD pour lui transmettre devant la presse ces critiques «scientifiques» par rapport au raisonnement du rapport. Il avait indiqué que les critères du classement n'étaient pas suffisantes et ne retraçaient pas les vraies avancées de certains pays dans plusieurs domaines sociaux. Lahlimi avait à l'époque indiqué qu'il ne défendait pas la position marocaine, mais œuvrait pour «l'amélioration de la qualité de l'indice». La réponse de la représentante du PNUD était on ne peut plus claire : Le niveau de pauvreté ne peut être mesuré que par les critères basiques de l'amélioration du niveau de vie, à savoir l'alimentation, la scolarité et la santé. Les autres critères de développement social sur lesquels misent le Maroc ne comblent pas les premières nécessités.
Il n'y a pas que le HCP qui opte pour le mutisme, bon nombre d'économistes que nous avons contactés ont préféré éviter le sujet. Mais ceux qui s'expriment ouvertement trouvent que ces critiques ne sont pas nouvelles. La diplomatie marocaine ne cesse de les ressasser depuis le milieu des années 90. «Nous sommes en train de mener un mauvais procès à l'encontre du PNUD, dont nous avons besoin pour appuyer nos stratégies de développement national et local. Il est temps pour les responsables marocains de faire plus pour le développement social au lieu de rester attaché au même discours», précise Mehdi Lahlou, professeur à l'INSEA et expert économique international. D'ailleurs, la récurrence de ces contestations ne fait que réduire la crédibilité vis-à-vis d'un organisme international aussi prestigieux que le PNUD, selon nos sources. Au lieu de camper sur les mêmes critiques, les responsables marocains doivent se demander si «les efforts» qu'ils disent fournir ont réussi à améliorer sensiblement «les indicateurs de la honte» pour le Maroc, tel que l'alphabétisation, la mortalité infantile à la naissance ou bien l'accès aux services de santé. Même l'argument qui se base sur la non prise en compte des retombées de l'INDH, n'est pas fondé, selon Lahlou. «Il est vrai que cette initiative a été lancée en 2005, mais ses retombées n'ont commencé à être palpable qu'en 2007 et 2008. D'ailleurs, le PNUD prend en compte l'ensemble des indicateurs que les organismes marocains de statistiques publient», explique-t-il. Dans ce classement, le Maroc se sent lésé du fait qu'il soit dépassé par des pays qu'il estime socialement moins avancés que lui. Mais au moment où certains de ces pays investissent dans des stratégies sociales sérieuses, nous restons, en grande partie, attachés à des actions dont les retombées sur les indicateurs sociaux demeurent limitées.


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