Aurais-je pu imaginer qu'un jour en rentrant chez moi, un attroupement autour d'un petit kiosque entre deux ruelles aurait attisé à ce point ma curiosité et provoqué en moi un émoi profond? En m'approchant, j'ai aperçu des femmes pleines de vie tendent, sourire aux lèvres, le fruit de nos traditions culinaires marocaines à leurs clients. Suite à ma question, l'une d'elles répond : « C'est l'association de solidarité féminine. Ce sont des mères célibataires qui préparent le repas de midi. J'emporte mon couscous au bureau tous les vendredis, c'est un délice ». C'était l'association de la courageuse Aïcha Ech-Chenna, fervente défenseuse des femmes délaissées de notre pays, chargées de la protection de leurs enfants en bas âge et victimes des regards méprisants de la société. Elle aide nos mères célibataires à prendre en charge leurs enfants, et ce, par leurs propres efforts, encourageant ainsi le travail de la femme et l'exploitation de ses compétences et talents. Mais l'action d'Aïcha ne s'arrête pas là. Femme instruite et diplômée, elle publie Miseria en 1996 pour alerter l'opinion publique sur le sort des « petites bonnes » et des enfants abandonnés au Maroc. Cette image de pionnière et icône de l'action sociale au Maroc fait d'elle notre mère Theresa nationale. (Aïda B.)