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Les Marocains de l'étranger réclament leurs droits | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 04 - 09 - 2012

Des universitaires ont lancé une pétition réclamant une meilleure gestion des droits des Marocains résidant à l'Etranger (MRE). L'initiative a pour objectif d'aller au-delà de la célébration d'une journée nationale.
Un groupe d'universitaires a lancé une pétition afin de réclamer une meilleure stratégie de gestion de la cause des Marocains du monde. « L'idée m'est venue à l'occasion de la journée nationale de l'immigrant, le 10 août dernier », déclare Mustapha Merizak, initiateur de la pétition. Parmi les premiers signataires, Badiaa Radi, Ahmed Izaren, et Chakib Khiari. Mustapha Merizak, enseignant à l'université de Meknès, reproche à la gestion actuelle de se limiter à une célébration annuelle qui ne sert pas la cause. « La question ne concerne pas seulement une journée nationale, . Il ne s'agit pas de faire un petit discours une fois par an tout en laissant tomber la cause de MRE. »
La question des MRE fait débat aujourd'hui entre les membres de la communauté marocaine à l'étranger. En médaillon Mustapha Merizak, enseignant à l'université de Meknès.
Plaidoyer pour une nouvelle stratégie
Les signataires de la pétition appellent à l'élaboration d'une nouvelle stratégie bien réfléchie, loin des plans d'urgence et des stratégies à court terme. « Et pour cela, les politiciens ont besoin de coopérer avec les universitaires. » Une approche qui manque au Maroc puisque la recherche universitaire ne semble pas être prise en compte dans l'élaboration des politiques. Les demandes du groupe s'articulent autour de trois axes. Tout d'abord, un bilan objectif des institutions détentrices des dossiers de l'immigration : que ce soit le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME), la Fondation Mohammed V, la Fondation Hassan II, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l'Intérieur et le ministère chargé des Marocains résidant à l'étranger.
Mustapha Merizak, enseignant à l'université de Meknès
Autre demande : l'application des recommandations issues des discours royaux depuis 2005. « Nous voulons savoir qui bloque leur application », insiste Merizak. « Nous appelons également le chef du gouvernement à appliquer la nouvelle Constitution, en termes de droits sociaux et politiques. » Enfin, le collectif exige l'application « immédiate et sans chantage » du droit de vote des immigrés. « Il est nécessaire d'adopter une nouvelle stratégie pour régler la question de l'immigration, ajoute Mustapha Merizak. Il ne faut pas oublier que ces émigrés ont contribué au développement du pays, à l'instauration de l'Etat de droit et de la démocratie. Ils ont également renforcé les comptes de la Banque Populaire. N'oublions pas que la fortune de cette banque s'est faite sur le dos des émigrés. Cette banque monopolisait le secteur à un moment où l'émigré ne rêvait que d'une seule chose, celle d'envoyer de l'argent à ses proches. Après tout ça, il n'est pas possible qu'on tourne le dos à l'émigré ».
Revaloriser la recherche universitaire
Un autre volet du combat de Merizak est de redonner une valeur à la recherche universitaire à toutes les échelles de la société. « Le ministre gère l'aspect technique, il n'a pas le temps de réfléchir sur le long terme. C'est le rôle de l'universitaire de fournir une étude dans ce sens. » Un travail de complémentarité qui ne semble pas être d'actualité au Maroc. « Pour l'instant seules les institutions internationales prennent en compte le travail des universitaires marocains », confirme Merizak. « L'approche participative de la recherche occupe une grande place dans la question de l'immigration et elle doit être prise en compte dans le débat. » Le groupe d'universitaires « toutes spécialités et universités confondues » cherche à réunir les chercheurs qui s'intéressent à la question de l'immigration et coordonner leur travail.
Dans les semaines qui viennent, un comité national d'universitaires sera créé. Il effectuera une caravane nationale juste après la rentrée scolaire afin de sensibiliser les universitaires et les étudiants à la question de l'immigration. « Nous organiserons ensuite, en décembre, un forum national des universitaires pour l'immigration ». Un événement qui coïncidera avec la journée mondiale de l'immigré.
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