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Ross change de méthode | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 03 - 12 - 2012

La journée du 28 novembre dernier a constitué un moment de vérité au Conseil de sécurité assez particulier : l'exposé que Christopher Ross a fait à huis clos sur sa dernière tournée dans la région et en Europe.
Christopher Ross.
Ce rapport a porté bien évidemment sur les dernières consultations effectuées par lui avec les responsables du Maroc, d'Algérie, de Mauritanie, d'Espagne et de France. Pour les parties concernées, notamment le Maroc, la réunion du Conseil de sécurité ne pouvait pas passer inaperçue, tant le contenu du rapport l'intéressait. A cela plusieurs raisons, dont l'une est que l'étape du secrétaire général de l'ONU au Maroc a été différente. Elle est survenue au moment où le Maroc célébrait la fête de l'Aïd, ce qui a obligé Christopher Ross à patienter quelques jours avant de rencontrer les responsables marocains, à quelque niveau que ce soit. Ensuite , la visite a été différente, plutôt totalement différente en termes de « modus operandi », de timing et de ton. En d'autres termes, elle n'a pas sacrifié au formalisme habituel. Le climat était plutôt détendu et le ton libéré de sa gangue.
L'état d'esprit des uns et des autres
Après avoir été reçu longuement par le roi Mohammed VI, Christopher Ross a rencontré tout ce qui peut relever des forces vives du Maroc : représentants des partis politiques, parlementaires, membres du gouvernement et de la société civile. Un panel complet donc des composantes politiques et sociales. Il ne limitait plus sa curiosité au pourvoir, mais avait prêté l'écoute à tout ce qui incarne le Maroc unanime sur l'affaire du Sahara. Il n'a pu évidemment avoir la même chance en Algérie ou ailleurs, et pour cause ! Le peuple d'Algérie n'est en aucun cas concerné ou intéressé par l'affaire du Sahara. La visite de Christopher Ross au Maroc, si elle a été édifiante dans un certain sens, a comporté aussi une autre particularité : elle a conforté le rapport de confiance rompue, mais difficilement retrouvée entre le royaume du Maroc et les Nations unies, sur la base de la grande conversation téléphonique entre le roi Mohammed VI et le secrétaire général, Ban Ki-moon avaient eue le 25 août dernier. Le compte-rendu que Christopher Ross a présenté mercredi dernier aux membres du Conseil de sécurité a reflété toute cette dimension, à la fois de sa visite au Maroc et dans la région, des éléments nouveaux et de l'état d'esprit des uns et des autres. Christopher Ross n'est pas venu en négociateur, mais en sondeur, pressé par une conjoncture et interpellé par la gravité qui la caractérise. Il a pris sur lui désormais l'échec des neuf rounds informels menés jusque là sous son égide et qui, tout compte, ont abouti à l'impasse et donc à la crise de main dernier, lorsque le Maroc a exprimé son impatience et remis en cause même sa partialité. Il a affirmé qu'il ne « réunira pas une nouvelle session de discussions informelles, car elle ne ferait pas avancer la recherche d'une solution .... Nous en avons eu neuf depuis août 2009 et sans résultats ». Ce n'est pas seulement un constat d'échec, mais une remise en cause de la méthode choisie depuis sa nomination en janvier 2009 et qui confinait les pourparlers à de simples contacts croisés par procuration, devenus longs et fastidieux, répétitifs et suicidaires par leur inconsistance. Le représentant de Ban Ki-moon en vient à présent, après trois ans d'efforts quasi inutiles, de souligner l'urgence à trouver une solution au problème du Sahara. Le temps d'une diplomatie directe et itinérante est arrivé, souligne-t-il : « J'irai consulter les pays directement concernés ainsi que les parties voisines et au Sahara, ces périples, permettront à terme d'organiser à nouveau des rencontres en face à face entre les parties concernées ». C'est peu dire que le vœu relèverait paradoxalement du miraculeux, lorsqu'on voit que trois années durant de contacts informels sont déjà passés, et que pas le moindre signe encourageant n'a filtré. Son prédécesseur, Peter van Walsum avait-il mieux que lui la poigne et le courage des mots ?
Le danger qu'encourt la région
L'urgence dont parle à présent Christopher Ross devant le Conseil de sécurité et sans concession de langage, tient à la tragédie de la région du Sahel et aux dangereuses retombées géopolitiques qu'elle implique. Il a sérieusement tiré la sonnette d'alarme et averti que « laisser le conflit du Sahara s'envenimer est une option risquée car la région est menacée par des éléments extrémistes, terroristes et criminels opérant au Sahel voisin ». Pas d'ambiguïté dans le propos, mais plutôt une nécessaire prise de conscience suggérée. Depuis longtemps déjà, le Maroc ne cesse d'attirer l'attention sur le danger qu'encourt la région sahélo-saharienne transformée en une « zone grise » où prospèrent toutes sortes d'activités illicites : trafic de drogue à grande échelle, trafic d'armes, trafics humains. Depuis longtemps aussi, les principaux prestataires de ce nouveau commerce du crime ont été désignés, complices éprouvés : le Polisario et Al Qaïda. Le Sahel est devenu le terreau du terrorisme, qui échappe à tout contrôle, notamment du gouvernement algérien. Le risque est grand de son extension à toute la région et le nord du Mali en illustre la caricature.
Que Christopher Ross en tire l'évidente conclusion et en avertisse les membres du Conseil de sécurité , ainsi que la communauté mondiale, constitue un pas décisif dans l'appréhension nouvelle du problème du Sahara. Autrement dit, logiquement, inexorablement la tentation du séparatisme et des micro-Etats est suicidaire pour la cohésion des pays de la région, parce qu'elle procèderait de leur désintégration et favoriserait le terrorisme et la déstabilisation si crainte et dénoncée par la communauté mondiale. Il n'est que de voir la tentation de séparatisme rampante des Catalans en Espagne pour mesurer le danger qui menace désormais les grands Etats qui se sont laissés fourvoyer par un tel tropisme. Avec de tels éléments nouveaux, Christopher Ross a fait un plaidoyer « pro domo » afin d'accélérer le rythme des négociations directes, politiques donc, seule alternative pour sortir le dossier de l'impasse. Il a réussi à convaincre les membres du Conseil de sécurité et toutes les parties intéressées par la recherche d'une solution au conflit. A coup sûr, l'argumentaire de Christopher Ross pour mettre en œuvre une nouvelle méthode et relancer les négociations, n'aura pas suscité la joie des responsables algériens qui jouent sur la confusion extrême dans cette affaire.
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