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«La vie ne se résume pas en 90 minutes» | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 02 - 01 - 2013

Hakim Belabbes, as du cinéma expérimental, livre un nouveau film aussi déroutant que les précédents : Defining love : a failed attempt. Une mosaïque sensorielle et lyrique, inspirée d'une légende berbère, à la croisée entre fiction et documentaire.
«Pour les besoins du film, je n'ai rencontré que deux acteurs, Zineb et Hamza. Lors du casting, je voulais m'assurer que les deux acteurs allaient m'accompagner, et accepter les termes du tournage».
Vous avez tourné un film ambigu, entre documentaire et fiction, à Imlchil. Pourquoi avez-vous brouillé les pistes ?
Je ne sais pas, cette démarche s'impose à moi souvent. Le point de départ était un scénario autour de la légende d'Isli et Tislit dans la région de lA' tlas. Je l'avais appelé «Imlchil, une histoire d'amour», une histoire inspirée adaptée de la légende (celle de deux amants empêchés de s'aimer et dont les larmes ont formé le lac Isli et Tislit) et inspirée de Roméo et Juliette. Et plus je multipliais les visites à Imlchil, plus ma vision du film se réduisait, et devenait simpliste. Je ne pouvais pas me résoudre à faire un film romantique et commercial. Ce n'est pas en adéquation avec mon cinéma. La vie ne se résume pas en 90 minutes, elle est plus dense que ça. Voilà pourquoi j'ai décidé de commencer par un bloc et puis de sculpter au fur et à mesure, à la manière de Robert Bresson.
Comment vous y êtes-vous pris pour filmer les séquences d'improvisation ?
Bien que Bresson parle de la notion d'improviser au fur et à mesure, il faut savoir comment s'y prendre, et il faut être aux aguets. Le réalisateur allemand Wener Herzog a parlé, dans le même registre, «d'euphorie de la vérité». Quand je tourne, beaucoup de choses sont planifiées d'avance mais c'est quand un imprévu arrive que les choses prennent une tournure intéressante. Toute l'équipe le ressent sur le tournage. Ceci dépasse la philosophie et tous les scripts du monde, et touche notre perception la plus profonde. Je n'ai jamais écrit la scène de la naissance de la brebis, ni la rencontre avec l'homme abandonné, ni la scène où Zineb, l'héroïne, parle de sa virginité. J'ai passé cinq ans à faire des recherches et j'ai fini par faire un film qui repose sur l'improvisation. C'est ce que j'aime dans le cinéma, sa complexité et sa part d'imprévu. Il y a toujours des couches infinies et subtiles.
Hakim Belabbes, livre un nouveau film aussi déroutant que les précédents : Defining love : a failed attempt.
Comment avez-vous annoncé aux acteurs qu'ils allaient tenir leurs propres rôles ?
Pour les besoins du film, je n'ai rencontré que deux acteurs, Zineb et Hamza. Lors du casting, je voulais m'assurer que les deux acteurs allaient m'accompagner, et accepter les termes du tournage. La meilleure façon était de jauger leur capacité de me révéler leurs secrets. L'actrice, Zineb, est allée dans mon sens. Bien-sûr, elle ne savait pas dans quelle aventure elle allait s'embarquer. Je les ai tout simplement invités à contribuer à l'histoire.
Vous avez dit « La meilleure des fictions est la non-fiction ». Est-ce rapport avec l'improvisation ?
La réalité n'existe pas, il n'y a que des vérités qui appartiennent à chaque personne et j'ai un peu révélé la mienne tout au long du film, et celle des protagonistes. J'ai révélé ce que j'étais à cette période-là, parce que ma vérité aujourd'hui n'est plus la même. Je ne pense pas qu'on puisse fuir ce que l'on est au cinéma. Plus on essaie de se soustraire à notre vérité, plus nous nous révélons davantage.
Votre film distille une grande dose de fatalisme et de mélancolie. Pourtant, vous ne semblez pas être un pessimiste…
Je suis très attaché à la tragédie, tant que ces tragédies me révèlent que la vie est courte. Il y a toujours de l'espoir derrière une tragédie. Lorsque je sortais des films dépressifs de Bergman quand j'étais jeune, je sentais que je respirais mieux et que je cherchais l'espoir partout. Je ne peux pas voir la misère sans me dire que j'ai la chance de ne pas être misérable. Si je finis par réaliser une comédie, je prendrais sûrement un homme abandonné dans la rue comme acteur principal. Rien n'est plus ju-dicieux que de tourner la vie en dérision. Les meilleurs comiques sont des comiques de la trempe de Larry David et de Chris Rock, parce que leur humour découle de leur souffrance.
Vous filmez souvent dans des régions reculées. Quel effet la nature sauvage et vierge a-t-elle eu sur vous ?
Ce que le général Lyautey appelait le «Maroc inutile», je le montre à travers d'infinis détails. L'autre dimension est tou-jours cachée quelque part, il suffit juste de bien regarder. Imlchil est un patelin dé-primant dont les habitants sont complè-tement démunis. Lorsqu'on prend un plan général d'Imlchil, nous ne voyons que la pauvreté, mais lorsque nous nous rappro-chons, une autre dimension s'ouvre. Il suffit de bien regarder. L'histoire de Mohammed le berger (habitant d'Imlchil et personnage du film) en est un exemple. Le cinéma est ce qui rend l'invisible visuel, voire senso-riel. Il faut voir avec autre chose que les yeux. Il n'y a pas de colorimétrie, ni d'effet dans mon film. Il n'y a que la beauté, celle que l'œil omet de voir.
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