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Salim Jay Comment un sympathique enfant algérien devint un benêt à Beyrouth
Publié dans Le Soir Echos le 22 - 06 - 2010


O
n est surpris par «Beyrouth Canicule» où Djilali Bencheikh montre une nouvelle facette de sa personnalité. C'est que le voici se dépeignant en jeune adulte partagé entre frivolité et engagement. L'enfance est la grande affaire de Djilali Bencheikh. C'était déjà le cas avec «Mon Frère Ennemi». La récidive est encore plus heureuse avec «Tes Yeux bleus occupent mon esprit» (Elyzad, Tunis). Bencheikh nous conte l'Algérie entre novembre 1954 et 1962 –l'année où le narrateur pleure la mort de Marilyn Monroe tout en se réjouissant de l'indépendance de l'Algérie– à travers les yeux dévorés d'impatience d'un enfant qui va s'émerveiller d'entrer au lycée moderne d'Orléansville. Ce qui est dit participe pleinement de «l'ambiguïté de la colonisation et du colonisé» telle que pointée finement dans le «Dictionnaire de la colonisation française» (Larousse, 2007) publié sous la direction du regretté Claude Liauzu.
Djilali Bencheikh raconte l'irruption de la guerre. Il le fait avec une grande finesse. L'enfant témoin de la déstabilisation collective vit les espoirs pour demain et les malheurs du présent. C'est montré avec une rare justesse et tout le livre nous gagne à lui parce que la volonté de dire vrai est ici supérieure à tout autre enjeu, ce qui n'empêche pas un ton cavalcadant.
L'évocation  de l'année 1962 et des drames qui la précédèrent retient l'attention. Avec ce mélange de fantaisie revendiquée et de gravité souvenue, la mémoire d'un immense traumatisme conjuguée à la capacité d'espérer, un autre romancier, Salah Guemriche,  en a donné une vision beaucoup plus impressionnante. Un été sans juillet (Le Cherche Midi, 2004), Guemriche revendique avec force le droit à l'émancipation intellectuelle, le choix de l'intégrité individuelle, la liberté de dénoncer et celle de pardonner.
Quant à Djilali Bencheikh vient de publier, chez l'éditeur tunisien Elyzad, un roman «Beyrouth Canicule» au ton assez étrange. On a l'impression de lire le détournement d'un roman de Gérard de Villiers par un lecteur de San Antonio qui serait aussi abonné à une revue tiers-mondiste. Dire que le mélange serait exagéré. La langue n'est pas très sûre, un certain je-m'en-foutisme étant mis au service du naturel recherché. L'action se passe dans les années 70 et se prête mal au ton franchouillard du roman.
La figure tragique de Mohamed Boudia, militant algérien de la cause palestinienne qui mourra assassiné par le Mossad, sert de prétexte à la virée beyroutine du narrateur. Kamel est chargé de remettre le passeport de Mahmoud Hamchari, représentant de l'OLP à Paris à sa veuve.
«Beyrouth Canicule» pourrait s'intituler, le narrateur ne se décrivant pas plus finaud que ça : Un benêt à Beyrouth. Et, d'ailleurs, Bencheikh qui a raison de ne pas se prendre tout à fait pour l'héritier naturel d'un révolutionnaire, n'en disconviendrait pas, Son Kamel est fait pour regarder passer le temps, une bière à la main, plutôt que pour cacher une kalachnikov sous son lit.
Ce que dit et ce que sait Djilali Bencheikh de Boudia, de son magnétisme feutré, de son amour du théâtre-je le vis, en 1969, au Théâtre de l'Ouest Parisien avec des comédiens répétant Mohammed prends ta valise de Kateb Yacine- méritait certes mieux que d'être enchâssé dans un soi-disant hommage qui se perd dans des récits de cuite à Beyrouth et d'inquiétude quant à la possibilité pour le narrateur de rentrer pépère à la maison.
Si réticent que l'on soit devant ce livre à la fois vivement troussé et vaguement bâclé, il faut bien reconnaître qu'on le lit sans se désintéresser du sort de son narrateur limite niais. Djilali Bencheikh s'est trouvé, comme à son corps défendant, mêlé à un imbroglio. Sans doute eût-il mieux fait de rester sur le bord de la route, jeune étudiant qui serait parti, en auto-stop, en camping.
La vraie qualité de «Beyrouth Canicule», c'est de nous raconter minutieusement les tenants et les aboutissants d'une erreur de casting. Avec franchise et un vrai goût  pour l'autodérision.
Mais pourquoi une telle incapacité à évoquer Beyrouth et les Libanais autrement qu'avec une sorte de moue dédaigneuse ?


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