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Crise : y'a-t-il des survivants ?
Publié dans Le temps le 13 - 09 - 2011

Entre les chiffres avancés par le HCP et la réalité, il existe une fossé béant. Analyse.
les trois dernières années n'ont pas été clémentes pour le Maroc. Le torrent de la crise financière n'a épargné aucun secteur malgré la semi-convertibilité du dirham derrière laquelle nos économistes comptaient se réfugier pour limiter la casse. L'onde de choc a même atteint le tourisme, et l'attentat contre le café Argana à Marrakech n'a pas du tout amélioré la situation. Ceci sans compter la crainte suscité par le printemps arabe.
L'ampleur de l'impact
Le changement de la donne a été tel qu'une modification radicale de la loi de finances 2011 est parfaitement envisageable pour palier les aléas occasionnés par les retombées négatives desdits événements. Le Haut commissariat au plan (HCP) a publié les résultats de ses études comparatives avec une projection, compte tenu des axes macroéconomiques et autres agrégats fédérateurs, jusqu'à l'horizon 2015.
Ne tenant compte que du premier trimestre de 2011, ces résultats ne prennent en considération que les variables liées à la crise financière mondiale et des répercussions qu'elle occasionnerait sur les secteurs majeurs de l'économie nationale. Ainsi, l'indice de développement de la production des mines, de l'évolution des industries manufacturières et de la production de l'électricité ne se porte par trop mal à la fin du premier trimestre de 2011 par rapport à l'ensemble de l'année 2010 (base de comparaison : année 1998).
L'indice de la production des industries manufacturières a enregistré une hausse de 2,6% au cours du premier trimestre 2011 par rapport à la même période de 2010. Cette évolution résulte notamment de l'augmentation de la production du raffinage de pétrole de 36,8%, des autres produits minéraux non métalliques (7,3%) dont le ciment (+11,4%), des industries du tabac (19,9%), des industries alimentaires (2,4%), des industries chimiques (1,7%), des produits du travail des métaux (4,9%) et des industries textiles (2,7%). Par contre, des baisses ont été enregistrées pour les articles d'habillement et fourrures (- 2,1%), les produits métalliques (-2,4%), les machines et équipements (-4,8%) et les industries du papier et carton (-1,8%).
Pour ce qui est de la production minière, son indice a enregistré une hausse de 6,8% en raison de l'augmentation de 7,1% de la production des produits divers des industries extractives où les phosphates se distinguent par une augmentation de 15,1%. L'indice de la production de l'énergie électrique a, de son côté, enregistré une augmentation de 2,1%.
Ces résultats traduisent bel et bien une situation non atteinte par la crise dans sa globalité. Néanmoins, il est à signaler qu'aucune amélioration notable n'a été enregistrée entre 2005 et 2010, ce qui pourrait être considéré comme positif, dépendamment des optiques, mais ces trois secteurs clefs semblent tout de même résister. Les dégâts sociaux sont naturellement exempts de toute analyse. Pourtant, la projection à l'horizon 2012 - 2015 reste particulièrement intéressante pour l'étude puisqu'elle reflète notre économie telle qu'elle aurait dû se porter avec un taux de croissance nettement supérieur à celui de 2008 par exemple, mais pas uniquement : la projection 2012 concernant le taux de chômage couplé à la génération d'emplois escomptée ainsi que les ratios de la balance commerciale sont particulièrement optimistes.
En prenant en considération les écarts creusés en tentant de répondre à certaines revendications liées aux manifestations qu'a connues le pays, en l'occurrence, l'augmentation des salaires des fonctionnaires et en calculant les résultats prévisionnels à l'horizon 2015, l'on devrait légitimement s'attendre à une situation bien plus inquiétante que celle décrite précédemment. Ce n'est pourtant pas ce que le HCP avance.
A quoi doit-en s'attendre ?
Le Haut commissariat au plan s'extasie excessivement sur les seules retombées de l'augmentation des salaires en escomptant un taux de croissance du PIB qui passe, pour la même année 2011 par rapport à 1998, de -0.62% à 0.29%. C'est à faire tomber de son cheval le plus optimiste des analystes. L'effet immédiat portera ses fruits dans 5 ans si les aléas macroéconomiques liés à la déstabilisation de la Caisse de compensation et celle de l'investissement restent minimes, certes, mais l'augmentation des salaires à elle seule ne peut en aucun cas augmenter la croissance du PIB de 0.33 points à très court terme. Ceci est tout simplement utopique.
Cet écart est telle qu'il serait légitime de se demander si les mêmes instances ont élaboré les deux études comparatives. En comparant la situation de 2011 sur les deux représentations, l'on s'aperçoit que l'augmentation des salaires dans le secteur privé occasionnerait une hausse des coûts de production par effet d'imputation de ladite augmentation aux prix de revient unitaires des produits, réduisant les capacités d'offre des entreprises. La hausse du SMIG et du SMAG provoquerait ainsi une hausse des prix à la production et une réduction du taux de marge bénéficiaire. Les prix à la consommation devraient être affectés et connaître une hausse croissante allant de 0,42% en 2011 à 3,56% en 2015. En d'autres termes : une inflation.
Le HCP reconnait dans son rapport que le PIB connaîtrait une diminution et le manque à gagner en termes de croissance économique serait de l'ordre de 0,13% en 2012 pour atteindre 1,26% en 2015. Les pertes d'emploi seraient de 1500 postes en 2011 à 116050 en 2015. Ce qui se rapproche bien plus de la réalité des faits, mais comment peut-on avancer à la lumière de telles révélations, des écarts aussi distancés sur la balance commerciale, l'augmentation du taux de croissance, la réduction du taux de chômage et l'évolution de l'emploi ? La question reste encore ouverte pour aujourd'hui.
La chute vertigineuse qu'a causée l'attentat de Marrakech sur le secteur du tourisme n'est pas à l'honneur des mises à jours. Même si les plans hautement optimistes de Adil Douiri ont mené le pays à se rapprocher des objectifs fixés, il reste indéniablement évident que le coup double (ménages en crise + la phobie généralisé) porté au tourisme marocain gardera les chiffres affaissés pour un bout de temps.
Gardons à l'esprit que la loi de finances 2011 a été élaborée en accord avec ces mêmes projections même si le gouvernement y a déjà creusé un écart à combler de l'ordre de 15 milliards de dirhams pour calmer les ardeurs de la population, chose qui ne parait nullement dans les prévisions du HCP et qui, d'emblé, remet en question sa pertinence. Ce qui rend l'élaboration d'une nouvelle loi de finances plus que vitale pour les trois trimestres restants de l'année 2011 et qui donnerait lieu inéluctablement à des projections beaucoup plus réalistes à l'horizon 2015.
Mehdi Mouttalib
Des chiffres édifiants
L'impact de la crise financière mondiale sur les variables macroéconomiques a été tel que le HCP a simulé dans ses prévisions, d'une part, l'effet occasionné, ainsi que l'impact qu'aurait l'augmentation des salaires du personnel de l'administration publique du SMIG et du SMAG dans le secteur privé d'autre part. En gardant l'année 1998 comme référent absolu, les taux de croissance en temps de crise de la consommation, de l'investissement, du PIB, des exportations et des importations sont respectivement de -0.95%, -1.94%, -0.62%, -2.43% et de -3.04%. Alors que l'impact des augmentations porterait ces mêmes valeurs à 1.01%, 027%, 029%, -0.12%, 0.87%, 0.52% et 1.64%.


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