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Le Maroc en 2009 ?
Publié dans Challenge le 20 - 12 - 2008


Les prix du mètre carré
baisseront-ils ?
De l'avis de nombreux agents immobiliers installés dans différentes villes du Maroc, la tendance sera à la hausse dès l'année prochaine. Explications avancées : aujourd'hui, tout le monde est dans l'expectative. C'est la loi du wait and see qui impose ses règles. Les consommateurs ont tous reporté leur décision en attendant d'y voir plus clair. De l'autre côté, les promoteurs immobiliers cumulent les stocks mais ne cèdent pas en matière de prix de vente. Seulement, il faut dire qua dans les villes intérieures comme Marrakech, Oujda, Fès, Safi ou encore Meknès, les prix sont en retrait. Les MRE, principale clientèle de l'immobilier dans de nombreuses villes du royaume, n'ont pas opéré de transaction, accentuant le stand bye, selon les premières conclusions de l'Argus de l'immobilier en préparation par « Challenge Hebdo ». Dans certains segments, les prix chutent de 20, voire 30%, notamment dans le haut de gamme et le luxe. Mais le redémarrage se fera en flèche en 2009, selon les professionnels interviewés donnant rendez-vous à une surchauffe immobilière. Mais rien n'est sûr. Tout dépendra aussi des effets qu'aura la crise économique internationale sur le Maroc. Si notre pays est touché en profondeur, c'est le pouvoir d'achat qui en ressentira le premier coût et ce sont encore une fois toutes les décisions d'achats qui seront reportées, voire même abandonnées. « Dans ce cas là, les promoteurs immobiliers ne pourront pas garder leurs stocks indéfiniment. La baisse des prix sera indéniable », selon un agent immobilier basé à Casablanca.
L'immobilier constituera-t-il une valeur refuge ?
« C'est une valeur d'investissement comme toutes les autres qui sollicitent par ailleurs une étude au préalable », lance d'emblée Youssef Iben Mansour, Président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers. Et d'ajouter, « certes, il y en a qui achètent un appartement pour les vieux jours, mais ce n'est pas aujourd'hui un comportement générique ». D'ailleurs, durant ces deux dernières années, l'immobilier a fait l'objet de nombreuses opérations de spéculation, donc d'opération de rachat suivies peu de temps après par des cessions à forte plus-value. Si le marché continue son accalmie et que des corrections techniques s'opèrent sur ce segment, c'est seulement là que l'immobilier reconstituera une valeur refuge. Tout dépendra aussi du comportement de la bourse sur le moyen terme. Les soubresauts qu'avait connue la place casablancaise et notamment la chute du cours n'avait-elle pas amené à s'interroger sur le devenir du placement immobilier en tant que valeur traditionnellement certaine!
Le Maroc résistera-t-il à une crise immobilière ?
Les professionnels sont unanimes là-dessus. Le Maroc n'a rien à craindre puisque son marché n'est pas indexé à la demande internationale. La quasi-totalité de la demande est exprimée par des Marocains résidents. D'autres éléments entrent en jeu pour écarter le scénario de la crise. « Au Maroc, contrairement au pays où on parle de crise liée aux subprimes, il n'existe pas d'intermédiaires en matière d'octroi de crédits. La relation entre la banque et le client final est directe », lance Said Sekkat, président du groupe Al Mawlid. Et d'ajouter, «l'encours des crédits ne représente que 24% du PIB. Il y a encore du potentiel à explorer ». S'ajoute à cela un taux très bas de sinistralité enregistré par les banques en matière de prêts immobiliers. «Il ne faut pas oublier non plus que la plupart des clients optent pour des taux d'intérêt fixes. Ils ne prennent donc pas de risque en cas d'évolution astronomique des taux directeurs, qui elle, n'impacte que les taux variables ».
Le chômage grimpera-t-il
en 2009?
Selon les dernières statistiques, le taux de chômage au Maroc est en deçà du fameux seuil des 10%, soit environ 9,9%. Seulement en 2009, vu le contexte de crise financière internationale, la barre des 10% pourra-t-elle toujours être tenue à l'écart? «Sincèrement, je ne pense pas que nous connaîtrons les vagues de fermeture d'usines ou de chômage massifs, tels que ceux qu'on voit en Europe ou aux Etats-Unis. D'ailleurs jusqu'au mois de novembre, en tant que cabinet de recrutement, nous n'avons décelé aucun changement de tendances. Le seul indicateur que nous avons depuis deux semaines, ce sont des consignes de la part des maisons-mères à leurs filiales implantées au Maroc pour soit geler les recrutements, soit les reporter à une date ultérieure», explique Omar Benaïmi, directeur associé de LMS Organisation et Ressources Humaines. Cela dit pour les grandes entreprises publiques et privées locales, il n'y a encore aucun signe d'essoufflement. La demande est toujours très forte pour l'ensemble des métiers d'ingénierie, d'encadrement (finances, marketing, commercial,..) et d'expertise (juriste, contrôleur interne,…). «Cependant, il me semble que l'effet de la crise internationale sur l'emploi sera une affaire sectorielle. Certains pans de l'activité économique comme le textile ou le tourisme seront davantage touchés. Mais il faut dire qu'aujourd'hui il y a des hôtels construits qui ont de très grosses difficultés à trouver du personnel. C'est la raison pour laquelle, je pense que l'année 2009 sera plutôt une année de rééquilibrage entre l'offre et la demande, avec pour toile de fond une stagnation des salaires. Dans tous les cas, la flambée des 20% par an de ces trois dernières années connaîtra un coup d'arrêt», conclut Benaïmi.
indemnité pour perte d'emploi : est-ce pour bientôt ?
Trop tard pour que le filet social soit une réalité en 2009. Le projet d'octroi d'indemnités pour perte d'emploi est toujours à la phase de rédaction. Une deuxième mouture est à l'étude au cabinet du Secrétaire général du ministère de l'Emploi en vue de sa présentation aux syndicats et au patronat. Selon une source interne, « normalement, ce dossier doit être bien ficelé en mars prochain. Les négociations devront aboutir avant les premiers préparatifs de la loi des finances 2010». Puisant sa légalité dans l'article 53 du code du travail qui stipule que le salarié a le droit de bénéficier d'une indemnité pour perte d'emploi, cette dernière n'est pas à confondre avec l'indemnité de licenciement ni avec l'indemnité chômage. Les sources du financement et les niveaux de contribution de chaque partie prenante sont encore inconnus tant que les discussions ne sont pas amorcées. L'employé et l'employeur contribueront-il à parts égales, s'inspirant ainsi du mode de financement adopté dans le cadre de l'AMO ou est-ce la formule du tiers/deux tiers en vigueur dans le calcul des indemnités journalières payées par la CNSS qui sera privilégiée ? Rendez-vous en mars 2009.
Quelle sera la tendance
des salaires ?
Y aura-t-il une augmentation des salaires en 2009? Pour Khalid Benjelloun (photo), patron et président de la commission PME à la CGEM, il est beaucoup plus pour des conventions collectives professionnelles. Chaque secteur d'activité doit adopter une convention à part. Car il y a des secteurs qui supportent une augmentation, citant l'exemple des call center ou de l'électronique. Pour le patron de trois entreprises dans le secteur du textile, les textiliens, qui ne vendent que la minute, ne peuvent procéder à des augmentations des appointements de leurs salariés. Si les salaires augmentent, les entreprises du secteur ne pourront plus être compétitifs notamment au niveau international, souligne le président de la fédération. D'un autre côté, ajoute administrateur et gérant des sociétés Polyfibres, Texunion, et CTC Maroc, les investisseurs étrangers qui voudront investir dans le secteur se désintéresseront s'ils constatent que la main d'œuvre est chère. Car le secteur est tourné vers l'export, donc vers une concurrence rude.
Le taux de croissance de 5,8% sera-t-il atteint en 2009?
Si dans la loi de Finances 2009, le gouvernement a pris partie pour un taux de croissance à 5,8%, la banque mondiale table elle sur un taux de 4%, alors que le CMC lui pronostique un taux de 5,3%. La réalité se situera probablement dans cette fourchette. «Pour avoir une idée plus précise de la croissance en 2009, il serait plus sérieux d'attendre les statistiques du dernier trimestre avant de se prononcer», estime un économiste du CMC. Une chose est sûre en tout cas, les récentes pluies que vient de connaître le royaume lui ont sauvé la mise. Sans quoi, selon certains experts, le taux de croissance aussi bien pour 2008 que pour 2009, se situerait en deçà du seuil des 5% de deux points, soit environ 3,5%. Cela dit que les économistes, malgré l'optimisme des officiels restent prudents. « Le gouvernement fait de réels efforts pour soutenir la consommation dans le cadre du budget 2009, mais ce n'est pas suffisant face à la crise internationale», a déclaré au quotidien Le Monde, Mohamed Tahraoui, économiste du CMC.
Combien allez-vous gagner avec la baisse de l'ir ?
D'abord, une précision de taille. Il faut savoir que les patrons d'entreprises ne sont pas contraints par la loi de répercuter la baisse de l'IR décidée par le gouvernement. Chaque dirigeant, en son âme et conscience, décidera alors d'augmenter les salaires de son personnel ou non.
Ensuite, la loi de Finances 2009 a introduit une révision au niveau du barème de calcul. Ainsi, le nouveau barème tel que fixé (amendements des deux Chambres pris en compte) est le suivant : la tranche de revenu allant jusqu'à 28.000 dirhams est exonérée. La tranche de revenu allant de 27.001 à 40000 dirhams se voit appliquer un taux de 12%, la tranche de 40.001 à 50.000 dirhams un taux de 24%, la tranche de 50.001 à 60.000 dirhams un taux de 34%, la tranche de 60.001 à 150.000 dirhams un taux de 38% et la tranche de 150.001 et plus un taux de 40%. Les variations du barème en fonction des différents niveaux de salaires sont calculées et inscrites dans
Le remaniement ministériel,
info ou intox ?
Dans les salons cossus de Casablanca et Rabat, le sujet est sur toutes les langues. Dans les coulisses des partis politiques et de certains cabinets ministériels, la question anime les discussions tenues en aparté. On y parle d'un remaniement ministériel imminent. Les tant attendues nominations de gouverneurs prévues pour le début de l'année 2009 raniment davantage le débat sur des remerciements en vue. Mais aussi sur de nouvelles têtes pressenties pour occuper des postes ministériels de taille. L'information concernant le départ de l'Usfpiste Abdelwahed Radi du département de la Justice semble amplifier davantage des rumeurs qui circulent, faut-il le dire, quelques mois seulement après que le gouvernement d'Abbas EL Fassi ait été constitué. Parmi les nouvelles nominations, on parle de Hamid Benalfdil, actuel DG du CRI de Casablanca et membre du CJD Maroc, d'Ahmed Zaidi, virulent parlementaire et figure emblématique du parti de la rose.
Quels seront les secteurs les plus touchés par crise ?
Ce qui est incontestable, c'est que nous ne sommes pas encore, même dans les secteurs les plus vulnérables, face à des situations de dépôts de bilans des entreprises y opérant. Dans l'ensemble, tous les secteurs où le Maroc se situe comme pays fournisseur seront impactés. Les activités liées à la fourniture de pièces et de composantes verront leur dynamique ralentir: sous-traitance automobile et aéronautique. Les difficultés de production que connaissent les donneurs d'ordre y sont pour beaucoup. Un autre secteur ne sera pas non plus épargné et qui vit au rythme des commandes est celui du textile. Les donneurs d'ordre étrangers qui garnissent les carnets de commandes des entreprises de textile subissent la baisse du niveau de consommation des ménages. Les opérateurs du textile national dépendent pour leur survie de commandes ponctuelles. Quant au tourisme, même si l'état d'alerte n'est pas encore d'actualité, la zone euro, principal espace pourvoyeur de touristes traverse un ralentissement de croissance flagrant. Selon les pronostics, le secteur du tourisme national, durant les mois de janvier et de février prochains enregistrera une baisse d'activité comprise entre 5 et 10%. Le département de tutelle opte pour une offensive de taille : stratégie publique dès la fin de ce mois-ci. Autre volet touché par la crise, seront les transferts des MRE. Ces derniers connaîtront une diminution. À ce sujet, le Centre marocain de conjoncture souligne le fait que pour l'année prochaine : « les autorités ont intérêt à compenser toute réduction potentielle des sommes transférées au Maroc en facilitant et en régularisant le processus de transfert de fonds et l'investissement des expatriés marocains dans leur pays d'origine ».
Quels seront les secteurs les moins touchés par la crise ?
S'il existe un secteur dont les opérateurs affichent des carnets de commandes bien garnis, il s'agit bien de celui des services et plus particulièrement celui des centres d'appel. Ce sont 100.000 emplois qui sont attendus d'ici 2012. La donne est simple. Tant que les charges restent inférieures à celles des pays donneurs d'ordre, la croissance du secteur ne sera pas mise en doute. La problématique se situe plutôt en termes de fidélisation des ressources humaines. Puisque le rythme du turn-over dans le secteur est des plus importants du marché de l'emploi. Et sur le plan de compétitivité, c'est à ce niveau que l'Europe peut gagner des parts de marché. Un autre secteur, longtemps considéré comme un des piliers de l'économie nationale, l'agriculture avec tout ce que cela engendre comme activités industrielles corollaires, semble bien placé pour tenir le coup les prochains mois. Avec l'augmentation mondiale des prix des denrées alimentaires, la production nationale approvisionnera la population locale. Le «plan vert» contribuera également à voir l'émergence d'opérateurs s'activant dans la filière.
Le niveau du pouvoir d'achat ?
Pour Moulay Abdellah Alaoui, le président de la fédération de l'énergie, le niveau du pouvoir d'achat en 2009 dépendra de la profondeur de la crise économique mondiale et de ses répercussions sur le Maroc, mais aussi des cours des matières premières alimentaires et du pétrole. La hausse des cours des matières premières contribue à grignoter le pouvoir d'achat des Marocains. De son côté, Khalid Benjelloun, le président de la commission PME, déclare qu'au niveau de la CGEM, « nous souhaitons que le niveau du pouvoir d'achat soit important, beaucoup plus élevé ». La commission PME œuvre dans ce sens mais pour le même responsable, « nous devons agir plus sur les éléments qui font que les charges salariales au Maroc soient très élevées ». « Le capital humain est trop taxé au Maroc », affirme-t-il.
Les entreprises étrangères continueront-elles à se délocaliser au Maroc ?
Tant que la crise durera, il est incontestable que la dynamique de délocalisation des entreprises étrangères au Maroc va s'amoindrir. Les plus sceptiques parlent de report, voire d'annulation de projets de certaines de ces entités économiques. La dernière sortie médiatique du président français, Nicolas Sarkozy, certes même si elle ne concerne que le secteur automobile, contribue à troubler les esprits. « Je ne suis pas d'accord pour aider les entreprises qui continueraient de délocaliser leurs activités à l'étranger ou qui pousseraient leurs fournisseurs à le faire », a-t-il déclaré. Toutefois, pour l'instant aucune indication matérielle conséquente à cette annonce n'est disponible pour étayer cette thèse. «Il n'y a pas encore eu d'informations laissant supposer qu'il y aura des désistements», affirme à ce propos Hamid Belfdil, directeur du Centre Régional d'Investissement de Casablanca. Il ne manque pas de rajouter par ailleurs qu'il est vrai qu'aujourd'hui, au regard des circonstances, que les entreprises étrangères mettent en place des stratégies reposant sur la réduction des coûts. Et par là même, notre intervenant souligne que «des entreprises vont chercher à profiter de certaines opportunités qu'offre le Maroc».
Les entreprises continueront-elles à investir ?
Les indicateurs actuels laissent penser que la réponse à cette question est négative. Lors de la réalisation du dernier baromètre de Challenge Hebdo, publié au début du mois, sur le moral des patrons, il apparaît clairement que nos dirigeants sont assez sceptiques sur le rythme de leurs investissements. Par exemple, une bonne partie d'entre eux estiment que l'état de l'investissement sera en baisse, qu'au cours des trois prochains mois, le chiffre d'affaires sera en baisse comparativement aux trois derniers mois et qu'une grande majorité des sondés (70%) ne prévoit pas de réaliser d'investissements à cet horizon.
Les investissements Étrangers
vont-ils baisser en 2009?
Difficile dans une conjoncture internationale telle que nous la vivons actuellement de prévoir exactement le comportement des investisseurs étrangers dans leur manière de gérer leurs projets à l'international. Pour l'instant, et concernant le Maroc, un groupe émirati a fait savoir qu'il comptait arrêter ses chantiers, mais pas dans le Royaume uniquement. Un certain nombre de pays de la zone du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord sont concernés, dont notamment la Tunisie, ainsi que le Pakistan et l'Inde. Il s'agit du groupe Damac Properties, qui avait choisi d'investir dans l'immobilier haut de gamme. Mais la bonne nouvelle, c'est que tous les autres groupes arabes, qu'il s'agisse de Sama Dubaï, d'Emaar ou de Qatari Diyar sont confiants et continuent à croire dans le Maroc. D'ailleurs, leurs projets suivent leur cours. De manière plus globale, la tendance des investissements directs étrangers pour 2009 reste, pour nos officiels, satisfaisante. «Il existe plusieurs pans de l'économie dans lesquels le Maroc pourrait tirer son épingle du jeu en raison d'avantages compétitifs indéniables. Maintenant, eu égard à la conjoncture internationale, les IDE pourraient, dans un scénario pessimiste, stagner durant 2009 avant de repartir à la hausse en raison de l'application des nouvelles stratégies, notamment le programme « Maroc vert », les opérations de privatisations… ainsi que le repositionnement des investisseurs dans d'autres secteurs », explique-t-on à la direction des Investissements.
Les prêts, subventions et dons étranger seront-ils maintenues en 2009?
«Il est vrai que la crise internationale fait craindre à l'ensemble des pays émergents une baisse des aides, quelles que soient leurs formes vu le contexte de crises internationales. Seulement, il faut garder à l'esprit que ces aides sont décidées et étalées sur plusieurs années. Du coup, je pense qu'il n'y a pas de véritables craintes à avoir dans l'immédiat, donc pour 2009. Le risque se situe après 2009/2010, si la crise se pérennise», fait remarquer un expert du secteur. Preuve en est, notre principal pourvoyeur de fonds, l'Union Européenne, vient de porter son aide au développement à 360 millions d'euros pour 2009, soit une augmentation de près de 200% par rapport à 2007, a-t-on appris le 2 décembre de source diplomatique à Rabat. Une augmentation qui s'inscrit dans le contexte de l'attribution par l'UE, le 13 octobre 2009, du «statut avancé» au Maroc. Car il ne faut pas oublier que ces aides ont pour but de favoriser le développement. Et qui dit développement, dit croissance et consommation. Une consommation qui fait cruellement défaut en ces temps de crise au sein des pays de l'UE.
Le marché boursier va-t-il (re)décoller?
Il faut d'abord savoir que le marché boursier marocain est en quelque sorte à l'abri des risques de contagions des «humeurs» des autres places internationales. La raison ? Notre marché reste principalement domestique. La part des étrangers dans la capitalisation boursière est de l'ordre de 25% à fin 2007, soit une part nettement inférieure à ce qui est observé dans les principaux pays développés (63% en Italie, 50% au Portugal, 42% en Espagne). Cette proportion est détenue par des actionnaires de référence et non par des investisseurs financiers, «c'est ce qui confère au secteur une certaine stabilité», assure le ministère des Finances. Le flottant détenu par les étrangers et les MRE ne représente quant à lui que 1,8% de la capitalisation boursière à fin décembre 2007. Ceci est un fait. Mais le marché a quand même connu une morosité ces deux voire trois derniers mois. Qu'en sera-t-il en 2009 ? A ce sujet, les avis sont assez partagés et assez mitigés. Pour les plus pessimistes, le Masi est entré dans un cycle profondément baissier depuis mars 2008. «Si des réformes pour rétablir la confiance ne sont pas instaurées rapidement (comme des incitations ou exonérations fiscales, des encouragements à la collecte d'épargne, la baisse des taux...), la tendance baissière devrait s'étaler au minimum sur les deux années à venir, et ce, jusqu'à ce que le marché revienne à des niveaux de valorisations alléchantes», explique un gestionnaire. En d'autres termes, cette tendance baissière devrait durer encore jusqu'en 2010/2011. Les plus optimistes, eux, tablent sur une amélioration du marché pour la fin du premier semestre 2009.
Les introductions en bourse
seront-elles retardées ?
Depuis quelques mois déjà, le marché boursier essuie une tendance baissière assez chronique. A l'heure où nous mettons sous presse, les indices accusent une performance depuis le début de l'année de près de -12%. En l'état actuel des choses, le rythme des nouvelles introductions en bourse risque de stagner voire même de baisser. La société Trarem, qui avait obtenu son visa du CDVM pour entrer dans ce marché au mois de novembre, a préféré reporter son opération pour ne pas être lésée. Selon nos sources, il n'est pas impossible de voir les opérations prévues pour le début de l'année 2009 décalées également dans le temps. Le début d'année sera difficile et il ne sera pas évident de placer de nouveaux titres. Si tel est le cas, il faudra que les banques d'affaires fassent très attention aux valorisations des sociétés qu'elles mettront sur le marché. On pourrait voir davantage d'entreprises entrer en bourse plutôt lors du deuxième semestre de 2009, à en croire nos sources. Cela devrait pousser les conseillers à penser alors à de nouvelles sources de financement pour leurs entreprises clientes. Certains n'écartent pas la possibilité de voir se développer encore plus d'opérations d'ouverture de capital via des opérations de gré à gré.
Le moment sera-t-il opportun
pour lancer des opérations
de privatisation ?
Le gouvernement d'Abbas El Fassi est très confiant. Quoiqu'il arrive, il veut redonner une nouvelle dimension au processus de privatisation. Ses équipes, qui préfèrent parler d'ouverture de capital plutôt que de privatisation (un jeu de mots), ont listé un certain nombre de grandes entreprises qui verront leur capital s'ouvrir au privé. Il est question de la RAM, d'Al Omrane… Mais vraisemblablement, c'est le dossier de la RAM qui devrait le plus attirer l'attention en ce début d'année 2009. «C'est la principale opération en mouvement», nous dit-on. Soit. Mais dans la conjoncture actuelle, des compagnies comme Air France-KLM, qui ont manifesté leur intérêt à entrer dans le capital de la compagnie nationale, en auront-ils les moyens ? Le moment n'est-il donc pas mal choisi eu égard à la conjoncture internationale? «Point du tout. C'est dans les moments de crise que les compagnies cherchent à diversifier leurs parts de marché. C'est dans des moments pareils que des regroupements sont préconisés. La crise ne devrait donc pas entacher le processus que nous lançons», dixit un proche d'Abbas El Fassi.
Quelles seront les valeurs
phares ?
Dans une crise de confiance marquée par une tendance baissière prolongée, beaucoup de secteurs ne pourront pas tirer leur épingle du jeu. «Une des seules méthodes de gain prouvé dans un marché baissier est la gestion dynamique à l'aide de l'analyse technique. Elle offre ainsi la possibilité de se prémunir de la baisse tout en profitant des retournements de tendance sur le marché», explique Adnane Cherkaoui, responsable du département d'analyse technique à Tpsfin. Par ailleurs, malgré ces faits, certains traders n'hésitent pas à s'aventurer sur des choix de valeurs qui peuvent cependant mieux s'en sortir que d'autres. Selon l'un d'eux, travaillant dans une filiale de banque, il est judicieux pour un investisseur, qui place son argent à moyen et long terme, de se pencher sur des valeurs attractives. C'est le cas des bancaires par exemple comme Attijariwafa bank ou BCP, Maroc Telecom, l'ONA et quelques-unes de ses filiales, Sonasid, Holcim, Alliances….
La convertibilité du dirham
sera-t-elle à l'ordre du jour ?
Le processus de la libéralisation des changes a connu une grande avancée l'année dernière lorsque l'Office des Changes a publié une douzaine de mesures dans ce sens. A l'époque, tout le monde se faisait l'écho d'une libéralisation plus soutenue qui allait s'opérait à moyen terme, c'est-à-dire à l'horizon 2009/2010. C'est alors qu'on a commencé à évoquer la convertibilité totale du dirham. Mais selon une source à l'Office des Changes, il n'a jamais été dit que la convertibilité serait fixée à cette date. Il n'y a donc pas de mesures particulières qui verront le jour en 2009. «Mais nous sommes toujours à l'écoute des besoins des acteurs économiques. D'ailleurs, nous pourrions par exemple songer à mettre en place un système de codification pour faciliter les procédures». Il ne faudra donc pas à priori s'attendre à voir la monnaie nationale totalement convertible. «En ces moments de crise, même si elle avait été prévue pour 2009, je pense qu'elle aurait été reportée», souligne la source.
Quelle sera la tendance des
exportations ?
Le Département du Commerce extérieur tient le même discours quant à l'impact de la crise sur nos exportations. «Le Maroc peut être bénéficiaire de cette crise, dans la mesure où la crise financière actuelle pousse les opérateurs internationaux à redistribuer leurs cartes. Les questions de coûts et de proximité pèseront de façon significative dans cette reconfiguration. Pour peu que le Maroc sache saisir l'opportunité en proposant des solutions convaincantes, il sera alors en mesure de tirer son épingle du jeu. Pour le textile, par exemple, les donneurs d'ordre vont, en effet, de moins en moins investir dans des stocks de longue durée, ce qui contribuera nécessairement à renforcer la position du fast-fashion, marocain en l'occurrence ». Pourtant sur le terrain, la réalité est toute autre. Pour le textile, la mauvaise passe se confirme d'un mois à l'autre. Les chiffres du commerce extérieur montrent qu'à fin octobre 2008, les exportations des vêtements confectionnés ont baissé de 6,6%. Cela représente un manque à gagner de plus d'1 milliard de DH pour les opérateurs du secteur. Quid de nos exportations en 2009 ? Pour Nezha Lahrichi, présidente de la Société marocaine d'assurance à l'exportation (SMAEX), la tendance de nos exportations est baissière. «A fin octobre 2008, il y a eu une légère augmentation de nos exportations hors phosphate de l'ordre de 3,5 %. Mais en termes de taux d'accroissement, celui-ci est moins élevé. Tout cela pour vous dire que nos exportations ont enregistré une décélération », dit-elle. Selon la Présidente de la SMAEX , en 2009, « tout dépendra des plans de relance économique des pays de destinations de nos exportations ». Pourtant, du côté des exportateurs marocains, on ne semble pas inquiet si l'on s'en réfère aux contrats d'assurance, qui gardent leurs niveaux habituels. Du côté du département du commerce extérieur, on essaie de prendre les devants. La promotion des exportations sera soutenue via la création d'un fonds de 500 millions de DH, dont 250 millions pour 2009. De plus, de manière générale, les crédits consacrés au secteur du commerce extérieur augmenteront de 40%. La promotion des exportations sera également soutenue via la création d'un fonds de 500 millions de DH, dont 250 millions pour 2009.
L'exonération de la TVA à
l'importation des médicaments se généralisera-t-elle ?
L'exonération de la TVA à l'importation sur certains traitements médicaux continuera à faire l'actualité de la rentrée 2009. En effet, la loi de Finances pour la prochaine année budgétaire comportera certainement ces dispositions. Personne n'est prêt à parier sur le refus des élus de la nation d'adopter de telles mesures. Tout d'abord, suite à la lettre adressée par l'Association SOS Hépatites en septembre dernier à l'Argentier du Royaume, Salah-Eddine Mézouar, la réaction ne s'est pas faite attendre. Désormais, les traitements anti-hépatiques sont exonérés des droits de la TVA, dont le taux s'élevait à 7%. Cette suppression n'est pas la seule. Puisqu'il est également question de l'élargissement de l'exonération de la TVA à l'importation à tous les traitements anticancéreux. Pourquoi parle-t-on d'élargissement ? Parce qu'auparavant, l'exonération se limitait uniquement aux antimitotiques et qu'aujourd'hui, le champ s'élargit à l'ensemble des médicaments de lutte contre le cancer. Concrètement, dans le corps du projet de loi de Finances pour l'année prochaine, le terme « antimitotiques » s'est substitué à « anticancéreux ».
Qu'en sera-t-il du panier de soins de l'AMO ?
Aujourd'hui l'AMO, offre un remboursement, sans plafonnement, à tous les salariés adhérents à la CNSS pour une quarantaine de pathologie graves. Sont inclus dans la grille de remboursement, la maternité et aussi la pédiatrie pour les enfants de 0 à 12 ans. En dehors de ces cas, seuls les salariés ayant souscrits à une mutuelle privée peuvent prétendre à des remboursements. Effet de la crise ou pas, il est question aujourd'hui d'intégrer les soins ambulatoires au paniers de soins remboursés par l'AMO. Les soins ambulatoires comprennent les soins des médecins, des dentistes, des auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes), les analyses biologiques et les soins dispensés en cures thermales qui ont lieu hors d'un séjour hospitalier. Aujourd'hui, le conseil d'administration de la CNSS planchera sérieusement sur la question d'ici fin décembre.En tous cas, l'extension de la couverture médicale aux soins ambulatoires a d'ores et déjà fait l'objet d'une étude discutée par le comité de gestion de la CNSS et soumise aux partenaires dans le cadre du dialogue social. Seul bémol, le patronat semble s'y opposer car cela impliquerait une augmentation des cotisations. Affaire à suivre
Quel impact pétrolier sur l'économie marocaine ?
Selon le président de la Fédération de l'énergie, Moulay Abdellah Alaoui, tant que le système de compensation existe, on ne peut pas parler d'impact. Puisqu'il n'y a pas de transparence ou de vérité des prix. Tout est masqué par la compensation. En 2009, le prix du baril se situera entre 70 et 75 dollars. Ce qui est inférieur à ce que prévoit la loi de finances 2009. Ainsi donc, l'Etat va économiser 25 dollars par baril. Impacté sur la compensation, à ce prix, l'Etat économisera 10 milliards de DH. Mais l'année 2009 est une année électorale. Le gouvernement, selon le porte-parole des professionnels du secteur, hésitera à prendre des décisions rationnelles à même de répercuter les variations et les fluctuations des prix, martèle-t-il. La vérité des prix va impacter le pouvoir d'achat, va conduire le Marocain à s'assumer, à prendre ses responsabilités et à consommer l'énergie sans la gaspiller.
Les énergies renouvelables
auront-elles plus de poids ?
L'intérêt pour les énergies renouvelables est devenu patent ces derniers temps, non seulement pour les responsables et les opérateurs marocains, mais aussi pour les Belges, les Français et les Espagnols, à en croire Moulay Abdallah Alaoui. Des opérateurs frappent à la porte du président de la Fédération pour développer des partenariats dans le solaire mais surtout dans l'éolien. Les énergies renouvelables devraient constituer 10% du bouquet énergétique en 2012 et 20% à l'horizon 2025. Et d'ici 2015, le Maroc devrait produire 1000 MMW par le biais de l'éolien. Les mesures incitatives qui devront être prises en 2009 sont des mesures fiscales relatives à une diminution de la TVA sur l'importation, notamment du photovoltaïque. Le passage de 20 à 14% constituerait un bon pas en avant, mais pour le président de la fédération de l'énergie, la TVA doit être supprimée pour les ménages qui veulent s'équiper.
Le Plan Emergence sera-t-il
adapté à la crise ?
Nombreux sont les professionnels qui pensent qu'il faudra apporter quelques retouches au Plan Emergence eu égard à la crise. Au Département du commerce et de l'industrie, on indique avoir lancé bien avant la crise financière une nouvelle stratégie pour ce plan, qui est d'ailleurs en phase de finalisation. Son objectif dit-on est l'accélération de la mise en place des différentes filières. «Vraisemblablement, il n' y aura pas de dispositions spécifiques par rapport à la crise pour le Plan Emergence», souligne notre source.
Les banques vont-elles
davantage serrer les verrous ?
Le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) est catégorique : les banques sont «plus que jamais disposées à répondre aux besoins de financement de l'économie et à contribuer au partage des fruits de la croissance au profit de tous les citoyens». Partant, aucune réticence face à une demande de crédit ou de financement d'un projet de la part des banquiers n'est observée. Et de rassurer les opérateurs économiques et les particuliers en rappelant leur engagement à «poursuivre le financement des grands projets, des PME, de l'investissement productif, de l'immobilier et du logement social». L'optimisme sur les perspectives d'évolution de notre économie fait dire au Groupement des banques que le secteur reste en phase avec le développement du pays. Les garanties bancaires, qui s'élèvent à 80.000 DH par compte via un fonds de garantie de 7 milliards de DH, alimenté par un prélèvement sur les résultats des banques pondérés par le nombre de comptes, suffisent à rassurer.
vers quels types de placements s'orienteront les épargnants ?
Avec la crainte de voir s'écrouler durant l'année l'épargne de toute une vie, les comportements des « placeurs » sont généralement motivés par un impératif de liquidité. Par contre, ceux qui visent le long terme s'orienteront naturellement vers le placement en bourse, «puisqu'en cette période de crise, plusieurs valeurs sont à leur plus bas niveau historique et s'offrent aujourd'hui à des multiples de bénéfices (PER) extrêmement attrayants, y compris les stars d'antan et les valeurs qui étaient jusque-là inaccessibles», souligne à ce sujet Oudie Drissi El Bouzaidi, manager de Finaccess. Il se trouve que cette même catégorie d'investisseurs optera pour OPCVM Actions ou encore des OPCVM Diversifiés.
Qui, de même source, «joueront le rôle soit d'amortisseurs en cas de baisse soit d'accélérateurs en cas de hausse». Quant à ceux qui se focalisent sur la disponibilité de leur épargne, c'est vers les produits d'assurance-épargne qu'ils se dirigeront. Ils offrent des possibilités de retrait des capitaux investis sous plusieurs formes : rachat partiel, total ou avance sur épargne.
La crise va-t-elle profiter au tourisme interne ?
Le tourisme interne va-t-il enfin se détacher des 20 % qu'il représente dans les nuitées? Roue de secours pour de nombreux hôteliers en cas de crise comme celle qui affecte actuellement les économies des pays étrangers émetteurs de touristes vers le Maroc, le tourisme interne ne va pas beaucoup profiter du malaise économique au niveau international en 2009. «La crise sera favorable au tourisme interne, mais ce profit sera limité, pour la simple raison que les nouvelles capacités prévues dans le cadre du Plan Biladi ne seront livrées qu'en 2012», souligne Othman Chérif Alami, président de la Fédération nationale de tourisme (FNT). Longtemps laissé pour compte, le tourisme interne, qui dispose depuis d'une stratégie avec ce Plan Biladi, se développera un tant soit peu avec les nouvelles unités hôtelières qui ouvriront leurs portes en 2009, notamment à Marrakech. En effet, ces dernières seront obligées de multiplier les offres promotionnelles envers les touristes nationaux. Il faudra également s'attendre à des offres exceptionnelles au niveau des établissements hôteliers qui pratiquent la formule « All Inclusive » (Tout compris).
La crise va-t-elle ralentir les activités de voyages au niveau des marchés émetteurs ?
Si la crise internationale devait toucher l'économie marocaine, le secteur du tourisme national ne serait pas épargné. Telle était l'analyse de nombreux experts lorsque la débâcle du système financier international battait son plein, il y a quelques mois. Pour l'heure, la baisse de régime de ce secteur est une réalité. Français, Anglais et Allemands (excepté les Espagnols) sont nombreux à tourner le dos au pays. Cela s'explique par «le ralentissement de la croissance dans la zone euro» à cause de la crise financière. C'est la première fois, depuis sa création, que l'Union européenne monétaire entre en récession. Bien que la crise ne nous concerne pas directement pour le moment, il n'en demeure pas moins que l'on est exposé aux conséquences de cette crise. Car, «en période de récession comme celle-là, le secteur le plus vulnérable reste le tourisme». Evidemment, il dépend en grande partie du pouvoir d'achat. Les pertes de prévisions sur l'Europe, qui est notre principal marché émetteur (près de 80% des arrivées), ajoutées à la peur, la perte de confiance, l'impact psychologique, feront certainement baisser le pouvoir d'achat. Auquel cas, c'est le budget Voyage-loisirs, ventre mou du budget des ménages, qui sera sacrifié. Pour l'heure, toute la question est de savoir prédire l'ampleur et l'impact de cette récession sur le tourisme national en 2009. Pour Marc Thépot, directeur général d'Accor Maroc, globalement, le solde de 2009 du secteur marocain du tourisme sera positif. «Peut-être que l'activité va baisser dans le courant du mois de janvier et février prochain, de l'ordre de 10 %, mais celle-ci va repartir de plus belle au-delà. Le secteur marocain du tourisme dispose de plusieurs atouts qui lui permettent de se maintenir dans des périodes difficiles : un positionnement haut de gamme, la proximité avec les principaux marchés émetteurs qui est une alternative pour les destinations lointaines, la politique de l'Open Sky, une offre diversifiée, sans compter les MRE qui, malgré tout ce qu'on dit, viendront encore», dit-il.
Othman Chérif Alami, président de la Fédération nationale du Tourisme, lui, pronostique une baisse de l'ordre de 5 à 15 % selon les marchés. En tout cas, les professionnels sont unanimes sur un fait : la clientèle des grands tour opérateurs va baisser, contrairement à la clientèle individuelle qui a le vent en poupe grâce à Internet. Quoi qu'il en soit, le Département du Tourisme et les professionnels ont déjà décidé de dérouler un Plan anti-crise pour le secteur en 2009. Ce programme, dont les actions seront dévoilées ce 23 décembre 2008, prévoit une stratégie promotionnelle agressive, sur fond de conquête de nouveaux marchés (Europe de l'Est, Moyen-Orient…). L'enjeu est surtout de capter une demande touristique mondiale et régionale en mutation. Pour cela, il est question d'une nouvelle campagne de promotion et d'une plate-forme d'achats on line. L'accent sera mis aussi sur le plan Biladi pour booster le marché interne.
Le problème du recouvrement risque-t-il d'impacter les relations des banques avec les entreprises ?
« Pour 2009, les banques sont suffisamment sensibilisées pour continuer à financer les PME », les propos de Khalid Benjelloun, président de la commission PME-PMI au sein de la CGEM, sont plutôt rassurants. D'ailleurs, sa confiance en l'avenir trouve sa justification dans un élément de taille. «La nouveauté, c'est le programme qui vient d'être lancé par la Caisse Centrale de Garantie, destiné à l'accompagnement des entreprises auprès des banques tant au niveau des crédits à l'investissement qu'au fonctionnement». Ces mesures visent également les entreprises exportatrices. Quoi de mieux qu'un fonds de garantie institutionnel et étatique pour rassurer les banquiers les plus réticents ? D'autre part, Khalid Benjelloun note que : « s'il y a crise économique, elle se traduira davantage par une crise des grandes entreprises ». Quant aux délais de recouvrement qui pénalisent les PME dans leurs rapports avec les établissements publics, les membres de la Commission sont en discussion avec les départements de tutelle pour intégrer certaines dispositions dans le contrat-programme en cours. « Les délais de recouvrement seront fixés en fonction de chaque marché avec un maximum de 90 jours pour le règlement. Au-delà, des pénalités surviendront », explique-t-il. De plus, « nous exigeons qu'au moins 27% des marchés publics soient attribués à des PME. Et qu'en contrepartie, les grandes entreprises qui sous-traitent aux PME puissent bénéficier d'un certain nombre d'avantages fiscaux ou autres», conclut-il.
La création d'entreprises va-t-elle s'accélérer ?
La réponse est affirmative. Certes, la cadence des créations ne sera pas aussi soutenue que celle des années précédentes, mais des créations, il y en aura. Et celui qui émet cette prévision se trouve au centre de la question. Il est à la tête du Centre régional d'investissement de Casablanca, une ville qui demeure représentative en termes de créations d'entreprises. Pour Hamid Belfadil, c'est réellement une nouvelle donne qui se présente. C'est ainsi qu'il indique : « nous verrons l'apparition de nouvelles sociétés qui chercheront à saisir de nouvelles opportunités, notamment dans la ville de Casablanca». Par ailleurs, le même interlocuteur relève que : «les sociétés opérant dans le secteur informel vont s'orienter vers plus de transparence, donc vers la formalisation de leurs activités». Les raisons sont inhérentes aux besoins d'accompagnement que connaîtront ces entreprises actives en dehors de toute légalité. L'un des principaux secteurs d'activité concerné est celui du transport et de la logistique.
Qu'en est-il du programme
Moukawalati ?
S'agit-il d'une renaissance du programme Moukawalati ? Il est vrai que l'échec qu'a connu ce programme est dû aux grandes ambitions qui lui ont été attribuées, sans que lui soient accordés toutefois les moyens appropriés à sa réussite. Mais tout cela va apparemment changer en 2009, du moment où les professionnels ont pris le dossier en main. En effet, dès début 2009, le programme Moukawalati sera ouvert à tous les diplômés chômeurs porteurs d'un projet bancable. Pour Khalid Benjelloun, président de la commission PME à la CGEM, c'est l'une des demandes qui ont été satisfaites. Il y aussi la ligne de crédit. La barre du plafond du crédit sera rehaussée pour atteindre 1 million de DH au lieu de 250.000 DH auparavant. Aussi, l'accompagnement durera jusqu'à 36 mois (au lieu de 24), et devra compter la préparation du business plan. Parmi les revendications de la commission PME, il faut compter celle d'une offre spécialisée au niveau des banques et des régions, et l'entrepreneur doit trouver un interlocuteur valable qui connaît le programme. De l'avis de Khalid Benjelloun, ces revendications seront satisfaites avant la signature du contrat programme PME avec l'Etat.
Baisse de la production automobile internationale : quels effets sur les sous-traitants marocains?
Il ne se passe plus un jour sans que l'on entende parler de la fermeture provisoire des constructeurs automobiles pour une semaine, deux semaines ,voire un mois… Renault, General Motors, Chrysler, font la une des journaux internationaux quotidiennement. Si ces nouvelles ne nous concernent pas directement, il n'en reste pas moins qu'elles ne sont pas sans conséquences sur notre «industrie automobile», faite essentiellement de sous-traitants et d'assembleurs. Si les politiques n'ont de cesse de nous rassurer sur la pérennité de l'investissement de Renault-Nissan à Tanger, les équipementiers ne semble pas très optimistes, mais sans pour autant donner de prévisions précises sur les pertes en terme de chiffre d'affaire. Cela dit, Larbi Belarbi, président de l'Association marocaine de l'industrie et du commerce dans l'automobile (Amica), relève d'ores et déjà «des réajustements à la baisse, de l'ordre de 5 %» chez les constructeurs et les équipementiers».
Quel avenir pour la voiture
économique ?
C'est un secret de polichinelle. Le succès de la Logan de Renault n'est plus à démontrer, et selon certains experts ce n'est qu'un début. En tous cas, ce n'est qu'un début pour le concept de voiture Low-cost. S'il y a quelques mois encore la voiture économique ne trouvait grâce qu'aux yeux d'une population au pouvoir d'achat limité, aujourd'hui ses atouts trouvent une résonance certaine auprès d'autres classes supérieures. Le contexte de crise internationale aidant. «Je pense que le marché marocain s'orientera de plus en plus vers les voitures Low-Cost, d'autant plus que bientôt la logan devra faire face à son tour au raz-de-marée de la nano », souligne un concessionnaire de voiture de marque asiatique. En effet, la nano qui sera commercialisée d'abord en Inde d'ici la fin de l'année, ne coûte que 2500 dollars. En effet, la voiture dévoilée lors du dernier salon de l'automobile de New Delhi en janvier 2008 par Tata Motors, est d'abord destinée aux marchés émergents. Selon notre confrère de La Gazette du Maroc, CFAO, leader de la distribution spécialisée dans le secteur automobile en Afrique et dans les collectivités d'outre-mer, et le groupe indien Tata Motors auraient conclu un accord de partenariat portant sur la commercialisation en Afrique de la Nano, Baptisée «la voiture du peuple», ce modèle qui reste le moins cher du monde sera commercialisé au Maroc, selon des sources dignes de foi, à partir de 45.000 Dh.
Quel impact sur les prix des voitures commercialisées par les concessionnaires ?
Dans le secteur automobile, si le Maroc est, pour le moment, épargné par la crise financière, l'ambiance à l'international inquiète. Ainsi, en Europe, notamment en France et aux Etats-Unis, des plans sont lancés pour soutenir l'industrie automobile. En Europe, on ralentit la production et de nombreuses unités de montage ont été mises en arrêt technique. Aux Etats-Unis, on cherche à venir en aide aux big three de Détroit, en l'occurrence Général Motors, Ford et Chrysler. Au Maroc, si le secteur continue à tourner, les ventes, elles, peinent depuis le début de l'été dernier. Mais que ce soit chez KIA, Toyota, Nissan, Hyundai, Renault ou Peugeot, on refuse de voir une quelconque relation entre la crise financière et le recul des ventes. Pour eux, il faut chercher les causes de l'essoufflement du marché marocain ailleurs. Ils imputent cette situation à l'impact psychologique de la crise et aux effets conjugués du ramadan et de la rentrée scolaire. «Nous avons maintenu notre programme d'investissement comme prévu et nos ouvertures d'agence programmées pour 2009 seront concrétisées », précise Hatim Kaghat, chargé des relations publiques chez Kia Motors. Pourtant, de nombreux consommateurs pensent déjà que les concessionnaires reverront les prix des véhicules qu'ils commercialisent à la baisse en 2009. Qu'en sera-t-il au juste ? Selon Hatim Kaghat, les prix ne vont pas baisser. Cependant, les concessionnaires de marques d'automobile risquent de rivaliser davantage d'imagination pour booster leurs ventes, avec à la clé des promotions, ristournes, cadeaux…
Plan Emergence : les investisseurs au rendez-vous ?
Offshoring, automobile, aéronautique et électronique. Tels sont les quatre nouveaux métiers du monde (parmi les sept identifiés) lancés par le Maroc dans le cadre du Plan Emergence. Ce programme devrait attirer de nombreux investisseurs, notamment étrangers. Mais avec la crise, l'on se demande si ces derniers seront au rendez-vous. Lancé il y a un peu moins de deux ans, l'offshoring s'est vu dédier deux zones déjà opérationnelles : Casanearshore et Technopolis. La première phase a fait le plein d'investisseurs. Quant à la deuxième phase, dont la livraison est prévue en 2009, l'on reste très optimiste du côté du ministère du Commerce et de l'Industrie, maître d'œuvre du Plan Emergence. «On se dirige vers le même succès que pour la première phase», dit-on. Et d'ajouter : « pour le Technopolis, les premières entreprises sont en cours d'installation et cela se poursuivra en 2009 ». Qui des autres filières du Plan Emergence ? «Les offres proposant un package aux investisseurs ont été mises en place. Elles concernent justement ces filières et les investisseurs sont en train de saisir les opportunités. C'est le cas Renault-Nissan qui malgré la crise, va boucler son projet dans les délais», dit-on auprès du ministère.
Les nouveaux entrants répondront-ils «présent» ?
Les enseignes de la grande distribution au Maroc n'ont pas encore lancé la guerre des prix, estime un spécialiste du secteur. La distribution moderne ne fait pas encore le poids face aux canaux de la distribution traditionnelle. Malgré les ouvertures enregistrées par ses différentes enseignes, le taux de pénétration de la distribution moderne stagne depuis quelques années et ne dépasse pas 8% des dépenses agroalimentaires. La guerre des prix qui enclenchera une tendance à la baisse commencera avec l'arrivée des nouveaux entrants comme Carrefour qui, en partenariat avec Label'Vie, exécutera sa politique discount et étalera sa gamme de 1er prix, des prix moins chers s'entend. Mais ce à quoi on assiste ces dernières années, et qui se situe entre la distribution moderne et traditionnelle, c'est l'ouverture de magasins spécialisés marocains, français et espagnols, comme La Fonda, Viandis, Daniel, Boucherie Taher… Si l'apparition de ces franchisés confirme une chose, c'est que le concept de la distribution traditionnelle modernisée continue de séduire. Tant il est vrai que les enseignes de la grande distribution moderne, même avec les ouvertures qui ont ponctué l'année 2008, ne vendent pas moins cher. Ce qu'il faut craindre, c'est l'arrivée des hard discounters comme Lidl et BIM. Cette dernière enseigne sera au rendez-vous au 1er trimestre 2009 et la première fera son entrée sur le marché marocain à la fin de la même année.
Le concept «discount» peut-il prendre ?
Même si certains spécialistes de la grande distribution disent qu'il serait difficile au discount de pénétrer le marché marocain, en raison de la force et de l'étendue du réseau traditionnel, il n'en demeure pas moins que des produits biscuitiers turcs et émiratis, qui ont été dernièrement introduits sur le marché, rencontrent un succès en raison de leurs très bas prix. Mais pour ceux qui suivent de près le secteur, la tendance actuelle est à la petite surface. Presque toutes les enseignes y adhèrent, avançant comme argument l'optimisation de l'offre et de l'investissement. De grandes surfaces, elles passent à des surfaces moyennes. Mais cette politique vise aussi à décourager les discounters turcs et allemands, surtout ceux qui s'installeront au Maroc début 2009, d'occuper certains quartiers stratégiques. A vrai dire, ce que craignent les enseignes au Maroc ne les empêcheront pas de se réaliser. Elles craignent les très bas prix. Mais c'est la spécialité et la raison d'être des discounters. Donc, autant se lancer dès maintenant dans la guerre des prix. En tout cas, les enseignes qui n'adhéreront pas à cette politique seront condamnées à essuyer des pertes.
Quelles mesures pour relancer la classe moyenne ?
D'abord des chiffres : la loi de finances 2009 prévoit une allocation de 16 milliards de dirhams au profit de l'augmentation des salaires, 29 milliards seront injectés dans la caisse de compensation, et 450 millions de subventions directes profiteront aux zones INDH pour l'éducation. Encore des chiffres : le ministère de l'immobilier promet une mobilisation de quelque 3700 ha récupérés du foncier public et dont une bonne partie sera allouée au logement moyen standing dans différentes villes du Maroc et « ciblant la classe moyenne », comme le précise Taoufiq Hejira, ministre de tutelle. Le projet sera lancé en 2009 mais les premières productions en logements ne seront effectives qu'au bout de deux années, voire plus. En matière de politique de santé, le plan 2008 – 2012 du ministère prévoit un élargissement de la couverture médicale de base pour couvrir 80% de la population d'ici fin 2010 et ce en plus de la promotion des les médicaments génériques et de la baisse des prix des médicaments. Est-ce suffisant à créer une classe moyenne dans un pays où environ la moitié se déclarerait pauvre ?
Les chaînes satellitaires continueront-elles à être captées au Maroc?
Depuis plusieurs semaines déjà, tous les accros de TPS savaient que le piratage ne pourra plus rien pour eux. Le 31 décembre 2008, tous ceux qui avaient opté pour un système de piratage par carte, devront se débrouiller autrement. Et lorsque vous interrogiez les petits génies de Derb Ghalef, ou le «faiseur de miracles» qui se rend jusqu'à votre domicile pour vous permettre de capter toutes vos chaînes préférées, sur quelle alternative il pourrait y avoir à cette date, la réponse est unanime: «D'ici là, on verra». Depuis quelques jours, la nouvelle est tombée à travers un quotidien de la place, et ironie de l'histoire, la nouvelle a l'air de ravir le plus grand nombre. Certes, il y aura une extinction totale du signal TPS diffusé par hotbird, seulement désormais il sera possible de capter 500 programmes et plus d'une vingtaine de chaînes françaises au prix très compétitif de 55 dirhams par mois! Un coup dur pour les pirates de Derb Ghalef, mais également pour la TV par ADSL de Maroc Telecom. Quid de la mauvaise nouvelle pour les uns, et de la bonne pour les autres? Jeudi 11 décembre, le groupe AB Sat, filiale de TF1 et l'opérateur marocain Medi Net, ont conclu un accord qui permettra aux téléspectateurs marocains de recevoir les chaînes satellitaires en toute légalité. Est-ce pour autant le dernier mot de nos chers pirates de Derb Ghalef? En tous cas les promoteurs du projet assurent que oui. Réponse en 2009.
La bourgeoisie marocaine Sera-t-elle touchée par la crise?
S'il y a bien une frange de la population qui semble ne pas être touchée par la crise financière internationale, c'est bien notre chère et dépensière bourgeoisie. Bien sûre, certains enregistreront quelques pertes plus ou moins importantes s'ils ont investis sur les places boursières à l'international, mais cela n'entravera en aucun cas leur rythme de consommation. « On n'en est pas au point de voir des dirigeants acculés à démissionner en raison des pertes financières dont sont victimes leurs entreprises», explique un sociologue. «Pour preuve les marques de produits de luxe continuent à s'implanter, et affichent des performances plus qu'enviables», renchérit la directrice associée d'un grand joaillier de luxe. « Et puis c'est un phénomène récurrent en temps de crise, les secteurs du luxe sont souvent épargnés. On dirait que plus la crise avance, plus les bourgeois ont besoin de se réconforter en consommant de plus en plus de produits et de services de luxe», poursuit notre sociologue. Sans compter que si «temps de crise» est synonyme de chômage et de perte de pouvoir d'achat pour les uns, il signifie également opportunités d'investissement et augmentation de richesses pour les autres.
Quelles sont les tendances
du crédit à la consommation ?
Nous sommes certainement loin d'une situation d'insolvabilité des contractants du crédit consommation, sauf que celle d'un surendettement des ménages commence à se profiler à l'horizon. C'est ainsi que durant les neuf premiers mois de l'année en cours, les crédits à la consommation ont augmenté de 24,2%. En revanche, le taux des créances en souffrance est passé de 11,7% en 2008, contre les 17% enregistrés en 2003. Quant aux organismes de financement et de crédits, elles sont en passe de demander à l'administration des impôts d'enregistrer en pertes, les créances en souffrances de plus de huit années. Le taux de 11,7% témoigne de la situation de l'importance des impayés qui a évolué durant ces cinq dernières années. Il en découlera de cette situation et sur la base des règles prudentielles fixées par l'autorité monétaire de régulation du pays que les sociétés de crédit vont devoir passer au crible les dossiers de leurs clients. Désormais, les crédits sont considérés comme « pré-douteux » lorsque quatre impayés sont signalés. Par ailleurs, dès le 7ème impayé, le prêt est alors taxé de « douteux » et il est « compromis » à la 9ème traite impayée. Autre nouveauté de la rentrée 2009 et ce, à partir du mois de janvier parvient de la centrale des risques de Bank El Maghrib. C'est ainsi que les bénéficiaires des crédits à la consommation auront enregistré à leur nom un genre de fiche anthropométrique bancaire. Il s'agit de deux documents, dénommés : fichier positif et fichier négatif. A chaque demande de crédit à la consommation, les fichiers comprendront des informations sur le respect du remboursement des échéances de crédit, les incidents de paiements et les difficultés financières relevées durant le remboursement.
Les prix des télécoms vont-ils
baisser ?
Vraisemblablement, tout laisse croire à une baisse des prix au cours de l'année 2009, du moins en ce qui concerne les tarifs des communications téléphoniques. D'après un professionnel, le marché de la téléphonie est en train de saturer en termes d'équipement des consommateurs en terminaux. «La bataille ne pourra se jouer principalement qu'au niveau des tarifs, surtout si l'on sait que les opérateurs n'auront plus autant d'intérêt à subventionner les terminaux commercialisés», soutient-il. Ajouter à cela que l'ANRT essaie depuis quelque temps d'encourager les opérateurs à aller davantage vers une baisse des prix d'interconnexion. L'Internet n'est pas en reste. Depuis l'introduction de l'Internet 3G, la concurrence se fait rude et les opérateurs tentent, via des offres alléchantes, d'attirer la clientèle. Le dernier exemple en date est celui de Maroc Telecom, qui vient de décider de baisser ses prix en ce qui concerne ses offres ADSL. Le trend baissier devrait alors continuer.
quelle sera la tendance des matières premières ?
Dans l'immobilier et les travaux publics, le prix du ciment connaîtra probablement une hausse en 2009. Contacté par Challenge, le directeur délégué de l'association professionnelle des cimentiers (APC), Ahmed Bouhaouli, a expliqué que le prix du combustible extrait du raffinage du pétrole «petcoke», utilisé par les cimentiers, a connu une augmentation de 325% de 2006 à 2008. Paradoxalement, la chute des cours du pétrole a généré une faible consommation du pétrole, et par ricochet, le raffineur ne produisait plus beaucoup de ce combustible. Du coup, son prix a flambé.
L'augmentation du prix du ciment est dûe donc au coût élevé des intrants, y compris le papier utilisé dans la fabrication des sacs de ciment (80% du ciment est vendu dans des sacs en papier). Aussi, l'inflation est un facteur qui conduit à une augmentation du prix de cette matière première. Par ailleurs, les cours des autres matières premières comme le blé ne connaîtront pas une grande baisse, même si le prix du baril du pétrole a baissé. Quant à l'huile, malgré la baisse récente de 1 DH le litre, les cours de cette matière première ne connaîtront elles aussi pas grand changement.
Compensation : à qui profitera
le ciblage ?
Des actions concrètes n'ont pas encore été officiellement annoncées. Mais elles devront l'être dans quelques mois. Le sucre et la farine nationale de blé tendre en constitueront les principaux volets avec comme but ultime d'en faire bénéficier les populations qui sont dans le besoin. C'était justement le sens de la nouvelle répartition des contingents de FNBT fait sur la base de la carte de la pauvreté qui sert aussi de support pour les agents de l'Initiative nationale du développement humain. L'une des mesures qui seront mises en œuvre consiste en outre à afficher les prix sur les produits subventionnés. Le tout permettra d'effectuer un meilleur ciblage. Explication des autorités : Selon le nouveau schéma, les produits subventionnés seront vendus aux prix officiels et aux personnes les plus nécessiteuses. Ce modèle de ciblage sera transposé aux professionnels de manière à ce que la farine subventionnée par exemple ne profite qu'au pain et non pas à la production d'autres produits dont le prix de vente est libre de toute contrainte. Cela suppose de connaître exactement quel est le volume dont chaque magasin a besoin pour produire son pain. Résultat : les boulangers paieront le prix normal de la farine et profiteront de la subvention pour le quota concernant le pain. Le même principe de ciblage est de mise pour le transport via l'octroi aux transporteurs agréés de cartes avec des forfaits équivalents à la subvention correspondant à la consommation en gasoil. Décidément les équipes de Nizar Baraka (photo) ont du pain sur la planche. Leur convertissement en agents de recensement n'est pas des plus simples.
Quelles conséquences du passage au 50 PPM et au super sans plomb ?
«Le gasoil 50 PPM et l'essence sans plomb répondent aux normes européennes. Pour le Maroc, qui aura un statut avancé avec l'UE, c'est une aubaine. Pour les Européens et les MRE, ils consommeront un gasoil propre avec moins de souffre (0,05 au lieu de 1%) », lance Moulay Abdellah Alaoui. Le 50 PPM et l'essence sans plomb, deux carburants qui ne sont pas nocifs pour la santé, suscitent l'intérêt depuis quelques mois. Seulement, les doutes concernant la commercialisation de ces deux carburants dès le 1er janvier 2009 se sont confirmés aujourd'hui. Car on apprend que ce passage au propre connaîtra un retard d'au moins 4 mois. Le rendez-vous a


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