Amzazi: Le digital, un levier indispensable pour l'employabilité des jeunes    Cinq morts dans une fusillade près de Chicago    El Othmani : Le Maroc attache un intérêt particulier à la coopération avec le FMI et la BM    Approvisionnement en eau : Amara satisfait des progrès réalisés    Mutandis : Le RN en hausse de 40% en 2018    Sahara marocain : La loi budgétaire américaine très favorable à la position du Maroc    Vidéo-Live : Le Président égyptien présente les défis sécuritaires de l'Afrique au MSC2019    Vidéo-Live : Angela Merkel parle des vraies sources d'insécurité en Algérie et en Afrique    Les mises à jour de sécurité prendront fin dans un an    Algérie    Gros appétit pour les énergies renouvelables    4L Trophy 2019: Une course pour les jeunes façon Paris-Dakar    Un paquet de mesures en faveur des TPE    Code de la famille: Les écueils qui plombent la réforme    Les Marocains du monde au SIEL    Nasser Bourita : Les accords Maroc-UE sont compatibles avec le droit international    Repenser la cohabitation entre les automobilistes et les cyclistes    Bouillon de culture    Trump va déclarer l'"urgence nationale" pour construire son mur à la frontière    Divers    Les conditions de travail demeurent précaires à l'échelle mondiale    Ligue Europa : Arsenal tombe à Borisov, le Séville FC s'offre la Lazio    Divers sportifs    Une journée au complet et du spectacle en vue    Appel à des mesures concrètes pour répondre aux problématiques des petites entreprises    Frontex place les Marocains au Top ten des passeurs    Cancer du col de l'utérus: le vaccin est "sûr et indispensable"    Appel à une stratégie nationale visant à faire de l'école un espace pour tous    Divers    Les entreprises espagnoles opèrent au Maroc dans des secteurs de grande importance    La bourde de Katy Perry    Pourquoi Johnny Depp n'incarnera plus jamais Jack Sparrow    Les problèmes de peau de Kim Kardashian    Luis Rubiales loue la qualité des installations sportives au Maroc    Démantèlement d'une cellule terroriste composée de cinq extrémistes s'activant à Safi    Nador : Arrestation d'une bande de présumés passeurs    Casablanca: Incendie dans un stand du SIEL, rapidement maîtrisé    Le Forum international de l'étudiant à Safi    La nouvelle vie du Grand théâtre Cervantès    La Botola pro adopte le VAR la saison prochaine    Vidéo – Munich : La sécurité mondiale en question    Coupe de la CAF : La RSB bat le HUSA et s'adjuge la première place    Le Maroc et l'Espagne écrivent un nouveau chapitre de coopération économique    A SIEL ouvert…    Parlement : Une session mi-figue, mi-raisin    La première édition d'ADCC en Afrique se déroulera au Maroc    Sit-in massif lors du concert d'Enrico Macias à Casablanca    SIEL: les jeunes d'El Jadida publient un recueil de poèmes    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Il faut mettre fin à la stigmatisation des troubles mentaux
Publié dans Libération le 21 - 01 - 2019

Une épidémie de troubles mentaux frappe pratiquement tous les pays de la planète, quel que soit leur système économique ou leur culture. Ces troubles stigmatisent les personnes qui en sont atteintes et qui souffrent en silence. Résoudre ce problème suppose que les dirigeants politiques, les responsables des grandes entreprises et les leaders de la société civile fassent de la santé mentale et du bien-être une priorité, en commençant par les discussions sur la mondialisation qui se tiennent ce mois-ci à Davos dans le cadre du Forum économique mondial.
Ce Forum est manifestement le lieu approprié pour soulever ce problème. Selon une note d'information de l'OMS, la dépression et les troubles de l'anxiété coûtent 1000 milliards de dollars par an en perte de productivité à l'économie mondiale. Le même texte indique néanmoins que chaque dollar US investi dans le développement du traitement des troubles mentaux courants (la dépression et l'anxiété) rapporte 4 dollars en termes d'amélioration de la santé et de la productivité.
Le texte de l'OMS est bienvenu. Nous séparons depuis trop longtemps le corps et l'esprit, et considérons les troubles mentaux comme extérieurs à la sphère de la santé. En conséquence, des millions de personnes ayant besoin de soins en termes de santé mentale sont ignorées avec des conséquences dramatiques sur les ressources économiques, la productivité et la production.
Santé physique et santé mentale sont en relation étroite, chacune contribue au bien-être. Il faut reconnaître cette réalité si nous voulons un monde plus heureux et plus prospère pour les générations futures.
Résoudre les grands problèmes mondiaux tels que ceux posés par la souffrance mentale suppose une stratégie durable basée sur la collaboration. C'est dans cet esprit que je demande instamment aux leaders présents à Davos de considérer l'adoption de 4 priorités cruciales en faveur de la santé mentale et du bien-être :
1) Réduire les stigmates qui entourent les troubles mentaux sur les lieux de travail. Personne ne doit souffrir en silence à cause d'une maladie qui peut être traitée et parfois prévenue. Prendre en compte la santé mentale et le bien-être au travail peut avoir un impact considérable sur nos foyers, nos écoles et notre vie collective. Il devrait être tout aussi normal de consulter un médecin pour un problème mental que pour une tension trop élevée, un diabète ou un problème
cardiaque.
2) Réduire les inégalités en termes d'accès aux soins de santé mentale, une question fréquemment ignorée. C'est souvent un problème pour les populations pauvres qui sont à la fois les plus exposées et les plus en difficulté pour accéder à ces soins, en partie du fait du manque de lieux et de personnels spécialisés. Il existe des stratégies innovantes pour résoudre ce problème. Les Bancs de l'amitié au Zimbabwe en sont un exemple, et j'attends impatiemment d'en savoir plus à ce sujet de l'un des initiateurs de ce projet qui sera présent à Davos.
3) Privilégier la prévention. L'approche la plus efficace consiste à intégrer la souffrance mentale dans l'ensemble des soins de santé et à poursuivre une prévention primaire. Pour y parvenir, nous devons comprendre comment traiter les traumatismes de l'enfance, souvent à l'origine de problèmes physiques et mentaux plus tard dans la vie. Cela ne se passera ni dans les hôpitaux, ni dans les centres de santé, mais au sein de groupes et de collectivités qui prennent soin des enfants, plutôt que de les traumatiser. Pour des entreprises comme la nôtre, cela signifie apprendre à prévenir et pas seulement à soigner.
4) C'est le point le plus important pour les responsables de la santé à savoir redoubler d'efforts pour associer le corps et l'esprit. En intégrant davantage la santé mentale aux soins primaires, nous pouvons montrer qu'une souffrance mentale est comparable à un problème respiratoire, endocrinien ou cardiaque. Et quand les soins primaires ne suffisent pas, les personnes qui en ont besoin doivent pouvoir consulter un spécialiste, au même titre qu'un orthopédiste ou un cardiologue. Un esprit sain est tout aussi important pour la santé qu'un cœur en bon état.
Depuis trois ans, je souhaite profiter du Forum économique mondial pour faire de la santé mentale et du bien-être une priorité mondiale. Je me réjouis du fait que ce thème occupe une place importante dans les discussions de cette année.
En rassemblant les leaders mondiaux de tous les secteurs, nous pouvons encore progresser pour mettre fin à la honte et au silence qui entourent les troubles mentaux. Nous pouvons faciliter l'accès aux soins, les améliorer et innover dans ce domaine. Et nous pouvons agir pour que la santé mentale, au même titre que le bien-être physique, soit un élément essentiel de la mondialisation.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.