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Il faut mettre fin à la stigmatisation des troubles mentaux
Publié dans Libération le 21 - 01 - 2019

Une épidémie de troubles mentaux frappe pratiquement tous les pays de la planète, quel que soit leur système économique ou leur culture. Ces troubles stigmatisent les personnes qui en sont atteintes et qui souffrent en silence. Résoudre ce problème suppose que les dirigeants politiques, les responsables des grandes entreprises et les leaders de la société civile fassent de la santé mentale et du bien-être une priorité, en commençant par les discussions sur la mondialisation qui se tiennent ce mois-ci à Davos dans le cadre du Forum économique mondial.
Ce Forum est manifestement le lieu approprié pour soulever ce problème. Selon une note d'information de l'OMS, la dépression et les troubles de l'anxiété coûtent 1000 milliards de dollars par an en perte de productivité à l'économie mondiale. Le même texte indique néanmoins que chaque dollar US investi dans le développement du traitement des troubles mentaux courants (la dépression et l'anxiété) rapporte 4 dollars en termes d'amélioration de la santé et de la productivité.
Le texte de l'OMS est bienvenu. Nous séparons depuis trop longtemps le corps et l'esprit, et considérons les troubles mentaux comme extérieurs à la sphère de la santé. En conséquence, des millions de personnes ayant besoin de soins en termes de santé mentale sont ignorées avec des conséquences dramatiques sur les ressources économiques, la productivité et la production.
Santé physique et santé mentale sont en relation étroite, chacune contribue au bien-être. Il faut reconnaître cette réalité si nous voulons un monde plus heureux et plus prospère pour les générations futures.
Résoudre les grands problèmes mondiaux tels que ceux posés par la souffrance mentale suppose une stratégie durable basée sur la collaboration. C'est dans cet esprit que je demande instamment aux leaders présents à Davos de considérer l'adoption de 4 priorités cruciales en faveur de la santé mentale et du bien-être :
1) Réduire les stigmates qui entourent les troubles mentaux sur les lieux de travail. Personne ne doit souffrir en silence à cause d'une maladie qui peut être traitée et parfois prévenue. Prendre en compte la santé mentale et le bien-être au travail peut avoir un impact considérable sur nos foyers, nos écoles et notre vie collective. Il devrait être tout aussi normal de consulter un médecin pour un problème mental que pour une tension trop élevée, un diabète ou un problème
cardiaque.
2) Réduire les inégalités en termes d'accès aux soins de santé mentale, une question fréquemment ignorée. C'est souvent un problème pour les populations pauvres qui sont à la fois les plus exposées et les plus en difficulté pour accéder à ces soins, en partie du fait du manque de lieux et de personnels spécialisés. Il existe des stratégies innovantes pour résoudre ce problème. Les Bancs de l'amitié au Zimbabwe en sont un exemple, et j'attends impatiemment d'en savoir plus à ce sujet de l'un des initiateurs de ce projet qui sera présent à Davos.
3) Privilégier la prévention. L'approche la plus efficace consiste à intégrer la souffrance mentale dans l'ensemble des soins de santé et à poursuivre une prévention primaire. Pour y parvenir, nous devons comprendre comment traiter les traumatismes de l'enfance, souvent à l'origine de problèmes physiques et mentaux plus tard dans la vie. Cela ne se passera ni dans les hôpitaux, ni dans les centres de santé, mais au sein de groupes et de collectivités qui prennent soin des enfants, plutôt que de les traumatiser. Pour des entreprises comme la nôtre, cela signifie apprendre à prévenir et pas seulement à soigner.
4) C'est le point le plus important pour les responsables de la santé à savoir redoubler d'efforts pour associer le corps et l'esprit. En intégrant davantage la santé mentale aux soins primaires, nous pouvons montrer qu'une souffrance mentale est comparable à un problème respiratoire, endocrinien ou cardiaque. Et quand les soins primaires ne suffisent pas, les personnes qui en ont besoin doivent pouvoir consulter un spécialiste, au même titre qu'un orthopédiste ou un cardiologue. Un esprit sain est tout aussi important pour la santé qu'un cœur en bon état.
Depuis trois ans, je souhaite profiter du Forum économique mondial pour faire de la santé mentale et du bien-être une priorité mondiale. Je me réjouis du fait que ce thème occupe une place importante dans les discussions de cette année.
En rassemblant les leaders mondiaux de tous les secteurs, nous pouvons encore progresser pour mettre fin à la honte et au silence qui entourent les troubles mentaux. Nous pouvons faciliter l'accès aux soins, les améliorer et innover dans ce domaine. Et nous pouvons agir pour que la santé mentale, au même titre que le bien-être physique, soit un élément essentiel de la mondialisation.


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