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Mohamed Tahiri, directeur de l'enseignement supérieur et de l'innovation pédagogique
Publié dans Libération le 03 - 07 - 2020

Le directeur de l'enseignement supérieur et de l'innovation pédagogique au ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle,
de l'Enseignement supérieur, Mohamed Tahiri, nous éclaire sur les mesures, prises par son département, relatives
à l'organisation des examens, fait le point sur l'expérience de l'enseignement à distance et aborde l'éventualité de l'adoption de l'évaluation à distance. Il répond aux questions de la MAP.
L'organisation des examens de l'enseignement supérieur se heurte à plusieurs contraintes, notamment d'ordre sanitaire. Comment comptez-vous les relever ?
Il faut d'abord insister sur le fait que les évaluations et les examens relèvent du volet pédagogique. Le ministère a donné des orientations qui constituent un cadre général permettant d'assurer les conditions sanitaires appropriées pour préserver la santé des étudiants, des enseignants et du personnel administratif, ainsi que l'équité et l'égalité des chances.
En tenant compte de ces deux impératifs, et en concertation avec les universités, les options retenues consistaient à reporter à septembre les examens en présentiel impliquant de grands effectifs comme c'est le cas des examens des établissements à accès ouvert; effectuer des évaluations en présentiel à partir de la mi-juillet lorsque les effectifs des étudiants sont réduits et les conditions sanitaires requises sont assurées. Cette option est susceptible d'arranger les établissements à accès régulé.
Il a également été décidé de recourir, dans la mesure du possible, à des formes alternatives d'évaluation. A cet égard il y a lieu de signaler que même dans les conditions normales, certains enseignements -notamment de la dernière année de licence ainsi que pour les années de préparation du Master- sont évalués sur la base de travaux de synthèse, de projets, d'étude bibliographique, etc. Des évaluations peuvent également être effectuées sur la base d'exposés que les étudiants peuvent faire au moyen de plateformes numériques. Ces dernières sont aussi utilisées pour des examens oraux.
L'enseignement à distance a été adopté par le ministère comme alternative visant à garantir la continuité pédagogique. Pourriez-vous nous faire une évaluation de cette expérience ?
En réponse à la situation de confinement décrétée au niveau national à la mi-mars, le ministère a décidé de recourir au mode d'enseignement à distance pour assurer la continuité pédagogique au profit des étudiants. Les universités et les établissements d'enseignement supérieur se sont alors totalement investis pour relever ce défi. Dans ce cadre, plus de 110.000 ressources numériques sous forme de documents numériques (PDF, PPT, WORD, ...), d'enregistrements vidéo et audio ont été produits et mis à la disposition des étudiants. Les enseignants-chercheurs ont également fait preuve d'une réactivité remarquable en ayant recours, et dans de nombreux cas pour la première fois, à des plateformes d'enseignement à distance ou de visioconférence (Moodle, Google classroom, Microsoft Teams, Google Meet, Zoom, ...) pour interagir avec leurs étudiants. Certains enseignants ont utilisé les canaux des réseaux sociaux pour communiquer avec eux. Bien évidemment, le souci d'équité en matière d'accès pour bénéficier du mode d'enseignement à distance a toujours été présent.
Dans ce cadre, le ministère a coordonné, avec l'appui du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Economie verte et numérique et de l'Agence nationale de réglementation des télécommunications et a sollicité les opérateurs de télécommunication pour garantir, au profit des étudiants, un accès gratuit aux ressources pédagogiques numériques hébergées dans des sites institutionnels et sur des serveurs installés sur le territoire national.
Par ailleurs la Société nationale de radio et télévision (SNRT) a été sollicitée et a dédié une grande partie de l'aire journalière de diffusion de la chaîne de télévision "Arryadia" à des cours des différentes universités. Au total, 741 cours télévisés ont été programmés, du 25 mars 2020 au 26 juin 2020. Les stations régionales de radio ont également été mises à contribution et ont diffusé de manière journalière des cours universitaires.
L'évaluation à distance serait-elle aussi envisageable dans l'avenir ?
Des évaluations où la surveillance n'est pas nécessaire -ou ce qu'on appelle dans le jargon anglo-saxon "Take home exam"- ne posent évidemment pas de problèmes. En outre, des évaluations orales (examen, exposé, ...) sont également tout à fait faisables à distance et ont d'ailleurs été utilisées dans les établissements marocains lors de cette pandémie. D'un autre côté, les évaluations sous forme d'examens classiques surveillés sont possibles mais plus difficiles à mettre en œuvre.
Ces évaluations requièrent la vidéosurveillance de l'environnement de l'étudiant et un moyen d'empêcher l'étudiant de chercher des éléments de réponse sur Internet. Des solutions technologiques existent, mais elles sont coûteuses aujourd'hui et n'écartent pas totalement le risque de triche.
Il faut signaler que l'évaluation à distance des enseignements pose des défis pour les pédagogues au niveau mondial. C'est d'ailleurs une question largement débattue dans plusieurs "webinaires" à l'occasion de la pandémie de Covid-19. C'est un domaine fertile d'innovation où il faut un changement du paradigme classique d'évaluation des connaissances à une évaluation de compétences et d'aptitudes.


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