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Stress hydrique et barrages ne font pas bon ménage
Publié dans Libération le 15 - 12 - 2020


Où en est la politique de construction des barrages menée depuis les années 1960 ? Aujourd'hui, le Maroc dispose de 146 barrages avec une capacité de stockage de 19 milliards de mètres cubes. Ce chiffre est appelé à atteindre 20 milliards de mètres cubes avec la construction de deux nouveaux barrages l'année prochaine, a indiqué récemment Abdelkader Amara, ministre de l'Equipement, du Transport, de la Logistique et de l'Eau, en réponse à une question sur les projets futurs d'infrastructures routières lors de la séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants. L'édification de cinq grands barrages a été lancée cette année au niveau de Sidi Kacem, de l'Oriental, de Taroudant, de Dariouch et de Taounate, a-t-il affirmé, précisant que lors de l'année prochaine, il y aura le lancement de cinq nouveaux barrages à Azilal, Béni Mellal, Figuig, Agadir et Settat. «Il y a également le Programme national de l'eau qui prévoit la construction de 30 grands barrages à l'horizon 2050 avec un budget de 380 milliards de DH», a-t-il noté tout en indiquant que le rythme de construction des barrages est passé de deux à cinq ouvrages par an. Pourtant, une question se pose avec acuité : les investissements pour l'édification des barrages ontils encore une raison d'être vu le stress hydrique qui touche certaines régions du Maroc, d'une part, et les effets du changement climatique, d'autre part ? « Les investissements dans les barrages sont toujours très bénéfiques, rentables et très stratégiques car ils'agit d'une source vitale non seulement à la survie de la population mais aussi à sa sédentarisation en relation avec l'activité et la valeur ajoutée qu'elle génère dans le domaine agricole considéré comme l'activité principale de la majorité des populations rurales marocaines», nous a indiqué le Pr. Taieb Boumeaza, géographe et professeur à l'Université Hassan II de Casablanca. Cependant, ce dernier estime que la construction des barrages doit être opérée en orientant les projets vers les zones à fort apport pluviométrique telles que celles rifaines et atlasiques là où il y a des conditions topographiques et géologiques favorables et l'on doit accorder plus d'intérêt aux barrages moyens de proximité afin de limiter lesfrais de transfert d'eau et de promouvoir l'indépendance régionale ou locale en matière d'eau. Cela doit être fait, toujoursselon notre source, en prenant compte des étudestechniques(géophysique, géologique, climatologique et géomorphologique), des conditions naturelles, de l'étude d'impact de longue durée et de la faisabilité du projet engagé.«C'est ce qui manque ou plutôt c'est ce qui a été négligé au niveau des grands barrages stratégiques à l'échelle nationale et qui sont actuellement envasés à concurrence de 60 à 80%, d'où la solution actuellement envisagée d'en élever les digues afin d'avoir plus de capacité de stockage, ce qui s'impose sévèrement vu la demande grandissante de cette ressource vitale durant les périodes de stress hydrique que connaissent de nombreuses régions du Royaume», nous a-t-elle révélé. Notre interlocuteur va plusloin. Il estime qu'il est temps de réfléchir à la possibilité de recourir à des pipelines aquatiques. Lesquels constitueront, selon lui, un réseau vital pour les régions démunies. «Des pipelines sont utilisés partout dans le monde pour l'acheminement du pétrole et du gaz, alors on fera l'exception en transportant l'eau vers nos régions du Sud et au Sahara (La Californie du Royaume dans l'avenir) où les potentialités agricoles et les sols n'attendent que d'être irrigués pour valoriser ces grands espaces qui disposent d'un rayonnement solaire adéquat et de températures clémentes. De tels projetsinsuffleront à cesrégions un dynamisme économique en matière agricole dont le fruit sera orienté vers l'Afrique où la demande est toujours importante. Ceci contribuera également à une expansion urbaine des petits centres des régions méridionales du Royaume », analyse-t-il. A ce propos, le Pr. Taieb Boumeaza a rappelé que les institutions qui gèrent le domaine de l'eau au niveau national n'ont ni les moyens ni le pouvoir de procéder à un dispatching (distribution + réseau) ou à une gestion interrégionale car elles n'ont pas de moyens logistiques patents. « Chaque région (bassin hydraulique) est propriétaire de son stock aquatique car il y a un manque de connexion entre les bassins ou entre les régions. On a des connexions électriques mais pas aquatiques », nous a-t-il expliqué en indiquant que notre pays sera en mesure d'alimenter nos voisins algériens si les deux pays arrivent à construire un pipeline aquatique qui reliera le barrage Mohammed V sur la Moulouya à la région d'Oran pour l'alimenter en eau potable. Concernant le stress hydrique qui touche certaines régions du Maroc et les effets du changement climatique sur les ressources hydrauliques, notre interlocuteur estime que le changement climatique ne concorde nullement avec les conditions météorologiques ou climatiques annuelles qui sont très variables d'une année à l'autre dans l'espace méditerranéen.«Il y a deux ou trois années, on parlait de canicule au Sud de l'Europe et cette année rien de ceci ne s'est produit. L'intermittence du climat est comparable à « un rythme cardiaque»», a-t-il noté. Et de poursuivre : « Quand on parle des changements climatiques, on évoque les données climatiques et biogéographiques (végétation ; flore et faune) sur une période assez significative pour dire si vraiment il y a un changement ou pas. Ceci s'applique également aux pays du Nord de la Méditerranée. On n'est jamais sûr si l'année sera arrosée ou sèche. Ces derniersjours, les conditions climatiques sont très clémentes selon le tracé des trajets froids et pluvieux et des zones du Maroc oriental et la majeure partie des montagnes marocaines rifaines et atlasiques ont enregistré des pluies et des chutes de neige plus ou moinsimportantesselon lesrégions. On peut prédire d'avance que cette année va être marquée par des conditionstrèsfavorables, car généralement quand il y a des chutes de neige en pareille période, c'est le cadre général du climat méditerranéen dans ses quatre saisons qui s'impose». Mais, le problème de l'eau au Maroc n'est-il pas au fond un problème du secteur agricole vu qu'il exploite 80% de nos capacités de stockage ? «Je crois que oui surtout dans certaines zones. Le monde rural oublié, telles les zones du Moyen Atlas où les arbres fruitiers et l'agriculture bio sont primordiaux, ne consomme que le vingtième de ce qu'utilise un agriculteur en zone Sud pour produire un melon qui sera finalement jeté ou non consommé. Ceci d'autant plus qu'on exporte trop d'eau à travers l'exportation des agrumes, de la tomate, du melon ... pour importer des champignons de Paris, du maïs en boite, des pâtes d'Italie, de la bière espagnole, etc. Dans ce domaine, il faut plutôt se concentrer sur l'agriculture durable et rentable d'autant que chaque région de notre pays est caractérisée par des espèces très propices et à valeur ajoutée importante », nous a-t-il indiqué. Et de conclure : « En fait, je crois que la consommation des Marocains en produits consommateurs de beaucoup d'eau doit changer afin que la production de ceux d'entre eux qui ne sont pas vraiment nécessaires puisse être réduite. Le vrai Marocain beldi a toujours préféré tout ce qui est bour, pommes de terre, nèfles, prunes, abricots, menthe, panais, etc. Le problème qui se posera dans le futur, c'est l'alimentation en eau des sites urbains où la consommation explose d'une année à l'autre, en plus des zones industrielles qui se développent un peu partout et de la dynamique hôtelière, etc».

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