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Ecole publique en danger ? La réforme inquiète les syndicats
Publié dans L'observateur du Maroc le 28 - 10 - 2025

Le 18 juin 2025, la Commission de l'enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des représentants avait rendez-vous avec le ministre de l'Education nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada. Objet de cette entrevue ? La présentation détaillée du projet de loi n°59.21 relatif à l'enseignement scolaire. Un texte qui vise à unifier, actualiser et moderniser l'ensemble du cadre législatif encadrant l'éducation au Maroc.
Une réforme globale
Le dit texte propose en effet de regrouper trois lois déjà existantes concernant l'enseignement fondamental, le préscolaire et l'enseignement privé, dans un seul cadre cohérent. En toile de fond, il s'agit d'adapter l'école marocaine aux nouvelles réalités sociales et économiques, tout en s'inscrivant dans la continuité de la loi-cadre n°51.17 et de la feuille de route 2022–2026 pour la réforme de l'éducation, comme l'avait expliqué le ministre lors de sa présentation devant la commission parlementaire.
Composé de 113 articles répartis en dix chapitres, le projet définit une architecture claire: scolarisation obligatoire, gouvernance des établissements, ingénierie pédagogique, formation des enseignants, partenariats public-privé et pour finir modalités de financement.
Lutte contre le décrochage
Au cœur du texte, la généralisation de la scolarité obligatoire de 4 à 16 ans constitue l'un des piliers majeurs de ce projet de loi. L'Etat veut ainsi garantir à tous les enfants, sans distinction, un accès à une éducation de base complète. Le dit projet prévoit également des mécanismes d'inclusion pour les enfants non scolarisés, par le biais de programmes alternatifs ou de formations professionnelles adaptées.
Autre priorité : La prévention du décrochage scolaire, avec la création d'un système national de détection précoce et le renforcement des écoles communautaires, notamment dans les zones rurales. Sur le plan pédagogique, la réforme prône une révision continue des programmes et le développement d'une ingénierie linguistique alignée sur les orientations nationales.
Dans sa présentation, le ministre a évoqué un point crucial : Chaque établissement devrait disposer de son projet d'école, d'un règlement intérieur et d'une association de parents d'élèves. Nouveauté notable : la mise en place d'une assurance scolaire obligatoire pour tous les élèves, couvrant les incidents survenus à l'intérieur et à l'extérieur des établissements.
Autonomie et gouvernance locale
Le projet défendu par Berrada met aussi l'accent sur la décentralisation et l'autonomisation des établissements scolaires, considérées comme des leviers d'efficacité et de responsabilisation. Décryptage ? Des comités de coordination provinciaux seront créés pour améliorer la gouvernance et harmoniser les interventions des différentes structures locales.
En parallèle, les académies régionales verront leur rôle renforcé dans la gestion des litiges familiaux liés à la scolarisation, en cohérence avec le Code de la famille. Enfin, le texte encourage la diversification des sources de financement et le développement des partenariats public-privé, dans l'objectif affiché de soutenir la qualité et l'innovation au sein des écoles.
La CDT s'alarme
Mais cette réforme, présentée par le gouvernement comme une refondation nécessaire du système éducatif, ne fait pas l'unanimité. Le Syndicat national de l'enseignement (SNE), affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), exprime un refus catégorique du projet, qu'il juge « régressif et porteur d'inégalités sociales ».
Dans un communiqué rendu public dimanche, pour commencer le syndicat accuse le gouvernement d'avoir transmis unilatéralement le texte au Parlement, sans consultation des acteurs concernés. Une démarche perçue comme « un recul du dialogue social et une violation de la méthodologie participative prônée par les pouvoirs publics », déplore le SNE.
De plus, pour le syndicat, ce projet est en contradiction avec les principes de « l'Etat social » et risque de déstabiliser un système éducatif déjà fragilisé. Le SNE dénonce « une précipitation dans l'adoption du texte, alors même que la société marocaine connaît une forte demande de services publics renforcés, notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé », détaille le communiqué.
Ecole Vs logique du marché
Mais l'un des points les plus controversés du projet de loi reste la diversification du financement et les partenariats public-privé. Ces derniers sont perçus par le SNE comme « une porte ouverte à la marchandisation de l'éducation ». Le syndicat redoute en effet une privatisation progressive de l'école publique, alimentée par la création du concept d'«écoles partenaires» et l'absence de mention explicite du principe de gratuité.
Selon la CDT, ces orientations pourraient permettre à l'Etat d'imposer, à terme, des contributions familiales ou des frais de scolarité, remettant en cause l'un des fondements du modèle éducatif marocain : la gratuité pour tous et l'égalité des chances. Autre source d'inquiétude pour le SNE : la précarisation du personnel éducatif, notamment dans le préscolaire et les dispositifs de rattrapage, que le syndicat estime menacés par des contrats flexibles et un manque de garanties sociales.
Sauver l'école publique
Face à ce qu'il considère comme une « dérive libérale », le SNE appelle à la mobilisation nationale. Le syndicat invite ainsi l'ensemble « des forces vives du pays : syndicats, partis progressistes, associations, fédérations de parents d'élèves et organisations étudiantes, à former un front commun pour défendre une école publique gratuite, inclusive et de qualité ». Pour conclure, il demande « le retrait immédiat du projet de loi du Parlement et l'ouverture d'un dialogue national inclusif sur la réforme éducative ».
Entre la volonté du gouvernement de moderniser le système scolaire et les craintes syndicales d'un désengagement progressif de l'Etat, le projet de loi 59.21 met en lumière les tensions autour de l'avenir de l'école marocaine. Au-delà des divergences, il soulève une question centrale : quelle école pour quel modèle de société ? Entre la nécessité de moderniser et celle de préserver l'équité, ce débat épineux autour de la réforme de l'éducation s'impose plus que jamais. A suivre !


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