Le fait marquant du congrès national extraordinaire du Rassemblement national des indépendants, tenu samedi à El Jadida, aura été sans conteste l'élection de Mohamed Chouki à la tête du parti. Membre du bureau politique, président du groupe parlementaire du RNI et candidat unique à la présidence, Chouki succède à Aziz Akhannouch avec un score sans équivoque : 1 910 voix sur 1 933 suffrages exprimés, contre 23 bulletins nuls. Un résultat interprété, au sein du parti, comme l'expression d'une forte unité interne et d'un choix démocratique clair dans la gestion des responsabilités. Ce congrès s'est tenu dans un contexte national marqué par la complexité des défis économiques et sociaux, mais aussi par une montée perceptible des attentes citoyennes vis-à-vis des formations politiques. Dans ce cadre, la direction du RNI a tenu à présenter cette transition non comme une rupture, mais comme un renouvellement dans la continuité, fidèle à l'ADN organisationnel du parti. Dans sa première intervention après son élection, Mohamed Chouki a tenu à rappeler que le RNI n'est pas une formation conjoncturelle dans l'histoire politique marocaine, mais un acteur doté d'une trajectoire stable, d'une référence idéologique claire et d'une vision inspirée par l'orientation stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a souligné que la phase à venir exigera un renforcement de la cohésion interne, un renouvellement des élites partisanes et une poursuite résolue de l'engagement du parti sur les priorités économiques et sociales des citoyens. Tout en exprimant sa fierté de succéder à Aziz Akhannouch, Chouki a insisté sur le fait que cette transition constitue avant tout un transfert de responsabilité, porteur d'un signal politique fort confirmant le choix du RNI d'inscrire son évolution dans une logique de continuité institutionnelle. Il a également salué le bilan de son prédécesseur, estimant que sa présidence a consolidé la référence sociale-démocrate du parti, à travers une approche fondée sur la responsabilité, l'efficacité et la modestie. De son côté, Aziz Akhannouch a replacé la tenue de ce congrès dans une phase qu'il a qualifiée de délicate, tant pour le parti que pour le contexte national. Selon lui, le Maroc traverse une étape charnière nécessitant des formations politiques une capacité accrue à répondre aux enjeux économiques, sociaux et institutionnels. Il a rappelé que la crédibilité de l'action politique repose sur un engagement sérieux, une éthique de la responsabilité et la consolidation de la confiance entre citoyens et institutions. Revenant sur l'évolution organisationnelle du RNI, Akhannouch a évoqué le tournant du 29 octobre 2016, qui a marqué le début d'un vaste processus de réforme interne. Celui-ci s'est traduit, à partir de 2017, par la mise en place d'une structure modernisée reposant sur la démocratie interne, l'égalité des chances et l'intégration de toutes les sensibilités militantes. Cette dynamique a contribué à façonner l'identité du parti autour d'une référence à la démocratie sociale, fondée sur l'équilibre entre efficacité économique et justice sociale. Il a également mis en avant l'importance du travail de proximité, à travers les conférences régionales lancées dès 2018 et l'initiative « 100 jours, 100 villes », qui ont nourri l'élaboration du programme électoral de 2021. Après l'obtention de la confiance des électeurs, le parti a œuvré à la formation d'une majorité gouvernementale cohérente et solidaire, privilégiant le dialogue et la négociation afin de préserver les équilibres macroéconomiques tout en posant les bases de l'Etat social. Aziz Akhannouch a tenu à préciser que cette passation ne saurait être interprétée comme un désengagement, mais bien comme une transition pacifique et responsable, ouvrant la voie à une nouvelle génération de dirigeants et insufflant une dynamique renouvelée au parti. Une transmission qui, selon lui, s'inscrit dans une vision partagée, tournée vers la continuité des réformes et la construction du Maroc de demain.