A cause des risques qu'ils représentent pour les enfants, deux jeux vidéo populaires sont désormais dans le viseur du Parlement. Le député Rachid Hamouni, président du groupe du PPS (Parti du progrès et du socialisme) à la Chambre des représentants, a appelé à l'interdiction des jeux « Roblox » et « Free Fire » sur les réseaux Internet à l'échelle nationale. Cette demande a été formulée dans le cadre d'une question écrite adressée à Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration. Son objet ? L'interdiction de certaines plateformes de jeux électroniques ouvertes au public en ligne, en tête desquelles « Roblox » et « Free Fire ». Un appel que le parlementaire justifie par ce qu'il qualifie de « risques extrêmes pour les enfants et les adolescents ». Contenu dangereux Dans sa correspondance, le député souligne qu'un nombre croissant de pays ont opté pour l'interdiction totale ou l'encadrement strict de certains de ces jeux. Une mesure dictée par l'absence de distinction entre les sexes et les tranches d'âge, ainsi que les répercussions psychologiques graves pouvant affecter les utilisateurs, argumente Hamouni. Ce dernier évoque également des cas de diffusion de contenus inappropriés auprès des enfants et des jeunes, incluant des thématiques à caractère sexuel, violent ou comportant des insinuations jugées inadaptées. Autre point soulevé : le système de fonctionnement de ces deux jeux. Ce dernier ne prévoit pas de restrictions suffisantes quant aux interactions entre mineurs et adultes. Risques multiples Une situation qui, selon lui, accroît les risques d'exploitation, d'incitation ou de manipulation des plus jeunes. Il évoque par ailleurs des cas d'escroquerie et de comportements à risque liés au vol de monnaies virtuelles, ou encore à des pratiques de « phishing ». Hamouni alerte aussi sur l'usage de ces jeux pour simuler des comportements contraires aux valeurs humaines, banalisant, selon lui, la violence, le pillage ou encore le suicide. Pour le président du groupe PPS, le débat ne doit plus rester confiné à la sphère familiale. Il appelle à le porter dans l'espace public afin de sensibiliser aux dangers que représente cette exposition numérique sur le présent et l'avenir de la société, tout en mettant en garde contre le phénomène de l'addiction digitale et ses effets sur la cohésion familiale. Mesures urgentes Dans ce sens, il plaide pour l'interdiction de « Roblox » et « Free Fire » sur les réseaux Internet au Maroc, afin de protéger les enfants et les adolescents des risques liés aux communications ouvertes et à leurs répercussions sociales et comportementales, à l'image de plusieurs pays ayant procédé à des interdictions officielles ou à la désactivation des fonctions de discussion intégrées aux jeux. En conclusion, le député s'interroge sur les mesures urgentes que le ministère compte prendre pour empêcher l'accès à ces deux jeux en ligne au Maroc, au regard des dangers qu'ils représenteraient pour les enfants, les adolescents, la cohésion des familles marocaines et le bon déroulement de la socialisation.