À partir de 2026, Ford deviendra partenaire technique de Oracle Red Bull Racing dans le cadre du programme Red Bull Ford Powertrains. L'engagement dépasse largement la visibilité d'un sponsor. Le groupe américain participera activement au développement du nouveau groupe motopropulseur hybride qui équipera les monoplaces sous la future réglementation. La Formule 1 s'apprête en effet à entrer dans une nouvelle ère technologique, avec des moteurs plus efficients, une électrification renforcée et une place accrue accordée aux carburants durables. Ford apportera son expertise en ingénierie électrique, en systèmes haute tension et en logiciels de gestion énergétique, des compétences devenues centrales dans l'industrie automobile contemporaine. Pour Will Ford, ce partenariat illustre la continuité d'une vision industrielle. « Nous ne revenons pas pour apposer un logo, mais pour construire une technologie qui façonnera l'avenir », résume-t-il en interne. Ce retour symbolise ainsi l'évolution du championnat vers des solutions plus modernes, plus efficaces et résolument tournées vers l'avenir. Ford arrive avec de nouveaux moteurs hybrides de Formule 1, qui seront utilisés à partir de 2026. 1901, la course fondatrice Pour comprendre la portée de ce retour, il faut remonter à octobre 1901. Ce jour-là, Henry Ford prend le départ d'une course à Grosse Pointe au volant d'une voiture artisanale baptisée Sweepstakes. Il n'est ni pilote chevronné ni favori. Mais sa victoire agit comme un déclencheur. Elle attire des investisseurs et permet, deux ans plus tard, la création de la Ford Motor Company. « Cette victoire n'a pas seulement offert un trophée à mon arrière-arrière-grand-père, elle a permis la naissance de l'entreprise », rappelle Will Ford. Depuis cet épisode fondateur, la compétition constitue l'ADN brut de la marque. Elle n'est pas un simple terrain d'expression sportive, mais le point de départ d'une aventure industrielle. La piste comme champ d'exigence Vingt-deux ans après son retrait de la Formule 1 en tant que motoriste, Ford revient avec l'ambition de viser les sommets. À l'approche du Grand Prix d'Australie 2026, ce retour est perçu comme un retour aux fondamentaux. À Dearborn comme à Milton Keynes, les ingénieurs travaillent depuis des mois sur un groupe motopropulseur qui représente un défi technologique majeur. La F1 impose un engagement total, fait de nuits sans fin et d'obstacles techniques permanents. Pour Will Ford, réduire la discipline à un simple laboratoire serait une erreur. « La piste est un champ de bataille. C'est là que se forgent les technologies les plus robustes », affirme-t-il. De la Formule 1 à la route Les avancées développées pour la Formule 1 ne restent pas confinées aux paddocks. Elles irriguent l'ensemble des programmes sportifs et des véhicules de série du constructeur. Le Ford Raptor T1+ engagé sur les terrains du Dakar, les Mustang alignées au Mans ou encore les pick-up Raptor présents en Baja bénéficient de cette culture de la performance sous pression. Les systèmes haute tension et les logiciels de batterie conçus pour 2026 constitueront également la base technologique des futurs modèles électrifiés destinés aux clients. Selon Will Ford, « chaque kilomètre parcouru en compétition est un investissement direct pour les conducteurs Ford ». Une ambition assumée Pour Ford Racing, ce retour en Formule 1 ne se résume pas à une quête de trophées. Il s'agit d'une quête de progrès. Lorsque les monoplaces s'aligneront sur la grille de Melbourne, elles porteront à la fois l'héritage de 1901 et l'ambition technologique de demain. La concurrence s'annonce redoutable, mais le respect de l'adversité fait partie intégrante de la culture du sport automobile. « On peut gagner ou perdre avec dignité. Ce que nous ne faisons jamais, c'est renoncer à repousser les limites », conclut Will Ford. Après vingt-deux ans d'attente, l'Ovale Bleu retrouve la Formule 1. Une nouvelle page s'ouvre, fidèle à l'esprit qui a vu naître la marque : la course comme moteur du progrès.