Le Kenya franchit une nouvelle étape dans la modernisation du contrôle routier. La National Transport and Safety Authority (NTSA) a annoncé, la mise en service d'un système automatisé de gestion du trafic routier capable de détecter les infractions et d'émettre des amendes instantanées. Grâce à des caméras intelligentes, les contrevenants sont désormais identifiés automatiquement et informés par SMS, sans intervention humaine directe. Les autorités présentent cette réforme comme un moyen de renforcer l'efficacité, la transparence et la sécurité routière. Le lendemain, la NTSA a publié une liste de 35 infractions routières assorties d'amendes immédiates. Les sanctions vont d'un simple avertissement pour un léger excès de vitesse à 10 000 shillings kényans (environ 77 dollars) pour des infractions plus graves, comme l'excès de vitesse, le stationnement gênant, l'absence de limiteur de vitesse sur les véhicules de transport en commun ou commerciaux, ou encore la conduite sans certificat de contrôle technique valide. D'autres manquements sont également concernés, notamment le non-respect des feux de signalisation, la circulation sur les trottoirs ou les passages piétons et le non-port de la ceinture de sécurité. Les automobilistes disposent de sept jours pour régler leur amende, sous peine de pénalités et d'un possible blocage de l'accès aux services de la NTSA. Une stratégie technologique déployée depuis plusieurs années La mise en place de ce système automatisé s'inscrit dans une série de réformes technologiques engagées par le gouvernement kényan depuis 2020. Le pays a notamment introduit un permis de conduire sous forme de carte intelligente, équipée d'une puce électronique contenant les données d'identité du conducteur, ses empreintes digitales, sa photographie et d'autres informations biométriques. En 2022, le Kenya a également lancé des plaques d'immatriculation de seconde génération, souvent décrites comme des plaques « numériques » sécurisées, intégrant plusieurs dispositifs de traçabilité permettant d'identifier plus facilement les propriétaires des véhicules. En 2024, les autorités ont fait des caméras de vitesse et de la vidéosurveillance un pilier de leur stratégie nationale de sécurité routière. Après une phase pilote la même année, leur déploiement doit s'étendre en 2026 dans six grandes villes du pays, à l'initiative du président William Ruto. Le croisement de ces technologies — permis biométriques, plaques sécurisées et caméras intelligentes — permet désormais aux autorités d'identifier plus rapidement les véhicules en infraction, de relier ces infractions à un conducteur ou à un propriétaire et de constituer un historique de conduite exploitable par l'administration. En plaçant les routes sous la surveillance de caméras intelligentes et en transformant le SMS en procès-verbal, le Kenya affiche une ambition claire: réduire les infractions, limiter les contacts propices à la corruption et améliorer la sécurité routière. Selon les données du National Council on the Administration of Justice (NCAJ), le pays a enregistré 5.009 accidents de la route en 2025, contre 4.748 en 2024.