Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette stratégie est appelée à servir de cadre de référence pour l'ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre la malnutrition et l'insécurité alimentaire dans le pays. Elle doit notamment contribuer à améliorer l'allocation et l'utilisation des ressources tout en renforçant la responsabilité des institutions dans la mise en œuvre des priorités nationales en matière de nutrition. Cette initiative intervient alors que plusieurs indicateurs nutritionnels restent préoccupants. D'après UNICEF, le taux de retard de croissance au Bénin atteint 36,5 %, tandis que la malnutrition aiguë touche 8,3 % des enfants de moins de cinq ans, selon les résultats de l'enquête MICS 2021-2022. En outre, environ 17 % des nouveau-nés présentent un faible poids à la naissance, et près de 55 % des décès infantiles dans le pays seraient liés à la malnutrition. Pour répondre à ces défis, les autorités béninoises ont progressivement renforcé le cadre institutionnel dédié à la nutrition. C'est dans cette optique qu'a été créée l'Agence nationale de l'alimentation et de la nutrition, chargée de promouvoir une alimentation saine, d'améliorer l'état nutritionnel de la population et de prévenir les maladies liées à l'alimentation. Malgré ces avancées, les ressources budgétaires consacrées à la nutrition restent limitées. Selon l'UNICEF, elles ont représenté en moyenne 1,5 % du budget de l'Etat entre 2017 et 2023, un niveau inférieur à l'objectif recommandé par la Fédération des sociétés africaines de nutrition, qui préconise d'allouer au moins 3 % des dépenses publiques à ce secteur. L'organisation estime néanmoins que le Bénin dispose d'une marge budgétaire suffisante pour financer une couverture nutritionnelle universelle en faveur des enfants de moins de cinq ans et de leurs mères. Sur la période 2023-2027, le pays pourrait mobiliser près de 376,52 milliards de francs CFA, soit environ 684,58 millions de dollars, pour atteindre cet objectif.