Le Conseil de la ville de Casablanca serre la vis. Un nouveau cahier des charges encadrant le contrat de gestion déléguée du transport des défunts musulmans dans la capitale économique vient d'être dévoilé. Assainir le secteur Cette réforme s'inscrit dans le renforcement du cadre juridique régissant les services communaux (loi organique 113.14) et dans une volonté affichée d'instaurer les principes de bonne gouvernance dans un secteur longtemps marqué par des pratiques jugées anarchiques. En ligne de mire : mieux protéger les familles, préserver la dignité des défunts et imposer des règles claires aux opérateurs. Pour Karim Klaïbi, membre du Conseil de la ville, il s'agit de professionnaliser un service public crucial, tout en respectant les spécificités religieuses propres au contexte marocain. Dans le détail, le nouveau cahier des charges entend mettre fin à l'anarchie en imposant une réglementation tarifaire pour éviter toute exploitation des familles en deuil. Il prévoit également des conditions techniques et sanitaires strictes, avec une flotte moderne et un service assuré 24h/24. Règles strictes Le dispositif fixe un cadre clair. Seuls vingt opérateurs seront autorisés à exercer, sélectionnés sur la base de la concurrence. Priorité sera donnée aux entreprises déjà implantées à Casablanca et ayant une relation contractuelle avec la commune, suivies des sociétés autorisées dans les communes avoisinantes ou justifiant d'au moins cinq ans d'expérience dans d'autres villes. La durée du contrat de gestion déléguée est fixée à dix ans, renouvelable. Une éventuelle prolongation sera conditionnée par le niveau d'investissement, la qualité des équipements et la bonne exécution du service. Le délégataire devra également verser une redevance annuelle à la commune, dont le montant sera défini contractuellement. Toute activité en dehors de ce cadre est désormais interdite. Tarifs plafonnés C'est l'un des changements majeurs. Le cahier des charges instaure désormais une grille tarifaire maximale unifiée afin d'éviter toute exploitation des usagers : * 500 DH : transport du domicile, de la mosquée ou de l'hôpital vers le cimetière * 700 DH : pour le transport du domicile à la mosquée puis au cimetière * 800 DH : trajets incluant la morgue ou plusieurs étapes Pour les transports hors du territoire communal, la tarification est fixée au kilomètre (aller-retour) : * 9 DH/km pour moins de 100 km * 8 DH/km entre 100 et 200 km * 7 DH/km au-delà de 200 km Fournitures funéraires : prix encadrés Le texte prévoit également des plafonds pour certaines fournitures et prestations, afin de limiter les abus dans des moments de grande vulnérabilité : * Cercueil en bois (adulte) : 800 DH * Cercueil en bois (enfant) : 400 DH * Cercueil en zinc et bois (adulte) : 1 400 DH * Cercueil en zinc et bois (enfant) : 800 DH * Filtre mortuaire : 600 DH * Produits de préparation du défunt : 300 DH Exigences techniques, contrôle et sanctions Les sociétés délégataires devront disposer d'au moins quatre véhicules de moins de cinq ans, équipés conformément aux normes sanitaires. Le personnel devra porter une tenue uniforme et faire l'objet d'un suivi médical semestriel. Le service devra être assuré en continu, 24h/24 et 7j/7, y compris les jours fériés. L'exploitation sera soumise au contrôle d'une commission de suivi réunissant la commune, les autorités locales, la sûreté nationale et les services d'hygiène, avec des évaluations régulières. Des amendes sont prévues en cas de non-respect des règles, notamment en cas de non-affichage des tarifs, d'entrave aux contrôles ou de manquement aux exigences de sécurité et de maintenance. Les infractions graves peuvent aller jusqu'à la résiliation du contrat de gestion déléguée, conclut le Conseil de la ville.