Alors que l'hiver dans la région du Al Haouz n'a jamais été aussi pluvieux, on assiste à un « printemps du miracle », ce moment de bascule où la nature après des années de sècheresse, explose de vie, où la pluie sature les couleurs et sublime les paysages. Une transformation soudaine et merveilleuse dont la fleur d'oranger est l'incarnation physique. Les bigaradiers s'habillent de points blancs irrigués par les eaux du ciel qui au contact du soleil deviennent des fleurs immaculées libérant un parfum enivrant se répandant dans toute la ville. Cette fleur est bien plus qu'une simple floraison, elle est le symbole universel du passage de l'ombre à la lumière. Elle incarne un renouveau qui ne renie pas le passé: sur un même arbre, on peut observer simultanément les fruits de l'année précédente, les boutons naissants et les fleurs épanouies, liant ainsi chaque cycle au suivant. Pour marquer ce renouveau miraculeux, le moussem de la fleur d'oranger, propose un programme d'activités culturelles riche et itinérant. Une reconnaissance internationale consolidée La Zahria de Marrakech, portée par les femmes et gardienne d'une tradition séculaire, ne célèbre pas seulement un parfum, mais la force d'un patrimoine immatériel désormais inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel du monde islamique (ICESCO, reconnaissance internationale majeure qui valide la valeur historique et culturelle du moussem. Une reconnaissance internationale qui renforce l'ambition de l'Association Al Muniya - déjà agréée par l'UNESCO en tant qu'ONG experte- pour un futur classement au patrimoine mondial de l'humanité. Un colloque sur la nouvelle loi sur la protection du patrimoine du Maroc L'un des piliers de cette édition sera le Colloque du vendredi 3 avril consacré à la loi 33-22 promulguée en juin 2025 et organisé avec le collectif Maroc Mémoire regroupant 10 associations oeuvrant pour le patrimoine national. Le nouveau cadre légal de protection du patrimoine établit, pour la première fois, le principe d'une coordination institutionnelle obligatoire entre les administrations concernées, les collectivités territoriales, la société civile et le secteur privé, alors qu'auparavant la coopération reposait sur des accords circonstanciels et non contraignants. Avec cette nouvelle loi, le patrimoine n'est plus seulement l'affaire de l'Etat, mais celle des citoyens organisés. Dans cet élan, la création d'un Comité d'experts composé d'architectes, historiens, urbanistes et experts des industries culturelles sera annoncée lors de la "Journée du Riad", autre nouveauté de cette édition, visant à protéger ce paradigme architectural unique de la Médina à l'origine même du tourisme de Marrakech. La mission du comité sera claire : veiller à la préservation et à la pérennité de l'habitat traditionnel, véritable âme de la cité ocre. Un moussem itinérant, de l'université de Benguerir à la vallée de l'Ourika Pour la première fois, le moussem sortira des murs de la médina pour irriguer toute la région : célébration scientifique et sensorielle avec Khalid Bitar, expert en parfum et Valérie Ogé, olfactothérapeute à l'UM6P Benguerir, organisation du cérémonial de la distillation à l'école Supérieure de technologie de Kelaâ des Sraghna en partenariat avec l'université Cadi Ayyad. Dans le Grand Atlas, le cérémonial de la distillation sera présenté à Setti Fadma au Complexe pédagogique rural Aghbalou regroupant 1600 élèves, une visite de la forêt expérimentale de cèdre sera organisée en présence de Mr Said Chbaattou, ex-ministre des eaux et forêts. Une programmation riche de 22 jours d'activités Le moussem sera ponctué d'évènements : cérémonie de la distillation dans des établissements scolaires et des lieux emblématiques de Marrakech (Dar Cherifa, Riad 1112, Médina Heritage, Les Jardins de la Médina, Place Jamaa El Fna, Musée Farid Belkahia...), ateliers de tissage à la Maison Culturelle du Tapis sous la direction de Mireille Loopuyt, atelier du pain dans la culture et l'histoire islamique sous la direction du Pr Francesco Chiabott, récits de chevaliers par le conteur Mohammed Bariz, rencontres littéraires autour du roman « Oulou Baqia » d'Abdelilah Benarafa et de l'ouvrage « Le voyage, la musique et le fil d'Ariane » de Marc Loopuyt, interludes musicaux (concert de luth dans le cadre enchanteur du Musée Farid Belkahia, Samaa de l'ensemble Ibn Al Arif sous la direction de Shaykh Idris Souabni...).