La place casablancaise a tenu sa date. Lundi 6 avril, comme annoncé en février, le marché à terme a ouvert ses portes avec son premier contrat Future sur l'indice Masi 20. Ce simple respect du calendrier est en soi un signal puissant aux investisseurs. Il veut dire que la parole des autorités financières a valeur d'engagement. C'est peut-être la première victoire, discrète mais essentielle, de ce nouveau compartiment. Mais une séance ne fait pas un marché. Les 33 transactions et les 17 MDH de la première journée sont honorables, mais le vrai test commence maintenant. Car le marché à terme n'est ni un galon d'apparat, ni un gadget spéculatif destiné à enflammer les salles de marché. C'est un outil de couverture, une assurance contre les aléas d'un marché actions devenu plus volatil. Sa vocation est de permettre aux investisseurs de sécuriser leurs positions, de diversifier leurs stratégies et de prendre des vues à la hausse comme à la baisse. Pas de multiplier les paris à effet de levier. C'est certainement pour cela que le compartiment ne se massifiera pas du jour au lendemain. Il suppose un apprentissage, des procédures éprouvées et une appropriation progressive par l'ensemble de la chaîne, des investisseurs jusqu'aux intermédiaires. Et c'est précisément sur ce terrain que les trois à six prochains mois seront décisifs. La question des dépôts de garantie et des appels de marge, l'activation des prêts-emprunts de titres ou encore le balisage de la fiscalité restent des verrous techniques à lever rapidement pour compléter le processus. Le lancement réussi ne doit pas tourner à l'occasion manquée. Les investisseurs attendent de voir si le marché à terme saura tenir ses engagements sur la durée, et d'autres dossiers d'agrément sont aussi attendus. Les mois qui viennent doivent confirmer la promesse. Et la difficulté commence maintenant ! Meriem Allam / Les Inspirations ECO