Interrogé sur l'état des relations bilatérales, Richard Duke Buchan insiste sur leur profondeur historique et leur densité actuelle : « La relation a 250 ans... elle est basée sur plusieurs facettes », précise-t-il, citant notamment les dimensions économique, militaire et éducative. Il souligne ainsi l'intensité des échanges commerciaux entre les deux pays, mais aussi la solidité de la coopération militaire, illustrée notamment par l'exercice African Lion qui réunit près de « 6 500 soldats du monde entier ». « Le Maroc est notre allié le plus fort en Afrique », affirme l'ambassadeur. Le diplomate américain a également placé le Sahara marocain au cœur de sa lecture stratégique du partenariat bilatéral. Dans son discours inaugural comme dans ses déclarations à notre média, le diplomate a souligné que les investissements américains s'étendent du nord au grand sud du Royaume, réaffirmant ainsi un engagement couvrant l'ensemble du territoire national. Il a aussi rappelé le soutien de Washington au plan d'autonomie, qu'il a lié à une dynamique de prospérité et de développement dans les provinces du Sud. Dans sa déclaration à L'Observateur du Maroc et d'Afrique, il a insisté sur le travail mené avec les autorités marocaines autour de cette question, en évoquant la résolution 2797 adoptée aux Nations Unies en octobre dernier, présentée comme un point d'appui dans la consolidation de cette orientation. Il a notamment réaffirmé l'engagement des Etats-Unis en faveur du plan d'autonomie marocain, qualifié de « priorité » pour l'administration américaine. « Nous avons consacré beaucoup de temps à cette question... pour s'assurer que le plan d'autonomie marocain soit mis en place tel que souhaité par les Etats-Unis », souligne-t-il, évoquant un travail diplomatique soutenu avec les autorités marocaines et les partenaires internationaux. « Les entreprises américaines veulent contribuer à révéler le potentiel économique du Sahara marocain », avait lancé le diplomate devant le large auditoire de la session inaugurale du GITEX, présidée par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, et marquée par la présence de nombreuses personnalités marocaines et étrangères. Dans le même sens, Richard Duke Buchan annonce au micro de L'Observateur du Maroc et d'Afrique des perspectives prometteuses. « Nous recevons beaucoup d'appels... des entreprises américaines veulent venir au Maroc pour faire plus d'affaires », affirme-t-il, évoquant une attractivité en nette accélération. Pour l'ambassadeur, cette dynamique est directement liée à l'amélioration de l'environnement des affaires impulsée par SM le Roi Mohammed VI, dont il salue « les stratégies... formidables et exceptionnelles ». De Tanger à Dakhla, le Royaume apparaît désormais comme une « terre d'opportunités », capable de générer de l'emploi et d'attirer des acteurs économiques de premier plan. Lors de son discours officiel, Richard Duke Buchan a rappelé que « les entreprises américaines concluent de véritables accords », insistant sur une approche fondée sur « trade, not aid » (le commerce et non l'aide), comme l'a préconisé le Souverain. Un positionnement clair, qui privilégie les investissements directs, durables, dans des secteurs clés tels que l'intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud ou encore les infrastructures numériques. Pour lui, la montée en puissance du Maroc comme hub régional s'impose comme une évidence. Devant les nombreux participants venus de plus de 130 pays réunis à Marrakech, le diplomate a salué un pays qui « façonne l'avenir numérique », porté par des infrastructures en expansion, une jeunesse formée aux technologies de pointe et une stabilité reconnue par les investisseurs. À l'approche de grands rendez-vous internationaux, dont la Coupe du monde 2030, le Royaume confirme ainsi son positionnement stratégique à l'échelle continentale et globale. Au-delà des considérations géopolitiques et économiques, le diplomate livre, à la fin de sa déclaration à notre média, une appréciation plus personnelle, témoignant d'un attachement ancien au Royaume : « Je viens ici depuis 43 ans avec mes proches... c'est un pays magnifique ». Une déclaration qui, à elle seule, illustre la profondeur d'un lien qui dépasse les seules logiques institutionnelles pour s'inscrire dans une relation humaine durable et résolument tournée vers l'avenir.