S'exprimant à l'issue du vote, le président du Parlement, Datouo Théodore, a annoncé l'adoption du texte à la majorité absolue, en attendant sa promulgation par le chef de l'Etat. Cette réforme marque une évolution significative de l'architecture institutionnelle du pays. Selon le ministre d'Etat chargé de la Justice, Laurent Esso, cette révision vise à améliorer le fonctionnement de l'Etat. Le futur vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République, et exercera ses fonctions dans le cadre des délégations qui lui seront confiées, sans remettre en cause la primauté du chef de l'Etat. La réforme modifie plusieurs dispositions clés de la Constitution, notamment les articles 5, 6, 7, 10, 53 et 66. Elle introduit surtout un changement majeur dans le mécanisme de succession : en cas de vacance du pouvoir, le vice-président assurera désormais automatiquement la continuité du mandat présidentiel. Il remplace ainsi le président du Sénat, qui assumait jusqu'ici l'intérim avant l'organisation d'une nouvelle élection. Pour Datouo Théodore, cette réforme ouvre la voie à « un nouveau départ » pour le Cameroun, en renforçant l'unité, la stabilité et la capacité du pays à faire face aux défis contemporains. Cependant, cette évolution suscite des interrogations au sein de la classe politique. Certains s'interrogent sur la légitimité démocratique d'un vice-président non élu, ainsi que sur les implications d'un mécanisme de succession désormais entièrement internalisé au sein de l'exécutif. Si certains analystes y voient un facteur de stabilité institutionnelle, d'autres redoutent un renforcement excessif du pouvoir exécutif. Malgré ces réserves, le texte a été adopté avec une large majorité : 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions.