En marge du Salon international de l'agriculture, l'ONSSA détaille les principaux axes de son action. « Nous intervenons sur l'ensemble de la chaîne, de la santé animale au contrôle des produits alimentaires, en passant par l'importation et le marché national », explique Abdelghani Azzi, Directeur du Contrôle des produits alimentaires chez l'ONSSA. Une mise à niveau progressive des abattoirs Au cœur des priorités figure la modernisation des infrastructures d'abattage. Aujourd'hui, le Maroc compte 19 abattoirs agréés selon les normes sanitaires en vigueur. Un chiffre appelé à évoluer dans le cadre de la stratégie « Génération Green », avec un objectif d'extension à l'horizon 2030. Parallèlement, 475 abattoirs sont actuellement contrôlés par l'ONSSA, dont une grande partie correspond à des structures traditionnelles opérant notamment dans les souks hebdomadaires. « Dans ces unités agréées, la viande est préparée sous contrôle vétérinaire et peut être commercialisée à l'échelle nationale avec un étiquetage garantissant son origine », précise Abdelghani Azzi. Face à des consommateurs de plus en plus exigeants, la traçabilité s'impose comme un enjeu central. L'ONSSA met en avant un système national d'identification des animaux, déjà opérationnel dans les élevages, qui permet de suivre les parcours des bêtes tout au long de leur cycle de vie. L'objectif est de garantir une traçabilité complète, « de l'élevage jusqu'à l'assiette », en intégrant également le suivi des mouvements d'animaux, des abattages et des mortalités. Le développement des abattoirs agréés constitue, à ce titre, un levier clé pour renforcer cette chaîne de contrôle. Sur le plan sanitaire, les autorités se veulent rassurantes. « L'état sanitaire du cheptel est très satisfaisant », affirme le responsable, mettant en avant les dispositifs de surveillance épidémiologique et les campagnes de prophylaxie menées régulièrement. Ce suivi repose sur une coordination étroite entre les services vétérinaires de l'ONSSA, les autorités locales et les vétérinaires privés, dans le cadre de programmes planifiés tout au long de l'année. Importations sous haute vigilance Le contrôle ne s'arrête pas aux frontières nationales. L'importation d'animaux vivants ou de viandes fait l'objet de procédures strictes, incluant une évaluation préalable des risques sanitaires dans les pays exportateurs. Les animaux importés sont soumis à des contrôles rigoureux aux points d'entrée, puis à une période de quarantaine avant leur intégration dans les élevages. « Ce n'est qu'après cette phase de contrôle que les animaux peuvent être libérés », souligne Abdelghani Azzi. La mise à niveau du secteur repose sur une mobilisation large des acteurs publics et professionnels. ministère de l'Intérieur, ministère de l'Agriculture, ONSSA et interprofessions collaborent pour améliorer les conditions sanitaires et structurer la filière. « À l'horizon 2030, l'ambition est de disposer d'un système de production et de distribution des viandes plus moderne, mieux encadré et pleinement aligné avec les standards de qualité et de sécurité attendus par les consommateurs », conclut Abdelghani Azzi.