Une vidéo documentant la performance de rituels religieux juifs devant Bab Doukkala à Marrakech a suscité une vive controverse. Alors que la communauté juive locale a décrit une prière comme spontané, les opposants à la normalisation l'ont perçu comme un acte provocateur sioniste qui entâche la signification symbolique du lieu. DR ‹ › Une vidéo montrant un groupe de Juifs en tenue religieuse accomplissant des rituels devant Bab Doukkala à Marrakech, ce mardi, a déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux, suscitant diverses interprétations et réactions. Sur ces images, on aperçoit plusieurs Juifs orthodoxes en prière près du mur historique de Bab Doukkala. Certains y ont vu une tentative symbolique de transformer le lieu en un nouveau «Mur des Lamentations», alimentant ainsi un vif débat en ligne autour de cet événement. Marrakech : Prières d'un groupe de religieux juifs devant un mur de Bab Doukkala?✡️??#Marrakech #BabDoukkala #Maroc #Judaïsme pic.twitter.com/U9MFolA14o — Yabiladi.com (@yabiladi_fr) April 22, 2026 Face à cette controverse, Jacky Kadoch, président de la communauté juive marocaine dans la région de Marrakech-Safi, a apporté des éclaircissements. Il a expliqué que les personnes concernées étaient des Juifs étrangers, membres de la secte des Haredim. Surpris par l'heure de la prière alors qu'ils se trouvaient dans ce quartier, ils ont dû prier devant le mur à Bab Doukkala. Kadoch a précisé que ces visiteurs étaient venus au Maroc pour des pèlerinages religieux et des visites de sites historiques, niant toute intention politique derrière cet incident. Il a également souligné l'absence de synagogue à proximité. Le groupe des Haredim est une secte juive ultra-orthodoxe, connue pour son interprétation littérale des textes religieux et son mode de vie traditionnel, rejetant la modernité. Nettoyage et manifestations Plus tôt dans la journée, plusieurs jeunes Marocains se sont rendus à Bab Doukkala pour nettoyer le site avec de l'eau et du savon, considérant que le lieu avait subi une «profanation». Dans ce même contexte, le Front de soutien à la Palestine et d'opposition à la normalisation à Marrakech a organisé une manifestation en soirée. Des dizaines de personnes y ont participé, brandissant des drapeaux palestiniens et condamnant l'incident. Selon la section locale du Front, cet événement n'était pas une simple pratique religieuse mais un «acte provocateur» aux visées de normalisation, menaçant la symbolique des sites historiques marocains. Le Front a affirmé que cette protestation visait à défendre la cause palestinienne et à rejeter ce qu'il a qualifié de «toutes les formes d'infiltration sioniste dans la société marocaine». De son côté, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement, a réagi avec prudence, déclarant qu'il ne disposait pas d'informations suffisantes pour en évaluer la nature. Il a rappelé que les Juifs font partie intégrante de la société marocaine depuis des siècles, ajoutant que les pratiques religieuses relèvent des instances officielles, notamment le ministère des Habous et des Affaires islamiques ainsi que le Palais royal.