Au cœur du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM), la participation australienne passe presque inaperçue. Un choix assumé, selon l'ambassadeur d'Australie au Maroc, Damien Patrick Donovan, qui évoque une présence « modeste » mais stratégique. « C'est une opportunité pour tester le SIAM et renforcer notre présence dès l'année prochaine », explique-t-il. Derrière cette présence mesurée se profile toutefois une ambition plus structurée. L'année 2026, qui marque le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, offre à Canberra l'occasion de relancer une coopération encore modeste, mais à fort potentiel de développement. Recherche agricole : un socle déjà actif La coopération entre le Maroc et l'Australie repose d'abord sur des partenariats scientifiques. L'ambassadeur met en avant le rôle d'une agence gouvernementale australienne spécialisée dans la recherche agricole internationale, engagée dans des collaborations avec des institutions telles que l'ICARDA et l'INRA au Maroc. Ces partenariats visent à renforcer les compétences et à développer des solutions adaptées aux contraintes communes, notamment dans les zones arides. « Nous avons des expériences différentes, mais nous faisons face aux mêmes défis », souligne-t-il, en référence au changement climatique et à la pression sur les ressources naturelles. Autre pilier de cette coopération naissante : la gestion de l'eau. L'entreprise australienne Rubicon, spécialisée dans les technologies d'irrigation, collabore déjà avec les autorités marocaines pour améliorer l'efficience des systèmes hydriques. Dans un contexte marqué par le stress hydrique, ce type de partenariat apparaît comme un levier concret pour optimiser l'usage de l'eau en agriculture, un enjeu partagé par les deux pays. Une coopération à renforcer Si les échanges commerciaux restent encore modestes, le SIAM est perçu comme une plateforme pour identifier de nouvelles opportunités. « C'est une occasion de développer à la fois les échanges commerciaux et la recherche », insiste l'ambassadeur. Au-delà des projets en cours, la volonté est claire : structurer une coopération plus dense, capable de répondre aux défis agricoles contemporains, notamment ceux liés au climat. L'agriculture en zones arides figure ainsi parmi les axes prioritaires, au croisement des expertises marocaines et australiennes. La présence australienne au SIAM traduit une stratégie progressive : tester, s'ancrer, puis accélérer. « Il est important de collaborer plus étroitement pour renforcer nos capacités face au changement climatique », conclut le diplomate.