Dans les allées animées du Salon International de l'Agriculture au Maroc (SIAM) à Meknès, les coopératives marocaines occupent une place de plus en plus visible. Produits du terroir, cosmétiques naturels, miel ou encore couscous artisanal : derrière chaque stand, des parcours entrepreneuriaux qui traduisent l'évolution d'un modèle économique en pleine structuration. Pour certaines, l'événement est devenu un rendez-vous incontournable. « C'est notre quatrième participation, et à chaque édition, c'est une nouvelle opportunité », confie une jeune coopérative spécialisée dans les cosmétiques naturels. Composée de jeunes ingénieures en écologie, elle mise sur des produits 100 % naturels pour se différencier sur un marché en pleine expansion. « Le SIAM nous permet de rencontrer de nouveaux clients, mais aussi d'échanger avec d'autres producteurs et de découvrir de nouvelles approches », expliquent ses fondatrices. Structuration et montée en puissance des filières Au-delà des initiatives individuelles, le SIAM reflète aussi une dynamique collective. Dans la filière apicole, les professionnels mettent en avant les avancées réalisées ces dernières années. « Ce projet s'inscrit dans le cadre du Plan Maroc Vert, avec pour objectif d'organiser le secteur, renforcer les capacités de production et améliorer les revenus des apiculteurs », souligne un représentant d'une union de coopératives. Pour ces acteurs, le salon constitue une vitrine stratégique. « Chaque année, il y a du nouveau, que ce soit dans nos produits ou dans notre manière de travailler. Le SIAM permet de découvrir le potentiel agricole du Maroc et les progrès réalisés », explique-t-il. L'un des faits marquants de cette édition reste l'ouverture internationale du salon. Les coopératives saluent la diversité des visiteurs et des exposants, venus d'Afrique et d'ailleurs. « Nous avons rencontré des participants du Sénégal, de Mauritanie... Il y a eu un vrai échange, même au niveau des produits », témoigne une coopérative de production de couscous et dérivés, représentant la région de Guelmim-Oued Noun. Ces interactions ouvrent de nouvelles perspectives de coopération, notamment en matière de commercialisation et de partage d'expériences. « C'est une occasion de créer des liens, de développer des partenariats et de faire connaître nos produits au-delà des frontières », ajoute-t-elle. Sur le terrain, une tendance se confirme : la montée en puissance des femmes et des jeunes dans le tissu coopératif. Plusieurs intervenants insistent sur la nécessité de renforcer leur accompagnement à travers la formation, le financement et l'appui aux initiatives entrepreneuriales. « Il faut multiplier ce type d'événements et soutenir davantage les coopératives féminines », plaide une participante, soulignant leur contribution croissante à l'économie locale et nationale. Côté affluence, les exposants sont unanimes : l'édition 2026 a connu un engouement exceptionnel. « L'affluence est très importante, parfois même au point que tout le monde ne peut pas visiter le salon », observe un professionnel. Porté par une campagne agricole favorable et des conditions climatiques plus clémentes, cet enthousiasme se reflète aussi dans l'état d'esprit des acteurs. « Cette année apporte de l'espoir. Elle permet de se projeter, de mieux se préparer aux défis futurs, notamment le stress hydrique », confie un exposant.