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Casablanca a soif de vert
Publié dans L'observateur du Maroc le 28 - 01 - 2010

Deux mètres carrés par habitant. C’est la superficie d’espace vert à laquelle a droit chacune des 5 millions d’âmes peuplant le Grand Casablanca. Loin, très loin devant les 12 m2 vitaux préconisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou encore les 20m2 de New-York, la grosse pomme verte. Est-ce cela qui explique les chiffres atterrants fournis par les autorités sanitaires et les ONG ? Statistiques selon lesquelles, pour ceux qui l’ignorent, 20% des Marocains souffrant de maladies respiratoires vivent à Casablanca (données de l’Association SOS tuberculose et maladies respiratoires), dont 16% des asthmatiques du pays et près de 53% des cas de rhinite allergique enregistrés dans le royaume. Une piètre qualité de l’air déplorée pareillement par la Direction de la météorologie nationale, qui évoque des pics de pollution de 100 microgrammes /m3 (contre 40 microgrammes/m3 maximum selon les normes de l’UE), dans une capitale économique regroupant plus de la moitié des industries nationales et plus du tiers du parc automobile marocain (soit plus de 600.000 véhicules, carburant à 80% au diesel bas de gamme). La tentaculaire métropole serait-elle sur le point de suffoquer sous l’effet conjugué des rejets toxiques et de l’insuffisance d’espaces verts ? Casanegra aurait-elle définitivement détrôné Casablanca ?
Contre-arguments
Quartier 2 mars. Les immeubles conquérants, tout de verre et de béton, prennent en sandwich les dernières villas coquettes, vestiges nostalgiques des familles de colons et de la petite bourgeoisie casablancaise qui habitaient autrefois ce quartier paisible et fleuri. Nichée derrière le bruyant boulevard Anoual, la Division Espaces verts et pépinières de la ville de Casablanca est un havre de verdure et de quiétude par cette matinée d’hiver ensoleillée. Omar Lasri, responsable de ladite division, est visiblement un homme excédé. En colère contre tous les nihilistes qui persistent à noircir les pages des canards locaux d’une encre de critique «destructive», qualifiant Casablanca de point sombre du pays : «Je défie quiconque de me citer une grande ville marocaine plus verte que Casablanca en dehors de Marrakech. En 2003, le Grand Casablanca comptait 300 hectares d’espaces verts publics. A fin 2009, nous en sommes à 350. Concernant le chiffre de 2m2 de verdure par habitant, celui-ci peut paraître négligeable, car il ne prend pas en compte le volume des plantations d’alignement existantes, en l’occurrence les arbres et autres végétaux plantés notamment sur les boulevards et les places publiques. Or il faut savoir qu’un arbre adulte absorbe autant de gaz carbonique et de matières toxiques, et libère autant d’oxygène qu’un hectare de pelouse. A la fin de l’année écoulée, Casablanca comptait 134.000 arbres, contre seulement 84.000 en l’an 2000. C’est dire l’effort consenti, non seulement du point de vue esthétique, visant à embellir la ville, mais aussi d’un point de vue scientifique, dans le sens où, depuis son entrée en fonction fin 2003, le Conseil de la ville s’évertue à améliorer le cadre de vie et à épurer l’air respiré par les Casablancais», soutient Omar Lasri.
Et le responsable des Espaces verts de la métropole de défendre les réalisations de Mohammed Sajid et de son équipe, chiffres détaillés à l’appui. D’après Omar Lasri, 50 hectares de nouveaux parcs et jardins viennent ainsi d’être ouverts au public, dont 15 hectares à Aïn Sebaâ (1re tranche), 4 hectares à Aïn Chock et 15 autres à Sidi Othmane.
«De manière générale, avant 2003, rien ou presque rien n’a été réalisé depuis le Protectorat français. Même dans le cadre de l’ancien schéma directeur datant de la fin des années 80, à l’image d’autres équipements publics (écoles, dispensaires, maisons de jeunes, etc.), quasiment aucun nouvel espace vert ou parc public n’a vu le jour. Car la ville n’avait pas les moyens, en raison d’une mauvaise allocation des ressources ou encore que les espaces verts n’étaient pas considérés comme une priorité par les élus locaux. Quoi qu’il en soit, un statu quo auquel le nouveau Conseil de la ville a mis fin, conscient du rôle majeur et croissant joué par les parcs et autres jardins publics dans le bien-être physique et mental des citoyens et dans la qualité de vie urbaine», explique O. Lasri Une voie parmi d’autres, adoptées dans le cadre du nouveau schéma directeur (2006-2010), et ambitionnant de réconcilier les Casablancais avec leur ville natale ou d’adoption, cette métropole qu’ils aiment d’un amour inconditionnel, mais qu’ils craignent de voir dévorée par le béton et le bitume… Des rumeurs circulant même sur les visées mercantilistes de certains promoteurs immobiliers sur les parcs historiques de Casablanca. Une allégation qui fait monter illico le responsable précité au créneau: «Que ce soit le Parc de la Ligue Arabe, le Jardin de Murdoch (rebaptisé l’ISESCO), le Parc de l’Hermitage (18 hectares, et qui rouvrira en mars 2010) ou encore celui de Belvédère, pour ne citer que les plus connus, tous seront réhabilités conformément au nouveau schéma directeur de Casablanca. Dans le cas particulier du Parc de la Ligue Arabe, c’est une entreprise française dont la renommée n’est plus à faire, en l’occurrence les Ateliers Yves Lion, qui a décroché le marché pour le réaménagement de cet espace vert historique. Une réhabilitation sur laquelle veille personnellement Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et qui fait partie des quatre autres projets phares de la Ville, aux côtés du tramway, du Grand Théâtre et du Grand Stade de Casablanca», assure Lasri.
Ce que coûte la verdure
Le Parc de la Ligue Arabe devrait ainsi reprendre son aspect originel, épuré du parc de jeux Yasmina, des cafés et des autres commerces ou bâtisses, venus se greffer à partir des seventies aux abords de ce jardin érigé au lendemain de la Première Guerre mondiale. Les seules constructions qui demeureront à leur place sont la Casablancaise et la Cathédrale. Qu’en est-il du budget ? La Ville, chargée de l’entretien, de l’aménagement et des études portant sur tout espace vert public dépassant un hectare, est-elle en mesure de faire face à toutes ces dépenses ? Il s’agit, précise Omar Lasri, de distinguer entre les fonds propres de la Ville, consacrés à l’entretien et l’équipement, et ceux fournis par l’Etat dans le cadre du programme de mise à niveau de la Ville de Casablanca. La Mairie dépense ainsi une moyenne de 30 millions de dirhams par an, dédiés à l’entretien des espaces verts, une charge confiée depuis 2004 à des sociétés privées marocaines qui se partagent la maintenance de ces superficies en 4 zones : préfecture de Bernoussi/Hay Mohammadi/Aïn Sebaâ (zone A), Ben M’Sick Sidi Othmane (zone B), Aïn Chock/Hay Hassani/Derb Soltane (zone C) et enfin Anfa (zone D). «Ce budget est en dessous de celui alloué avant 2003 aux 27 communes qui composaient le Grand Casablanca avant son unification en une seule Commune et 16 arrondissements. Nous réalisons donc davantage avec moins. Tout est question d’optimisation des moyens. C’est dans cette optique de rationalisation d’ailleurs que la ville sera désormais divisée en 8 zones, afin de faire appel à d’autres entreprises, toujours avec le même souci d’exigence et de qualité», commente Omar Lasri. Pour ce qui est du budget d’équipement, ce sont de 15 à 20 millions de dirhams qui sont mobilisés tous les ans pour les nouvelles réalisations : «C’est très peu eu égard aux besoins d’une ville comme Casablanca, mais le Conseil doit faire face à de nombreuses autres dépenses tout aussi prioritaires et touchant au quotidien des citoyens. Les recettes fiscales actuelles étant limitées, il faut rechercher d’autres sources de financement pour mener à bien l’ensemble des projets. En développant par exemple davantage le partenariat Public/Privé, à l’image de ce qui se fait dans certains pays européens», concède le responsable des espaces verts et jardins publics de la Ville. Aux fonds propres déboursés par la Mairie, viennent s’ajouter les 250 millions de dirhams consacrés aux espaces verts publics dans le cadre du Programme de mise à niveau de la ville de Casablanca cité plus haut (aménagement d’espaces verts, de terrains de sport, de voieries et de centres culturels notamment). Ce programme, étalé sur 4 années (2006-2010), et objet d’une convention entre la Ville de Casablanca, la Région du Grand Casablanca et le ministère de l’Intérieur (Direction des Collectivités locales), devrait, en plus de la réhabilitation des Parcs historiques, ériger des jardins de proximité dans différents quartiers et multiplier les opérations de plantations d’alignement dans toute la ville. En somme, tout ira bien demain dans le meilleur des mondes possibles, si l’on accorde le bénéfice du doute à Mohamed Sajid et son staff. Ce serait compter sans une inquiétante ombre au tableau.
Vert avenir ?
Faute de gardiennage, les parcs et jardins publics de Casablanca se transforment en véritable coupe-gorge à la nuit tombée, repaire de pickpockets, de prostitués, d’ivrognes et autres marginaux. Et il n’est pas rare par conséquent de trouver le lendemain matin les traces du passage de ces oiseaux de nuit jonchant le sol, entre bouteilles d’alcool cassées, préservatifs usagés, guenilles et relents d’urine. Comment donner envie dès lors aux Casablancais de venir y respirer un bol d’air ou d’y emmener leurs enfants à toute heure de la journée et de la nuit ? «L’insécurité est en effet un réel casse-tête pour les gestionnaires que nous sommes. La Ville ne recrutant plus de personnel depuis son unification en 2003 (actuellement, Casablanca compte 17.000 fonctionnaires, contre 20.000 voilà 7 ans), plus personne n’assure la surveillance, et donc la tranquillité de ces parcs et jardins publics. Mais nous remédierons très prochainement à ce problème, via l’externalisation du service de gardiennage. Nous sommes d’ailleurs en train d’élaborer un cahier de charges très strict à ce propos, de la tenue des gardes à leur moralité en passant par la limite de leur fonction, qui jamais ne devra se substituer au travail des autorités publiques en la matière», conclut Omar Lasri. Davantage de verdure, des transports en commun plus écolos, des véhicules moins polluants (introduction du gasoil 50 ppm au lieu de 10.000 ppm, resserrement de la législation sur le contrôle technique des véhicules), des Casablancais plus sensibles aux questions environnementales…Voilà qui augure d’un avenir plus vert pour la cité blanche. Croisons les doigts.


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