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Nicolas Sarkozy tente de bétonner la droite
Publié dans L'observateur du Maroc le 02 - 04 - 2010

Bien sûr, il y a la débâcle de Nicolas Sarkozy et de la droite lors des élections régionales des 14 et 21 mars. Qu’importe dès lors que la droite ait «sauvé» trois régions : l’Alsace, la Réunion et la Guyane ? Le bilan comptable de ce scrutin se suffit à lui-même : gauche 54,1%, droite 35,4%, Front national 9,4%, abstention 48,9%. En dépit d’une faible augmentation de la participation, un électeur sur deux n’a pas voté au second tour. L’incroyable déni de réalité des dirigeants de l’UMP au soir du premier n’y est pas pour rien. Leur langue de béton armé répétant que l’abstention enlevait tout sens au scrutin a donné le résultat prévisible : l’électorat présidentiel a réitéré son avertissement, excédé que le premier soit tombé dans l’oreille de sourds.
Réconcilier la droite
Qu’importe que l’électrochoc ait déclenché la fronde qui couvait dans les rangs de la droite ? Il ne restait plus au chef de l’Etat, dont la marge de manœuvre jusqu’à la présidentielle de 2012 est étroite, qu’à tenter de tourner la page. Il a donc procédé à un remaniement ministériel a minima qui n’a aucun sens ni impact dans l’opinion, d’autant que tout est concentré et se décide à l’Elysée. Mais qui vise à calmer la droite et à en réconcilier les familles politiques. Deux proches de Jacques Chirac et de Dominique Villepin, ainsi qu’un centriste, entrent donc au gouvernement. Le départ de Martin Hirsch symbolise par ailleurs la fin de cette «ouverture à gauche» qui rendait la droite si amère. Et Nicolas Sarkozy abandonne la taxe carbone que conteste une partie de la droite... A gauche, l’heure est à la joie, mais sans débordement. Comment pavoiser avec une telle abstention et un FN en progression ? Surtout que les lendemains s’annoncent compliqués: il faudra transformer l’essai pour remporter la présidentielle en 2012 – il y a pléthore de candidats entre une Martine Aubry qui se «merkélise», un Dominique Strauss-Kahn auréolé de son prestige de grand argentier planétaire, une Ségolène Royale qui ne renoncera pas et d’autres… Il faudra aussi trouver un accord avec les écologistes, désormais troisième force du pays.
Découragement
Mais ce raccommodage à droite, les problèmes internes de la gauche et la perspective d’un «troisième tour social» rendu possible par l’ampleur du vote sanction et de la grogne sociale, ne pèsent pas lourd face aux deux faits majeurs du scrutin : la rupture entre les Français et le monde politique, surtout dans les quartiers dits sensibles, et la progression du Front national. Une passionnante enquête publiée par Le Monde montre que l’abstention a atteint plus de 80% dans les quartiers populaires de banlieue dont les habitants ne voient plus l’intérêt d’aller voter. «Soit par découragement, car ils ne se sentent pas partie prenante de la société, tendance qui accompagne la ghettoïsation(…); soit par rejet, une partie de la population vivant en autarcie(…). On ne peut pas traiter toute l’année les gens comme si ils étaient à part de la société et leur faire croire, uniquement le jour des élections, qu’ils en font à nouveau partie», constatent les chercheurs cités par le quotidien. Cette situation entache la légitimité des élus et explique que «les acteurs importants sont souvent les rappeurs, certains “grands frères” ou des responsables associatifs voire religieux jugés au moins aussi représentatifs que les élus».
Comment redonner le goût de la politique à des gens qui n’en attendent plus rien, pour lesquels elle n’est porteuse de rien ? Comment mobiliser ceux qui, totalement abandonnés, sont persuadés qu’on ne fera plus rien pour eux et que cela ne préoccupe personne ? Ce défi là vaut évidemment pour la droite comme pour la gauche.
Le Front national se frotte les mains
L’autre fait majeur de ce scrutin - la progression du Front national partout où il avait pu se maintenir - n’est pas moins inquiétant. Dans ces douze triangulaires, le parti d’extrême droite a obtenu 17 % des voix en moyenne et il semble avoir profité plus que les autres listes du faible regain de participation au second tour. Dans le Languedoc-Roussillon, le bond est spectaculaire : de 12,67 % à 19,38 %. Cette remontée, après trois ans de revers, de difficultés financières et de crises internes, balaye le succès dont se targuait Nicolas Sarkozy : avoir mis à terre le parti de Jean Marie et Marine Le Pen.
Ironie : alors que le chef de l’Etat croyait avoir débarrassé la majorité présidentielle d’une concurrence à droite, sa politique a remis en selle un Front national qui se prend à rêver de la future présidentielle. C’est le calamiteux débat sur l’identité nationale, voulu par le ministre de l’Immigration Eric Besson et «couvert» par Nicolas Sarkozy, qui a légitimé les thèses du parti d’extrême droite et ouvert la boîte de Pandore de la xénophobie et du racisme. On aurait voulu croire que l’absence d’Eric Besson de tous les plateaux TV lors des régionales anticipe un coup d’arrêt à la démagogie populiste qui a dopé le Front. La volonté de Jean François Coppé, patron du groupe parlementaire UMP et rival de Sarkozy, de relancer le débat sur la burqa comme si c’était un problème fondamental en France, augure mal du climat des prochains mois. Le Front national peut décidemment se frotter les mains.


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