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Le G20 du chacun pour soi
Publié dans L'observateur du Maroc le 09 - 07 - 2010

Réuni à Toronto, le sommet du G20 n'a abouti à aucune décision contraignante.
Comment s'entendre sur une stratégie globale pour gouverner le monde et sur des politiques économiques permettant de sortir de la crise mondiale quand on est d'accord sur à peu près rien ? Confrontés à cette quadrature du cercle, les dirigeants du G20 réunis du 25 au 27 juin au Canada, se sont séparés sur un communiqué a minima: quelques engagements et la réaffirmation de grands principes laissant de côté les sujets épineux à savoir la taxation des banques et la régulation des marchés financiers. Pire ou…mieux si l'on tient compte de la volonté de chaque participant de préserver sa marge de manœuvre: chacun est laissé libre de faire un peu comme il veut. «La situation de chaque pays doit être prise en compte», note ainsi le texte.  
Les exemples de ce chacun est maître chez soi ne manquent pas: la taxe bancaire voulue par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour que les banques financent elles-mêmes les catastrophes qu'elles pourraient provoquer à nouveau, n'est citée que comme une approche parmi d'autres…Ce qui n'empêche pas Paris et Bonn d'affirmer qu'ils l'instaureront chez eux !
On ne pouvait mieux signifier qu'il a été impossible de trancher le débat de ce sommet : diminution de la dette publique ou croissance ? Il est vrai que sur cette question qui consiste à savoir comment relancer la croissance sans creuser plus encore les déficits, les positions des Américains, Canadiens, Australiens et des pays émergents divergent foncièrement de celles des Européens.
L'Europe veut arrêter les frais
Les premiers considèrent que l'heure n'est pas au redressement des finances publiques et à une rigueur qui plomberait l'amorce de reprise timide à laquelle on assiste. Ils souhaitent donc que les pays continuent d'injecter de l'argent dans l'économie, afin de soutenir la croissance. Les Européens, eux, Allemagne en tête, veulent en quelque sorte arrêter les frais et se sont pratiquement tous engagés dans des plans de rigueur. Du coup, ils refusent de creuser davantage les déficits, tétanisés par la dette faramineuse qui a été fatale à la Grèce et a menacé l'Espagne, le Portugal et l'Irlande.
Tout le monde aura eu gain de cause puisque le G20 a affirmé privilégier la reprise mondiale, comme le voulait Washington et que, comme le souhaitaient les Européens en général et l'Allemande Angela Merkel en particulier, les pays développés se sont engagés à réduire de moitié leur déficit d'ici 2013. Une doctrine que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso résume d'une formule insolite: «consolidation amicale pour la croissance» !
On observe le même flou artistique concernant l'aide au développement pour les pays pauvres. Le G20, refusant d'instaurer une taxe sur les transactions financières, s'est borné à dire qu'il fallait tenir les promesses d'aide ! Reste le bras de fer avec les pays émergents - c'est-à-dire essentiellement la Chine à laquelle Américains et Européens demandent de réévaluer sa  monnaie dont le cours artificiellement bas dope les exportations. Barack Obama n'aura obtenu qu'une demande du G20 que les taux de change soient plus flexibles. Demande qui a eu fort peu d'effet puisqu'au lendemain du sommet de Toronto, Pékin a fixé un taux de change du yuan contre le dollar qui, pour être le plus haut depuis des années, reste néanmoins des plus modestes (+ 0,43%)…
Asymétrie flagrante
Cette absence de décision contraignante, ces priorités renvoyées à plus tard, montrent que le G20 a vécu. Lors de sa création en 2008, il s'agissait d'entériner un fait : le «club des riches» qu'était le G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Canada +Russie) ne pouvait continuer à administrer seul la planète. Pour affronter la crise, il fallait donc l'élargir aux cinq grandes économies émergentes ( Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud), ainsi qu'à l'Argentine, l'Australie, l'Indonésie, l'Arabie Saoudite, la Turquie, la Corée du Sud et la présidence de l'Union Européenne, un ensemble qui représente près de 90% du PIB mondial.
Le problème, c'est qu'il n'existe de consensus ni entre les pays émergents et les pays industrialisés, ni au sein même de ces deux groupes. En outre l'asymétrie est flagrante entre G8 et G20 : l'Amérique du Nord , le Japon et l'Europe constituent plus de 70% du PIB du G20 et aussi de la consommation mondiale ! Des pays comme la Chine, l'Inde et le Brésil découvrent en outre combien ils dépendent de la bonne santé des économies des pays riches : la crise économique et financière mondiale a accéléré leur intégration dans l'économie globalisée.
Dans ce contexte où l'on assiste à une triple bras de fer - entre pays industrialisés et émergents, Etats-Unis et Europe et Etats-Unis et Chine -  le G20 a du mal à s'imposer comme une vraie force politique. Et cette situation a redonné au G8, dont les dirigeants se sont réunis avant le G20, son statut de forum stratégique.
L'innovation absente
Une décision de Nicolas Sarkozy séparant les deux sommets dans le temps l'a confirmé : le président français, qui les présidera en 2011, a annoncé que le G8 aurait lieu en juin à Nice, tandis que le G20 se tiendrait à l'automne...Autant dire qu'on assiste à une division des tâches : le G8 traite des grands problèmes politico-stratégiques (politiques d'aide au développement, changement climatique et avant tout problèmes de paix et de sécurité), tandis que le G20 s'occupe seulement d'économie.
Sommet sans grande décision, la réunion de Toronto aura quand même reflété une réalité : la reconnaissance du rôle déterminant des Etats-Unis concernant la régulation financière. Il y a en effet tout à parier que le futur vote d'une loi de réforme financière par le congrès américain va servir peu ou prou de référence pour une négociation générale…«Cette loi nous oblige, nous Européens, à nous y atteler», commentait Christine Lagarde, la ministre française de l'Economie. L'absence dans le communiqué final de toute mention sur la nécessité de développer l'innovation dans les économies occidentales témoigne d'une autre réalité: «Chaque sommet ne peut pas être historique», comme l'a affirmé Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet de Toronto !


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