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Margarita, un cancer du sein et alors ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 24 - 12 - 2010


Coquette à souhait dans sa tenue aux couleurs d'automne assortie à sa jolie coiffure aux tons cuivrés, affairée devant son fourneau, une cuillère en bois à la main, elle fustige le Parti Populaire, qui «ferait mieux de s'occuper de ses 4 millions de chômeurs en Espagne au lieu de se mêler des affaires du Maroc juste pour em… Zapatero». Fait l'éloge de «son Casablanca» dans un français romancé, elle ne comprend pas pourquoi sa famille n'a toujours pas la nationalité marocaine alors que les Ortiz sont là depuis 1906, tout en rappelant en darija (arabe dialectal) à «sa Touria» de ne pas oublier de mettre les poivrons dans sa paella. Elle est ainsi, Margarita Ortiz Macias, Margot pour les intimes. En elle, se rencontrent bien des mondes, dans une surprenante et gaie poésie contemporaine. Casablancaise de naissance et de cœur, Andalouse dans l'âme, romantique à la française. Amie de sa lune gaditane à la robe de gitane étoilée, mais avec le sens des réalités terrestres chevillé au corps. Vivifiante et apaisante à la fois, maternante et attendrissante, elle vous enrobe dans un écrin de tendresse avec son sourire pérenne, et nulle humeur bougonne ne résiste à son humour «ibéro-casaoui». A la voir ainsi, telle une jouvencelle, débordante d'énergie et d'optimisme du haut de ses 69 ans, on peine à imaginer les douloureuses épreuves auxquelles Margarita Ortiz Macias, opérée à 22 reprises pour de graves maladies, a été confrontée par son maktoub, son destin. On peine à imaginer, puis en lisant son dernier livre, on comprend tout. Cet optimisme, cette tonicité communicative, c'est de son amour pour la Vie avec un grand V que Margot les puise. «Un cancer du sein, et alors ?»(Hugo & Cie) tintinnabule tel une ode à l'existence, une victoire tonitruante et impertinente sur la maladie et le mauvais sort. Un message pour toutes ces Marocaines et femmes du monde entier atteintes d'un cancer mammaire et qui ont dû subir une ablation. A elles toutes, l'auteur du best-seller «Espagnols de Casablanca», veut délivrer une missive d'espoir et de bravoure en leur montrant qu'après le cancer, l'aventure extraordinaire de la vie continue, sublimée par le triomphe contre «la bête immonde». Avec une sincérité mâtinée d'humour, sans jamais tomber dans l'écueil de la complainte, la romancière narre ses souffrances physiques et psychiques entraînées par la maladie et ses traitements. Le tout dans un monde hospitalier, entre Madrid, Casablanca et Paris, parfois insensible, par manque de temps, par lassitude ou désabusement, aux douleurs corporelles, aux déchirements psychologiques et aux doutes récurrents des malades. Margot conte aussi comment elle a réussi à dépasser, grâce à l'amour et au soutien inconditionnel de sa famille et de son époux, Antonio, l'épreuve de l'ablation, vécue par tant de femmes comme une mutilation irréversible du symbole même de leur féminité. Margarita Ortiz Macias s'est fait enlever le sein droit le 18 décembre 1992, alors qu'elle était âgée de 51 ans, et vit depuis avec une prothèse, parfaitement invisible: «Cela fait exactement 19 ans jour pour jour», précise-t-elle, sourire aux lèvres et montre à la main. «A 17 heures, un petit tic tac lui rappellera qu'il ne faut pas qu'elle oublie de prendre son hydrocortisone, pour son insuffisance surrénalienne». Dans les yeux verts émeraude d'Antonio, 55 ans d'amour et de fidélité, dans la joie comme la douleur, pour sa Margot. Il s'est fait beau pour la séance photo, devant le sapin de Noël «écolo» richement décoré, puis sur la terrasse fleurie par les soins de son épouse et de Touria. Une note nostalgique dans la voix, l'ancien torero arbore fièrement les affiches dédicacées en son nom par les matadors-stars des arènes andalouses et des anciennes arènes d'Anfa, laissant refroidir sa tortilla, tandis qu'il défend sa passion. «Mais quand même Antonio, avoue que la fantasia, ça n'a rien à voir avec la corrida» !, le charrie Margot dans un accent mélodieux. Jamais Monsieur Moreno n'interrompe ou ne contrarie Madame Moreno. Il raconte avec admiration le courage de sa moitié chérie face aux coups de boutoir d'une destinée tourmentée, et sourit aux anecdotes de «Ra Margot» sur ses petits-enfants, Guillaume, Alexandre, Antoine et Adèle, son quatuor bohème qu'elle garde jalousement à ses côtés, dans «leur Maroc adoré à tous». Margot n'a de cesse également d'afficher sa gratitude et son amour infini pour son frère Ernest et son épouse Annie, et pour ses deux filles, Sylvia et Goguie, toujours présentes, infatigables, veillant à son chevet, lui redonnant goût au rire et à la fête une fois remise sur pied. Et son livre est parsemé de clins d'œil émouvants à son défunt père, Guillermo Ortiz. Grâce à lui, Margot a appris à donner au bonheur les couleurs de l'arc-en-ciel, entre joies simples du quotidien et euphorie des grands évènements de l'existence de tout un chacun. Depuis son départ en 1975, à l'âge de 59 ans à peine, elle a appris à relativiser les «petits drames» de la vie journalière, tant ce deuil a marqué de cicatrices indélébiles son corps et son cœur. Et de sa grand-mère, Abuela Adela, comme de sa maman, parties trop tôt elles aussi, Margot a conservé, telles des pierres précieuses, les valeurs méditerranéennes de partage et de solidarité familiale avec, en filigrane, la «couvée des petits», et le respect des anciens. La famille, encore et toujours, pilier inébranlable dans la tempête: «Que la peur de faire souffrir les vôtres ne vous fasse taire. Que la pudeur ne vous enserre. N'ayez pas honte de vous montrer à eux fragile et vulnérable, pitoyable même. Le cancer est un très lourd fardeau pour être porté par vous seule. Plus vous serez nombreux, plus il semblera supportable. Tout le temps que durera cette terrible épreuve, temps qui paraîtra figé, éternel, serrez les rangs. Vous tomberez souvent, mais toujours des bras forts compatissants, chaleureux, vous relèveront…». Une victoire contre «le monstre hideux» rendue possible grâce aussi aux «Docteurs Sylvestres», «génies de science et exemple admirable d'humanisme et d'abnégation». A l'instar du Professeur René Adam, également natif du Maroc, chirurgien au centre hépatobiliaire de l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif, Chevalier dans l'Ordre National de la Légion d'Honneur, qui a préfacé le livre de Margarita Ortiz Macias. Cette même Andalouse Casablancaise qui l'a bercé quand il était encore bébé, et qui, des décennies plus tard, sera chaleureusement accueillie par ses parents, André et Herminie, lors de son périple parisien... Margarita Ortiz Macias revient de loin. Elle invite ses lecteurs à chercher le bonheur, tout près.

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