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Remettre en question la peine de mort
Publié dans L'observateur du Maroc le 21 - 04 - 2008


SFCG Le : 2008-04-21
Londres – Il ne faudrait pas trop compter sur la Turquie pour nous guider sur le chemin de la compréhension de la diversité de la pensée islamique sur diverses questions. Il est essentiel que les musulmans soient au courant de toute la gamme des opinions qui ont cours au lieu de croire que ce que leur racontent les imams, les chercheurs ou les anciens soit la seule version des faits possible. Il n'y a pas de clergé dans l'islam, pas d'institution intermédiaire entre l'individu et Dieu, il est indispensable que chaque musulman s'informe et se décide de façon autonome.
Prenez la peine de mort, par exemple. Elle fait partie de l'arsenal judiciaire dans certains pays musulmans. Or, dans le Coran, Dieu dit que celui qui tue un homme, c'est comme s'il tuait tous les hommes (Coran 5.32). Tout musulman responsable se doit donc de dissiper toute ambiguïté quant il s'agit de prendre la vie d'autrui.
L'histoire de Pervez Kambaksh, ce garçon de 23 ans illustre bien le problème. Pervez Kambaksh a été jugé et condamné pour blasphème en Afghanistan pour avoir retransmis par internet des articles sur les droits de la femme. Si son appel est rejeté et si la campagne lancée en sa faveur ne réussit pas, il sera exécuté. On a souvent tendance à croire que l'islam est une idéologie stricte et homogène, mais selon la personne à qui vous parlez et selon où vous vous trouvez, les crimes punissables de mort sont très variables. Les quatre grandes écoles de jurisprudence islamique elles-mêmes ne s'entendent pas sur le catalogue. Cette divergence est largement due à l'interprétation des hadith, le recueil des faits et des dits attribués au Prophète Mahomet.
On serait tenté de croire que le projet de la Turquie de revoir le corpus existant des hadith – en en réinterprétant certains et en éliminant ceux qui sont jugés apocryphes ou de source douteuse – et de revoir le droit islamique pour l'adapter à l'époque moderne ne présente que des avantages. Mais la Turquie à elle seule peut-elle confectionner un islam qui serait d'application universelle? Les hadith peuvent-ils jamais être interprétés sans tenir compte de l'époque et des circonstances dans lesquelles ils ont été recueillis et rédigés?
Je m'entretenais récemment de la question des crimes relevant de la peine de mort avec le Sheikh Suhaib Hasan, célèbre érudit wahhabite connu pour ses opinions conservatrices. Membre en Grande-Bretagne du conseil islamique de la charia, il a été montré du doigt pour ses opinions extrémistes; eh bien, même lui reconnaît l'existence d'une diversité d'avis en la matière: "Ainsi, le châtiment suprême pour apostasie est l'objet d'un débat animé parmi les théologiens… personne n'a jamais été exécuté pour apostasie du vivant du Prophète".
Haroon Khan, co-fondateur de free-minds.org, site internet qui a pour but d'imposer le Coran comme seul guide de conscience des musulmans, explique : "Le Coran nous dit que les seuls crimes punissables de la peine de mort sont les crimes contre l'humanité. On pense essentiellement à des gens comme Slobodan Milosevic. Même dans les cas de meurtre individuel, il y a toujours possibilité de réparation."
Le verset du Coran auquel Haroon Khan se réfère dit que les seuls crimes passibles de la peine de mort sont "le meurtre ou la corruption sur la terre" (Coran 5.32). Le problème consiste à savoir quelle interprétation donner à ces termes. Pour certains, le mot "corruption" s'applique à des troubles ou à une sédition d'envergure, alors que d'autres apparemment, au grand dam de Pervez Kambaksh, y incluent la distribution de flyers sur l'internet.
Pervez Kambaksh n'a pas choisi de renier l'islam, mais seulement de diffuser des informations. Débattre de la question de sa culpabilité éventuelle serait donc plutôt une manoeuvre de diversion. Les musulmans doivent avant tout faire prendre conscience de l'importance de la liberté de conscience au sein de l'islam. Ils doivent analyser les interprétations actuelles qui préconisent la peine de mort pour ceux qui contestent l'autorité de l'état et, éventuellement, les récuser.


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