Affaire Brahim Ghali: les Marocains d'Espagne se mobilisent    La terre a tremblé dans la région de Ouarzazate    Concours «Street Art Casablanca»    Le plaidoyer du Maroc pour une OMC plus efficace    Mahrez envoie Manchester City en finale    LA BAD APPUIE LE MAROC AVEC PRÈS D'UN MILLION DE DOLLARS    Le Djibouti réitère son attachement «résolu et constant» à l'intégrité territoriale du Maroc    L'accueil par l'Espagne du chef du "polisario" est contraire aux règles de partenariat avec le Maroc (El Khalfi)    Nizar Baraka : "Il est temps de revoir la répartition des richesses"    Coupe du Trône : Ce soir, deux belles parties en perspective !    Le bus du Raja vandalisé dans le parking de l'hôtel du rassemblement à Rabat !?    Nordin Amrabat vers un retour en Europe    Covid-19/Maroc : 5 décès et 371 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures    AGROALIMENTAIRE/Agropoles: des plateformes intégrées avec des incitations pour les investisseurs    La Bourse de Casablanca clôture dans le vert    Ce qu'il faut retenir des études relatives au développement du cannabis    USA: Facebook maintient l'interdiction du compte de Donald Trump    Chloroquine-hydroxychloroquine : les pharmacies bientôt réapprovisionnées    Le 11ème Festival International de Meknès du Cinéma des Jeunes se déroulera du 25 au 28 mai    Entre livre et lecture: La réalité numérique transforme le livre en mythe    Quand la pandémie pérennise son lexique dans la langue française    Le dirham devrait s'apprécier face au dollar de 0,1%    « Mon histoire avec les médicaments », une autobiographie de feu Omar Tazi [Chapitre 1]    Hôtellerie : l'Israélien Fattal lorgne le Maroc    Affaire Brahim Ghali : Madrid tente une opération "damage control"    Ramadan/Tanger: un restaurant sert un Ftour express, couvre-feu oblige (reportage)    Larbi Tourak expose ses œuvres à Fès    Nuits ramadanesques : Le groupe Tarwa N-Tiniri se produira le 6 mai    Selon l'UAFA : Le Maroc organisera la Coupe Arabe des Nations U17 juillet prochain !    Hakimi dans le viseur du Bayern Munich    Covid-19: deux cas du variant indien détectés en Espagne    Coupe du Trône: voici le premier qualifié au dernier carré (VIDEO)    Devises vs Dirham: les cours de change de ce mercredi 5 mai    230 pompiers algériens lourdement sanctionnés pour avoir manifesté    Le Premier secrétaire de l'USFP s'entretient avec l'ambassadeur du Pakistan au Maroc    Brahim Ghali et cinq de ses complices dans les mailles de la justice espagnole    La BVC démarre en territoire positif    Au Musée Reina Sofia à Madrid : «Trilogie marocaine : 1950-2020»    Jazz au Maroc: vivement le live !    Santé : Des médecins cubains au Maroc ?    Covid-19 : Deux cas du variant indien détectés en Espagne    Simplification des procédures administratives : La CMR se conforme à la nouvelle loi    Ministère: Près de 4 millions d'Espagnols au chômage    Météo: le temps prévu ce mercredi 5 mai au Maroc    Bill et Melinda Gates continueront à gérer ensemble leur fondation après leur divorce    Thomas Tuchel : "Aucune raison de faire trop de changements"    Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, se retire de la vie politique    Critiqué, Biden augmente finalement le nombre des admis    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Chronique : La première pandémie du XXI ème siècle
Publié dans L'observateur du Maroc le 13 - 04 - 2020

Gen (ret) Dominique Trinquand a fait partie du groupe des conseillers du Président français Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.
En 1957 une grippe asiatique frappe le monde, elle vient de Chine puis s'étend à Singapour pour atteindre Hong Kong avec 250 000 malades en peu de temps. Elle touche rapidement les Etats-Unis provoquant entre 70 000 décès et 116 000 décès dans ce pays. Le virus suit les routes terrestres et maritimes et gagne la totalité du monde en six mois. Les estimations de décès par cette pandémie dans le monde entier varient selon la source entre 1,1 million de personnes mortes et 2 millions. En France, selon les évaluations de l'époque, elle aurait causé environ 15 000 morts. Plus récemment, certains médias évoquent des évaluations beaucoup plus élevées, allant jusqu'à un chiffre de 100 000 morts.
En 1957 les transports s'effectuent encore essentiellement par voie terrestre ou maritime, les media sont limités à des journaux et des télévisions d'Etat et les crises politiques voire les guerres prolifèrent (guerres d'indépendances en particulier). La France était dans la période des « trente glorieuses », se relevait de la deuxième guerre mondiale et après l'Indochine, affrontait les indépendances au Maghreb et en particulier la guerre d'Algérie. Tous ces facteurs et événements peuvent expliquer le peu de souvenir que nous avons d'une pandémie assez similaire à celle que nous vivons aujourd'hui et qui elle semble faire basculer le monde.
Alors que la médecine a fait des progrès considérables depuis 60 ans au point que certains rêvent au transhumanisme, pourquoi la pandémie du COVID 19 met-elle un frein brutal à ces progrès et remet en cause dramatiquement l'élan de ces dernières années ? La contraction du temps et de l'espace sont probablement des facteurs de ce bouleversement même si elle n'apporte qu'une explication et pas encore une réponse immédiate à la crise actuelle.
L'espace s'est en effet contracté en transformant la planète en un grand village grâce au développement exponentiel des moyens de transport, singulièrement du transport aérien. Avec une durée d'incubation de deux semaines, le virus transporté par l'homme peut parcourir la planète et se répandre avant que de quelconques mesures barrières puissent être mises en place. Le temps lui aussi s'est contracté avec l'existence des réseaux sociaux et des chaînes d'information en continu. En un instant, l'événement local devient mondial et nul ne peut échapper aux nouvelles qui heure par heure décrivent le drame qui se déroule dans les grandes villes du monde. Ce village mondial présenté plus haut qui est en fait à l'image de la « société développée ». Tout le monde oublie les nuages de criquets qui dévastent les récoltes de l'Est africain et feront certainement plus de morts que la pandémie. Les conflits sont oubliés et les cameras ayant brutalement fini de voyager montrent en permanence la mort à nos portes. Ce matraquage obscurcit la vision rationnelle des événements. Un regard objectif sur les chiffres n'est plus possible, seule l'émotion franchit le petit écran. Depuis longtemps la mort est devenue insupportable à nos contemporains. Derrière cette description de l'état de notre société et de sa passivité devant les événements, comment réfléchir aux leçons à tirer de cette crise ?
Le village mondial est là, les avions revoleront, les réseaux sociaux et les media ne s'arrêteront pas. L'Homme est celui par qui le virus est transmis, c'est en lui que doivent être trouvées les ressources pour limiter la crise et diminuer ses effets. En première ligne, bien sûr, le corps médical, admirable dans la lutte pour guérir voir prévenir, mais il soigne le corps, nous devons toucher l'esprit, retrouver la verticalité et la profondeur. La période actuelle de confinement peut permettre cette réflexion qui conduit à la résilience. Ainsi la première pandémie du XXIème siècle pourrait contribuer à renforcer notre société en remettant l'Homme au centre.
Gen (ret) Dominique Trinquand


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.