Israël vend au Maroc le système de missile multi-missions Barak 8    Covid-19 : Un cas du nouveau variant découvert en Afrique du Sud détecté en Belgique    Prix Goncourt : une magnifique consécration à la littérature africaine    Ciments du Maroc améliore son CA de 6,9% à fin septembre    Protection sociale: le Conseil du gouvernement adopte un décret d'application relatif aux médecins    Education financière : Plus de 1.000 petits agriculteurs encadrés par Crédit Agricole du Maroc    Le colloque digital «Talents Africains» de retour    Nadia Fettah Alaoui livre sa vision pour le marché des capitaux    Boris Johnson appelle la France à reprendre tous les migrants qui traversent la manche    Naufrage de migrants : Les Britanniques écartés de la réunion du 28 novembre    Migrants à Calais : la lettre de Johnson «indigente» et «déplacée», tonne le gouvernement français    Spéculations autour de l'éventualité d'une offensive militaire russe en Ukraine    Un lieu de culte et un joyau architectural de la ville «européenne» de Rabat    Le Maroc favori face au Danemark à Marrakech    Le PSG battu mais qualifié, City, Real et Inter en 8es, Benzema buteur    Paris et Londres affichent leur volonté de coopérer    Signature d'un Mémorandum d'Entente dans le domaine de la défense    Covid-19 : Que sait-on sur le nouveau variant détecté en Afrique du Sud ?    Covid-19 : Le Portugal adopte de nouvelles mesures restrictives    Lancement de la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière    Meknès : 3 ans de prison ferme pour avoir abusé d'un adolescent, malade mental !    Les réformes engagées par SM le Roi ont permis des réalisations « remarquables » en matière des droits de l'Homme    «Fragments de vie» de Abdelatif Habib en vernissage à Rabat    Le processus de la création et le pouvoir des mots    «Juifs d'Orient, une histoire plurimillénaire»    «Fragments de vie» de Abdelatif Habib à l'Espace Rivages    L'OMS et la FIFA s'associent contre les violences domestiques    OMS : Plus d'un demi-million de vies sauvées par les vaccins contre le Covid-19 en Europe    Feuille de route bilatérale, intérêts communs, commission mixite : l'essentiel de la rencontre entre Nasser Bourita et son homologue sierraléonais    3ème édition du Trophée Tilila: La cérémonie de remise des prix en images (Reportage)    Kia désormais représentée à Dakhla    Moncef Marzouki : « J'ai tenté une médiation entre le Maroc et l'Algérie dans le cadre de l'autonomie qui est la solution au conflit autour du Sahara »    Météo/Maroc: Pluies et chutes de neige ce vendredi 26 novembre    L'Education requiert des réformes profondes et urgentes (M. Baitas)    Benny Gantz prie pour SM le Roi à la Synagogue « Talmud Torah » à Rabat    Mbarka Bouaida élue présidente de l'Association des régions du Maroc    Réseau. Renault Commerce Maroc inaugure sa nouvelle succursale à Zenata    Mondial 2022 au Qatar : Les conditions désastreuses des travailleurs migrants    Football : Zlatan Ibrahimovic sort un nouveau livre en décembre    L'équipe nationale U23 en stage de préparation du 29 novembre au 5 décembre à Maâmoura    Botola Pro D1 / FUS-DHJ ( 2-2) : C'était surtout une affaire de corners décisifs    Football pour amputés: L'équipe nationale participe à la Coupe d'Afrique des Nations    Présidentielle libyenne : La commission électorale écarte 25 candidats dont Saïf Kadhafi    El Jadida : L'épave devenue « œuvre d'art »...    Détenus du Hirak du Rif : Le serment de Abdellatif Ouahbi    L'essentiel du programme d'action du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication    «Comme avant...» : Une exposition de Rero pour rouvrir l'espace d'art Montresso    «Zanka Contact» : Une histoire d'amour où se mêlent arts et espoir    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Hydrocarbures : Une OPEP du gaz siérait bien à Moscou
Publié dans L'opinion le 17 - 10 - 2021

crise des prix de l'énergie, inspire l'idée d'une OPEP du gaz, pour réguler les cours et l'approvisionnement.
La semaine russe de l'énergie, forum tourné sur l'avenir de l'industrie russe des carburants et de l'énergie, les perspectives de coopération internationale et de développement dans le secteur de l'énergie, est secouée par l'explosion récente du prix des hydrocarbures. Un responsable saoudien a ainsi remis au goût du jour la proposition de créer une OPEP du gaz. «Nous voyons déjà une hausse des prix du gaz de 500%, des prix très élevés du charbon et une augmentation des prix du GNL de 200%.
Si ces marchés bénéficiaient du même niveau d'attention que celui que nous avons accordé au secteur pétrolier, comme l'OPEP+, la situation y serait incontestablement meilleure», a plaidé le prince Abdelaziz Ben Salmane, ministre saoudien de l'Energie. Les officiels russes ont accueilli la proposition saoudienne d'OPEP du gaz avec enthousiasme. «Il y a là une pépite rationnelle, mais il faut travailler dessus plus en détail», a réagi Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe. Il faut dire que lui-même avait déjà formulé cette idée en juillet 2020, alors qu'il était ministre de l'Energie.
Il ne peut y avoir de «vrai trading» avec le gaz
L'idée est effectivement loin d'être farfelue, estime Pierre Fabiani, ancien numéro un de Total Iran. «Avoir un club avec des contraintes régulatrices concernant les prix du gaz est au moins aussi pertinent que d'avoir l'OPEP pour le pétrole», résume-t-il. Pour lui, «rien d'intrinsèquement différent, sauf l'aspect technique». Toutefois un détail compliquerait les choses. Contrairement au pétrole, le gaz liquéfié ne pouvant être simplement transporté et stocké dans des cuves. Il faut impérativement que les stocks transportés ou stockés soient refroidis en permanence. Un processus extrêmement coûteux qui fait que la régulation du prix de cette énergie n'est pas comparable à la régulation du tarif de l'or noir.
«Un tanker rempli de pétrole peut aller à une destination, finalement être racheté, puis transporté à un autre endroit, sans que cela n'engendre des coûts de conservation faramineux», rapporte notre interlocuteur. Il ne peut donc pas y avoir de «vrai trading» avec le gaz. Et c'est pour cette raison, entre autres, que le marché gazier est essentiellement régionalisé. La plupart des échanges se font via gazoduc, entre voisins.
De plus, nombre d'acteurs du marché militent pour ne pas réguler les prix du gaz, estimant qu'ils auraient plus à perdre qu'à y gagner. Mais cela n'empêcherait pas une réflexion autour d'une OPEP du gaz, sous une nouvelle forme, avec un aspect spéculatif moindre. Et «les Russes seraient parfaitement légitimes pour monter ça. Ce sont eux qui devraient le faire», estime Pierre Fabiani.
La Russie semble idéalement placée
«Quand on regarde la puissance gazière et les ressources économiques et politiques des différentes puissances gazières, la Russie semble idéalement placée», poursuit- il. En effet, la Russie avec 37,4 milliards de m3, l'Iran avec 32 milliards de m3 et le Qatar avec 24 milliards de m3 disposent des plus importantes ressources gazières prouvées, loin devant leurs concurrents.
Or, de ces trois pays, seule Moscou jouirait, selon notre expert, d'une légitimité politique, géopolitique et énergétique permettant de mener ce projet d'OPEP du gaz. D'autant qu'une structure de ce type existe déjà: le Forum des pays exportateurs de gaz, ou FPEG, fondé en 2001 à Téhéran et dont le siège est au Qatar.
Son objectif est d'aider ses membres à anticiper les évolutions du marché du gaz naturel et à développer l'exploitation des ressources dans les meilleures conditions financières, économiques et environnementales. Douze pays en font partie: l'Algérie, l'Egypte, la Guinée équatoriale, la Libye et le Nigeria pour l'Afrique. L'Iran, le Qatar, les Emirats arabes unis pour le Moyen-Orient. Le Venezuela, la Bolivie et Trinité-et- Tobago pour l'Amérique du Sud. Et la Russie pour l'Europe. Néanmoins, cette structure semble manquer d'ambition. L'organisme assure n'avoir aucune envie de fixer de quotas de production et ne possède aucun mécanisme de contrôle efficace sur le prix du gaz à l'international.
D'ailleurs, les Etats-Unis, qui figurent parmi les trois premiers exportateurs de gaz au monde, ne font pas partie de cet organisme. C'est comme imaginer l'OPEP sans l'Arabie saoudite ou le Venezuela: un non-sens total.
Moscou sur tous les fronts énergétiques
La Russie multiplie les interventions ces derniers jours pour tenter de se placer au centre des débats sur la crise énergétique européenne. Le président Vladimir Poutine peut être tenté de jouer la carte des livraisons de gaz pour obtenir des concessions de l'Europe. Mais c'est un pari à double tranchant pour Moscou. La crise de l'énergie fait-elle du Kremlin le maître du jeu ? À l'ouest, le président Vladimir Poutine a appelé, mercredi 13 octobre, à des efforts pour "stabiliser" le marché du gaz en Europe où les prix se sont envolés ces dernières semaines. À l'est, Pékin a toqué, le même jour, à la porte russe pour pouvoir importer plus de charbon, d'électricité et de gaz pour surmonter sa propre crise de l'énergie.
"À court terme la Russie est dans une position confortable, ne serait-ce qu'en raison du tarif du gaz", assure Arild Moe, spécialiste du secteur de l'énergie russe à l'Institut norvégien Fridtjof Nansen, contacté par France 24. Son prix a, en effet, bondi de plus de 170 % depuis le début de l'année, ce qui constitue une très bonne nouvelle pour les finances de Moscou qui, à travers Gazprom, est le principal fournisseur de gaz pour l'Europe.
"Cela fait aussi longtemps que Moscou n'avait pas été dans une telle position de force pour négocier avec les pays européens", ajoute Agata Łoskot-Strachota, spécialiste de la politique énergétique européenne au Centre d'études orientales de Varsovie, contactée par France 24. L'Europe pense, en effet, que Moscou a les moyens d'étancher sa soif de gaz naturel.
"La Russie dispose certainement d'une certaine marge de manoeuvre car Gazprom n'a jamais fait plus qu'honorer les termes de ses contrats d'approvisionnement avec l'Europe", rappelle Arild Moe. Bruxelles espère que le géant gazier puise dans ses réserves.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.