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DEPF : De fortes incertitudes persistent sur la relance sectorielle
Publié dans L'opinion le 26 - 06 - 2022

A en juger par la note de conjoncture de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) au titre du mois de mars 2022, des secteurs ont du mal à rebondir, malgré des indicateurs favorables.
Des mesures, des sous, mais des effets toujours au-dessous de ceux enregistrés en 2019 dans de nombreux secteurs. C'est le message que laisse entendre la récente note de conjoncture de la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF). L'industrie du voyage, qui est un secteur tertiaire malmené pendant la crise du Covid, reprend des couleurs, mais en douceur.
En cumul des trois mois de cette année, "les recettes touristiques ont atteint près de 13,6 milliards de dirhams, après près de 4 milliards un an auparavant et 17 milliards à la même période de 2019, marquant un taux de récupération par rapport à leur niveau pré-crise de 79,7%", selon la DEPF, qui explique que "les signes de redressement des secteurs du tourisme et du transport, notamment aérien, se précisent, suite à la mise en oeuvre de mesures visant à redynamiser le secteur. Ce redressement serait renforcé davantage par l'allégement des restrictions aux voyages, entré en vigueur le 18 mai 2022".
Quant aux arrivées de touristes, elles ont plus que quadruplé au terme des cinq premiers mois de 2022, comparativement à la même période de l'année précédente, passant de 501,2 mille à 2,3 millions de personnes. "Toutefois, le nombre des arrivées de touristes, au terme des cinq premiers mois de 2022, demeure en baisse de 47,7% par rapport à son niveau à fin mai 2019".
Pour cette année 2022, l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) prévoit une baisse des arrivées de touristes internationaux variant entre 30% et 45% par rapport aux niveaux enregistrés en 2019, notamment suite à l'évolution de la Covid et le rythme auquel les destinations continuent de lever les restrictions de voyage ainsi que l'évolution de la conjoncture internationale.
En ce qui concerne le secteur primaire, la production céréalière prévisionnelle de la campagne agricole 2021-2022 est estimée à 32 millions de quintaux, en baisse de 69% par rapport à la campagne précédente.
Cette baisse est atténuée toutefois par l'amélioration prévue des autres cultures après les dernières pluies, tels les fruits et légumes frais dont le volume exporté s'est sensiblement accru. La DEPF prévoit une évolution contrastée pour le secteur secondaire avec le maintien d'une évolution positive au niveau du secteur de l'énergie électrique (production: +3,6% à fin avril) et repli au niveau des secteurs du Bâtiment et travaux publics (ventes de ciment : -3,1% à fin mai), manufacturier (-2,3% à fin mars) et extractif (-10,1% à fin mars).
Recul de l'indice de production du secteur manufacturier
Dans la même lignée, au premier trimestre 2022, l'indice de production du secteur manufacturier a enregistré une baisse de 2,3% en glissement annuel, après une augmentation de 0,9% un an auparavant, lit-on dans ladite note de conjoncture.
Et d'expliquer cette évolution à la baisse par celles de l'indice de la production de l'industrie chimique de 8,6%, de l'industrie alimentaire de 1,3% et de celui de la fabrication d'équipements électriques de 3,4%, avant d'attribuer ce résultat au recul de la fabrication des produits en caoutchouc et en plastique de 3,2%, de l'industrie automobile de 2,6%, de l'industrie de l'habillement de 1,6% et de l'industrie de textile de 2,3%.
"Enfin, cette baisse est atténuée par une performance positive enregistrée au niveau de l'industrie pharmaceutique (+9,9%), de la métallurgie (+1,5%), de la fabrication de meubles (+5%) et de la fabrication des boissons (+0,9%)", énumère-t-on.
L'environnement international ne trouve pas d'alibi
Les perspectives économiques s'avèrent moins favorables, dans un contexte marqué par un resserrement monétaire plus agressif pour lutter contre l'inflation, selon la même source.
Dans cette optique, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) prévoit désormais une croissance du PIB mondial limitée à 3% en 2022 contre 4,5% attendu initialement en décembre, note la DEPF.
Les perspectives de croissance se sont dégradées pour les principales économies, dont celles des Etats- Unis (2,5% contre 3,7%), la zone euro (2,6% contre 4,3%), le Japon (1,7% contre 3,4%) et la Chine (4,4% contre 5,1%). L'économie mondiale reste confrontée à de fortes incertitudes, liées à la guerre en Ukraine, à la pandémie, aux chaînes d'approvisionnement, aux dynamiques inflationnistes et aux conditions financières, constate-t-on.
Safaa KSAANI


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