Tuez-les par balle» : tel est l'ordre du président philippin contre ceux qui refusent le confinement    Coronavirus : M'jid El Guerrab interpelle le ministre français de l'Education nationale    Coronavirus : 17 nouveaux cas confirmés, 708 au total, jeudi 2 avril à 21h    Zaïo : arrestation d'un individu impliqué dans la diffusion de contenu numérique incitant à la haine    ADD: Tout savoir sur les initiatives digitales en faveur de l'administration publique    Agriculture : La situation du marché à un niveau normal    Condoléances du roi Mohammed VI à la famille de feu Marcel Botbol    TIBU Maroc s'adapte au coronavirus    Aswak Assalam lance prochainement «Aswak Delivery», un service de livraison à domicile    Coronavirus : le groupe CDG annonce de nouvelles mesures au profit des TPME    Covid-19: Le ministère de la Santé appelle à la patience    Le vrai du faux sur le coronavirus au Maroc, ce jeudi 2 avril    Confinement: nouvelles pratiques, vieilles fractures    Enchères de Sotheby's: Melehi et Belkahia en vedette    Mohamed Belmou : «Nous sommes pour l'idée d'allouer le budget des festivals pour lutter contre le corona»    Fonds Spécial Covid-19    Saad Lamjarred réagit au décès de Marcel Botbol (PHOTO)    Les éboueurs, des soldats nocturnes qui veillent à la propreté    Covid-19: l'Espagne passe à la phase de “ralentissement” de la pandémie    CDM reporte les échéances des crédits pour les clients impactés    Sous le thème «Philosophie de jeu de la FRMF» : La FRMF tient son séminaire en ligne    Coronavirus : plus de 700.000 bénéficiaires de l'indemnité forfaitaire    Confinement : que regardent les téléspectateurs marocains?    La télévision au temps de Coronavirus et la reprise du pouvoir d'initiative    Le Maroc a été parmi les premiers à fournir la chloroquine malgré la forte demande au niveau mondial    Coronavirus: La Corée du Nord épargnée ?    Le football français en deuil : De Marseille à toute la L1, hommage unanime à Pape Diouf    Lutte anti-coronavirus : Evacuation d'un grand marché populaire à Laâyoune    Un joueur du FUS se blesse pendant ses entraînements à domicile    Adieu Si Fadel    En Guinée, le président Alpha Condé, 82 ans, obtient une très large majorité parlementaire    Mustapha Adib, ex-espion des services de l'hexagone, tombe bien bas    Décès de Marcel Botbol à cause du Covid-19: ce que l'on sait    Parlement: Dispositif exceptionnel pour la session du printemps    Brèves Internationales    Les réserves des centrales syndicales    La Chambre des représentants mobilisée pour répondre aux exigences de la situation sanitaire    Nouvelle pauvreté et nouvelles solidarités en Italie    Le coaching mental, un impératif pour les sportifs à l'heure du confinement    Report des Jeux méditerranéens d'Oran à 2022    Après la crise sanitaire, vers un foot plus vertueux ?    Le Maroc n'y échappera pas    De la culture gratuite pour combattre l'ennui du confinement    Le rappeur français Booba prêche le respect des mesures préventives    Les musiques reposantes ont le vent en poupe    Un projet terroriste déjoué en Tunisie    Ça ne va pas si mal que ça pour nos étudiants au Canada    La production dans la construction en hausse de 3,6% dans la zone euro    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'artiste-peintre Benhila Regraguia n'est plus L'artiste-peintre Benhila Regraguia n'est plus
Hymne à la fertilité 
Publié dans L'opinion le 20 - 11 - 2009

L'artiste peintre Benhila Regraguia n'est plus. Elle s'est éteinte à Essaouira à l'age de 69 ans, suite à une longue maladie qui a eu prise sur son âme. C'est dans son atelier à Hrarta à la région d'Essaouira que la mort l'a happée.
Sur son parcours artistique, Abdelkader Manan anthropologue a écrit : « Artiste autodidacte, elle est née à Essaouira en 1940. Et ce n'est que tardivement, en 1988 qu'elle a commencé à produire ses premières esquisses si caractéristiques par leur univers labyrinthique et tourmenté aux thématiques extravagantes et aux couleurs chatoyantes où s'expriment son imaginaire, sa féminité et sa forte personnalité. Elle la première femme peintre d'Essaouira. Ses œuvres ont été présentées pour la première fois, à la galerie Frederic Damgaard le 3 mars 1989, à l'occasion de la fête du Trône. Elle a ensuite exposé place de l'horloge et à Beit Allatif face aux batteries de la Scala de la mer.. Par la suite, elle s'est liée d'amitié à l'écrivain Fatima Mernissi et à un groupe de femmes Allemandes qui exposèrent ses œuvres à Cologne, francfort et ailleurs. C'est une figure emblématique des femmes d'Essaouira, dont elle portait le haîk, qui disparaît aujourd'hui. Et c'est en 1989, que je l'avais rencontré au cœur de la médina où elle résidait ». Et ajouter : «  La peinture de Benhila est d'une générosité exubérante. D'une grande fraîcheur. La fraîcheur du ciel et de la mer. Elle peint l'aube à la fois étrange et belle lorsque les brouillards de la nuit font danser la lumière du jour. C'est le monde qui renaît au bout du rêve. Elle peint le ciel de la fertilité quand le jour enfante la nuit :« Au moment où la nuit pénètre dans le jour, dit-elle, je te jure au nom d'Allah tout puissant que je vois défiler tout l'univers. J'adore le ciel quand le soleil décline. Je vois les nuages qui se meuvent et j'imagine un autre monde au dessus de nous. Je vois dans le ciel comme des arbres, des oueds, des oiseaux, des animaux. Les labyrinthes que je peins sont comme les ruelles de la vieille médina : tu vas dans une direction mais tu aboutis à une autre. Je peins les chats qui rodent sur les terrasses. Les enfants qui jouent dans les ruelles étroites, les femmes voilées au haïk, leurs yeux qui sont les miroirs des hommes et notre « mère – poisson » qui est une nymphe très belle, une gazelle qui mugit de beauté avec ses cheveux balayant la terre. Je n ‘oublie pas l'île et les monuments, symboles d'une histoire révolue. Tout cela m'apparaît dans les nuages ou me revient dans les rêves. » .Ses tableaux, elle les voit d'abord dans le spectre des couleurs qui illuminent le crépuscule au dessus de l'île et de la mer. Elle fixe ces projections poétiques dès qu'elles réapparaissent sur la toile blanche, dès qu'elle en saisit le bout du fil. Ce sont souvent des représentations symboliques du rêve, aux connotations très freudiennes. » (« Artistes d'Essaouira » paru en 1990, article sous le titre : « La quête de la fertilité »). 
Ahmed Harrouz, artiste plasticien et chercheur universitaire nous révèle : « ...la défunte Regraguia Benhila était une authentique artiste peintre, mais pas seulement peintre dans le sens de l'utilisation des couleurs ou des formes; peintre dans le sens de la perception à travers l'autre langage de la saisie visuelle et spirituelle de la nature, du sort de l'être humain et des histoires qu'il porte ou fait exprimer.., c'est à dire qu'elle n'était pas une « analphabète ou une ignorante qui peint », mais une autre intellectuelle qui fait exprimer le monde à sa manière, comme elle faisait exprimer le patrimoine culturel, ou l'échange interculturel, ou le joie de l'art, ou la fraternité et l'amour universel..; elle était aussi une artiste engagée, qui ne fait pas de cadeau aux circonstances formelles ou de complaisance, quand ça ne va pas elle proteste d'une manière très forte, et quand elle observe une défaillance ou négligence concernant la condition des artistes ou des associatifs elle la condamne ouvertement, tout comme elle a aimé chanter toute sa vie pour la liberté, individuelle ou collective...  qu'elle repose en paix.. »,
De son coté, Abdelmajid Zouitina, vice -président du Syndicat l des Plasticiens Marocains, nous a souligné: «  Regraguia , Figure de prou de la création au féminin , a marqué l'histoire de l'art marocain d'une empreinte profonde grâce à ses œuvres inédites. Il a bien voulu s'installer dans la compagne, dans la région d'Essaouira, où il passe la plus grande partie de son temps, pour se consacrer à sa peinture lyrique. Ses oeuvres récentes sont placées sous le signe de la continuité et de l'éparpillement dans la forme et la couleur plus vive moins sombre, en donnant libre cours à ses fantasmes. Son empreinte est toujours omniprésente. » .
Pour sa part, Raiss Abdessalam , président de l'Association Marocaine des passionnés des Arts Plastiques, nous révèle  : « Regraguia nous a légué un immense travail, bien recherché et très créatif. Elle est parmi les grandes figures de la peinture marocaine. Son œuvre est partie intégrante du patrimoine national non seulement dans le domaine de la peinture, des arts plastiques mais du point de vue de notre culture visuelle en général également. Je souviens d'une femme généreuse, discrète, toujours vivante. Elle avait lutté courageusement contre la maladie jusqu'au dernier jour. Elle n'était pas seulement une artiste peintre mais un a acteur associatif confirmé et une militante de la culture et de la promotion des arts plastiques au Maroc. ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.