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12ème congrès national de l'UGTM : Mayara se réinvestit pour la classe laborieuse [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 05 - 02 - 2024

Du 2 au 4 février, la famille istiqlalienne et les militants de l'UGTM se sont réunis à Bouznika à l'occasion du 12ème congrès du syndicat, qui a été marqué par la réélection d'Enaam Mayara à la tête du bras syndical de l'Istiqlal.
Dans une ambiance empreinte de camaraderie et de convivialité, l'Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM) a ouvert son 12ème congrès national, vendredi dernier, sous le thème « Le syndicat citoyen : Un pilier essentiel de l'Etat social ». L'événement a réuni pas moins de 3.000 militants dévoués du bras syndical du Parti de l'Istiqlal, venus de tous les coins du Royaume, ainsi que plusieurs personnalités politiques éminentes, notamment Nabil Benabdellah, SG du PPS, Mohamed Joudar, leader de l'UC, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, et Youness Sekkouri, ministre de l'Emploi.
Dès les premières lueurs de la journée, l'atmosphère était électrique, marquée par l'enthousiasme et la solidarité. Les partisans, arborant fièrement les couleurs distinctives de l'UGTM, ont convergé vers le lieu du congrès, créant une mer de drapeaux et de bannières syndicales. La scène était ainsi dressée pour une journée mémorable dédiée à la défense des droits des travailleurs, à la consolidation des principes fondamentaux de l'UGTM, et surtout à l'élection du SG du syndicat. A ce titre, Enaam Mayara a été reconduit à l'unanimité pour un second mandat. L'Istiqlalien s'est dit honoré par ce renouvellement de confiance investie en lui, assurant qu'il poursuivra ses efforts pour améliorer les conditions de la classe ouvrière.
Dévouement envers la classe ouvrière
Dans ce sens, Nizar Baraka, SG du Parti de l'Istiqlal, qui a lancé les travaux dudit congrès, a exprimé sa fierté du « rôle pionnier de l'UGTM dirigée par notre frère, Enaam Mayara, sur la scène syndicale pour la défense des intérêts des travailleurs ». Il a souligné que la 12ème édition du congrès est l'occasion de commémorer « le parcours plein d'acquis et de réalisations de cette grande organisation syndicale », tout en rappelant « la grande confiance et la responsabilité que cette institution a assumée avec courage et audace depuis sa fondation le 20 mars 1960 ». Depuis lors, l'UGTM s'engage dans une lutte acharnée pour la dignité des travailleurs et travailleuses en améliorant leurs conditions de vie, a ajouté le leader de l'Istiqlal. Il a également affirmé que son parti qui a toujours été à son tour « attentif aux préoccupations des citoyens, à leur tête la classe ouvrière, et fidèle à ses fondamentaux reposant sur l'équilibre, la solidarité, l'équité sociale et l'égalité, comprend les inquiétudes de la classe ouvrière à cause des défis auxquels le pays est confronté ». Raison pour laquelle, l'Istiqlal, étant une composante essentielle de la coalition gouvernementale, ne ménage aucun effort pour améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière, via le renforcement de sa protection sociale et son pouvoir d'achat, surtout dans un contexte national et international marqué par plusieurs défis conjoncturels qui érodent le pouvoir d'achat des ménages. Ceci principalement à travers la concrétisation entière du chantier Royal portant sur la généralisation de la couverture sociale, pilier essentiel de l'Etat social. Un projet « social sans précédent » qui vise à doter tous les Marocains de l'assurance maladie obligatoire, des allocations sociales, ainsi que des aides sociales directes, en plus de l'élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraites et les indemnités pour perte de l'emploi, a noté le leader de l'Istiqlal.

L'UGTM appelle à plus de célérité
Pour sa part, Enaam Mayara s'est félicité des chantiers royaux abordés par Nizar Baraka, notamment la couverture sociale universelle, ou encore les aides directes aux ménages, soutenant qu'ils « ne manqueront pas d'améliorer le pouvoir d'achat de la classe ouvrière et des Marocains de manière générale ».
Il a, dans ce sens, souligné l'importance de respecter le calendrier fixé par Sa Majesté le Roi, pour les chantiers stratégiques. Le leader du bras syndical de l'Istiqlal a également souligné l'urgence de renforcer la classe moyenne de manière à garantir la stabilité sociale. « Cette classe souffre à cause de certaines décisions économiques prises dans le passé, notamment la libéralisation du marché des carburants, qui s'ajoutent aujourd'hui à la crise économique mondiale», a précisé Mayara qui, tout en louant les efforts notables du gouvernement, appelle à plus d'efforts pour garantir des conditions de vie décente pour tous les Marocains. Toujours sur le registre du dialogue social, l'Istiqlalien s'est félicité de l'approche adoptée par le gouvernement, marquée tout particulièrement par la signature de l'accord du 30 avril 2022, la charte nationale de dialogue social, ainsi que les résultats enregistrés jusque-là dans le cadre des dialogues sectoriels en cours, surtout dans les domaines de l'Education et de la Santé. Toutefois, il n'a pas manqué d'inviter le gouvernement à répondre aux revendications des travailleurs marocains, « non seulement via le dialogue social, mais aussi par le biais de dialogues sectoriels qui, malheureusement, peinent à se concrétiser pour certains secteurs ».
Il a aussi plaidé pour l'unité dans le discours et les positions politiques visant la classe ouvrière, insistant que « toute réforme ne doit pas être menée au détriment de cette catégorie de la population ». Le SG du syndicat n'a pas manqué d'aborder le régime de retraite, qui s'éternise dans les tiroirs de l'Exécutif, déplorant qu'« aucune offre officielle du gouvernement » n'a été présentée.
« Quant au Code du travail, nous avons réclamé sa révision de manière à garantir qu'il soit purifié de toutes les exigences, souvent exploitées pour harceler les travailleurs et travailleuses et restreindre le droit d'appartenance syndicale », a déclaré Mayara, alertant contre les tentatives visant à saper le mouvement syndical au Maroc, qui se sont intensifiées durant les dernières années. Mayara et tous les membres de l'UGTM appellent ainsi à se pencher sérieusement sur ce chantier de sorte à garantir les droits constitutionnels accordés aux organisations syndicales.
3 questions à Enaam Mayara « Il faut impérativement développer l'unité du mouvement syndical »
* 2023 a été une année syndicale par excellence. Quels sont les acquis de l'UGTM durant cette étape importante de l'Histoire du Royaume ?
Le premier acquis est d'ordre interne. Il concerne l'organisation de notre centrale syndicale, avec pas moins de 82 représentations. Auparavant, nous couvrions à peine 60% du territoire national, aujourd'hui nous sommes présents dans toutes les régions du Royaume à travers des Bureaux provinciaux élus. Lors des élections professionnelles, nous avons été classés premiers dans le secteur privé. Au parlement, nous sommes passés de trois Conseillers parlementaires à sept élus. Ces résultats témoignent non seulement de notre performance, mais également de la confiance dont nous jouissons auprès de la classe laborieuse. Cette confiance est en évolution ascendante du fait que notre discours est clair, tandis que nos positions sont constantes. Nos revendications sont légitimes et cherchent à améliorer les conditions des travailleurs marocains, loin des calculs politico-politiciens. Nous allons donc poursuivre dans cette lancée, afin de consolider la confiance de ceux qui nous soutiennent.

* Quels sont, selon vous, les principaux défis rencontrés aujourd'hui par la classe ouvrière et qu'il faut traiter en urgence ?
La classe ouvrière est aujourd'hui confrontée à de nombreux défis dans notre pays, mais pour y faire face, il faut impérativement développer l'unité du mouvement syndical. Nous pouvons citer le développement continu du secteur informel, avec tous les dangers et périls qui menacent ses travailleurs. La situation économique mondiale difficile, caractérisée par l'incertitude, et les troubles géopolitiques croissants qui touchent de plein fouet le pouvoir d'achat des citoyens. Les chantiers stratégiques comme la réforme de la retraite qui demeure en suspens, suscitant l'inquiétude des travailleurs. Pour s'attaquer à ces défis, il faut d'abord assurer la liberté syndicale, en améliorant le cadre juridique de sorte à garantir la liberté d'affiliation syndicale et le droit d'organisation syndicale.

* Vous avez abordé la question épineuse de la réforme des retraites. Comment voyez-vous l'évolution de ce dossier ?
L'UGTM a présenté ses doléances pour la réforme. Nous avons appelé à un diagnostic approfondi de l'état des Caisses de retraites. Chose faite et le constat est alarmant. Une réforme dure est certes nécessaire, mais il faut trouver un accord qui ménage le chou et la chèvre. Mais il ne faut surtout pas que la réforme se fasse au détriment de la classe laborieuse. Et nous allons faire en sorte que la réforme soit convenable pour les travailleurs marocains.
Déclaration finale : Lutter contre les défis que rencontre la nation
A l'issue de son 12ème congrès national, l'UGTM a publié une Déclaration finale dans laquelle elle affirme les positions suivantes :
- Son affirmation de la position historique et de principe de l'UGTM concernant la centralité de la question de l'intégrité territoriale du Royaume et de la marocanité du Sahara, qui ne doit relever d'aucune logique de marchandage, ni de chantage ;
- Son approbation du dossier revendicatif présenté, le considérant comme document de référence et de cadrage pour le travail du Bureau Exécutif au cours du prochain mandat ;
- Son alerte sur le danger que représente la crise de sécheresse structurelle au niveau national, laquelle a un impact négatif sur la situation des salariés, notamment dans le secteur agricole, les secteurs des transports et des industries manufacturières ;
- L'importance du chantier de la protection sociale, étant la pierre angulaire dans la construction de l'Etat social ;
- Son éloge de la politique gouvernementale visant à soutenir le logement social et à en étendre les bénéfices à la classe ouvrière ;
- Son appel au gouvernement à respecter le contenu de l'accord du 30 avril 2022 ;
- Réitère ses revendications concernant les dialogues sectoriels et la consolidation des libertés syndicales ;
- Son appréciation des efforts du gouvernement dans les secteurs de l'Education et de la Santé, tout en exigeant l'arrêt définitif des sanctions et des suspensions.


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