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Interview avec Lahcen Haddad : « Les auteurs du rapport de Crisis Group semblent adhérer à un récit où l'Algérie apparaît comme une victime »
Publié dans L'opinion le 25 - 12 - 2024

Lahcen Haddad plaide pour une analyse plus nuancée des relations maroco-algériennes. Dans son nouveau guide, il propose des pistes pour dépasser les stéréotypes véhiculés par le récent rapport de Crisis Group.
* Vous venez de publier un guide destiné aux experts, universitaires, politiciens, journalistes et autres parties prenantes, où vous critiquez le rapport du Crisis Group intitulé « Gérer les tensions entre l'Algérie et le Maroc », publié le 29 novembre dernier. Quel regard portez-vous sur les informations publiées dans ce document en question ?
D'une part, les informations du rapport de Crisis Group ne sont pas équilibrées. Il accorde une importance disproportionnée aux thèses algériennes, notamment sur la question du Sahara, et ignore ou minimise les perspectives marocaines. Les auteurs de ce document semblent adhérer à un récit manichéen où le Maroc est systématiquement présenté comme un agresseur expansionniste, tandis que l'Algérie apparaît comme une victime passive.
Les informations ne sont pas objectives. Un rapport équilibré présente l'avis du côté marocain et du côté algérien, ainsi que l'avis des experts internationaux, etc.
D'autre part, le rapport repose sur des hypothèses erronées et les informations sont biaisées. Les rédacteurs de ce rapport ont privilégié des sources algériennes et ont adopté une approche interprétative qui tend à confirmer des préjugés existants. En particulier, l'hypothèse d'un Maroc impérialiste et expansionniste est récurrente et sert de fil conducteur à l'analyse. De plus, l'étude minimise le rôle de l'Algérie dans l'escalade des tensions récentes, notamment en matière d'armements.
A titre d'exemple, on dit que c'est le Maroc qui a commencé la course aux armements et que l'Algérie a réagi par rapport à ça, alors que tous les rapports internationaux montrent que l'Algérie est le premier acheteur d'armes au niveau de l'Afrique.

* Dans votre guide, le premier extrait soulevé du rapport est : « La pression du Maroc sur le Sahara ». Quel commentaire en faites-vous ?

Le choix de l'expression « Pression du Maroc sur le Sahara » dans le rapport est révélateur d'une volonté de maintenir une certaine ambiguïté. Lorsque j'ai interrogé les auteurs sur ce point, ils ont tenté de nuancer leur propos en évoquant une « pression sur la communauté internationale ». Or, cette distinction me semble artificielle.
En effet, la pression exercée par le Maroc sur les autres Etats a pour objectif explicite de faire reconnaître sa position sur le Sahara. Le maintien de cette formulation initiale suggère donc une volonté de ne pas clarifier les enjeux réels et de laisser planer un doute sur les intentions du Maroc.

* Le rapport qualifie la déclaration du Maroc en faveur de l'autodétermination de la région algérienne de Kabylie de provocatrice. Selon vous, comment de tels commentaires devraient-ils être interprétés ?
Le Crisis Group commet une erreur d'interprétation en qualifiant de « provocatrice » la déclaration d'Omar Hilale sur la Kabylie. Il s'agit là d'une question rhétorique visant à mettre en évidence l'incohérence de la position algérienne sur le principe d'autodétermination. En effet, si l'Algérie défend le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui, pourquoi ne pas appliquer ce même principe à la Kabylie ? Cette question ne constitue en aucun cas une reconnaissance officielle du mouvement indépendantiste kabyle.
En s'appuyant sur cette interprétation erronée, le rapport justifie la réaction excessive de l'Algérie, qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc. Or, cette réaction est difficilement explicable au vu de la nature de la déclaration marocaine. Le Crisis Group aurait dû analyser de manière plus critique les motivations de l'Algérie et souligner les contradictions de sa politique étrangère, notamment sa volonté de jouer un rôle de médiateur dans le conflit du Sahara tout en réagissant de manière très émotionnelle à toute reconnaissance de la souveraineté marocaine.
Le rapport aurait dû adopter une approche plus nuancée en prenant en compte les intérêts de toutes les parties prenantes et en analysant les enjeux politiques sous-jacents. En se focalisant uniquement sur l'interprétation algérienne des événements, le Crisis Group contribue à renforcer les tensions entre les deux pays et à entraver tout processus de dialogue.

* Enfin, quelles mesures concrètes pensez-vous être nécessaires pour apaiser les tensions et parvenir à une résolution ?

La résolution des tensions entre le Maroc et l'Algérie nécessite une approche globale et une volonté politique de part et d'autre. Le Maroc a déjà posé des gestes d'apaisement en appelant à un dialogue constructif et en proposant des mesures concrètes pour normaliser les relations.
L'Algérie doit prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux activités du Polisario qui compromettent le processus de paix. Les pays influents doivent encourager les deux pays à renforcer leur coopération dans des domaines tels que l'économie, l'énergie et la sécurité. Cela crée un climat de confiance. La réouverture des frontières, la levée des embargos et la facilitation des échanges économiques sont autant de mesures qui peuvent contribuer à renforcer la confiance mutuelle.

Recueillis par
Safaa KSAANI
Rapport du Crisis Group : Un nouvel épisode de la propagande algérienne
Le dernier rapport de Crisis Group sur les tensions algéro-marocaines s'inscrit dans une longue tradition de propagande algérienne visant à dénigrer le Maroc et à justifier ses ambitions hégémoniques dans la région. En présentant un récit tronqué et orienté, le document contribue à renforcer les divisions et à entraver tout processus de réconciliation.
Pour Lahcen Haddad, écrivain, député istiqlalien et vice-président de la Chambre des Conseillers, il est temps de démasquer cette manipulation et de rappeler que la paix et la stabilité dans la région ne peuvent être construites sur le mensonge et la désinformation. A cette fin, il publie un guide destiné aux experts, aux universitaires, aux politiciens et aux médias. Selon lui, en réduisant le conflit à une simple opposition entre un agresseur (le Maroc) et une victime (l'Algérie), le rapport occulte la complexité des enjeux et les responsabilités partagées des deux parties. Sous couvert d'une analyse objective, le document réhabilite unilatéralement le discours algérien, occultant les responsabilités historiques et les ambitions expansionnistes de ce pays. En particulier, l'accusation récurrente d'un prétendu « impérialisme marocain » sert de prétexte pour justifier les actions d'Alger et détourner l'attention des véritables enjeux. Cette lecture biaisée des faits est d'autant plus regrettable qu'elle risque de renforcer les divisions et de compromettre toute perspective de dialogue constructif.


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