Photo d'illustration / Ph. AP ‹ › 11 coordinations et organisations de la société civile au Maroc ont adressé un mémorandum urgent au secrétaire général de l'ONU et au haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme (OHCHR), au sujet de l'instauration de la peine de mort par Israël contre les détenus palestiniens. Dans cet appel international, diffusé mercredi 1e avril 2026, les signataires exigent la suspension de cette disposition votée récemment par les parlementaires hébreux. Consulté par Yabiladi, ce courrier fustige une «violation des obligations de la puissance occupante, nonobstant le droit international humanitaire». «Israël se doit de protéger la population sous son contrôle, en vertu de la quatrième Convention de Genève. L'introduction ou l'extension de la peine de mort dans les territoires occupés contrevient aux limitations strictes imposées pour garantir un niveau minimal de protection juridique», ont écrit les signataires. Dans ce contexte, ils ont appelé à une intervention «immédiate» de l'ONU, considérant le texte voté comme «un coup aux fondements juridiques du droit international contemporain». «Le droit à la vie, norme impérative et inaliénable, en est la pierre angulaire», affirment les signataires, en référence à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Selon les organisations, «l'application de la peine de mort dans ce contexte constitue un retour en arrière dangereux, par rapport à la tendance internationale croissante vers son abolition». Dans le même sens, elles déplorent une «risques d'exclusion légalisée» autorisant «la discrimination fondée sur l'identité» et dirigée contre «un groupe spécifique». Le courrier prône ainsi «des pressions diplomatiques et juridiques pour suspendre la mise en œuvre, en vue de l'abolition». Parmi les signataires figurent la Coalition marocaine contre la peine de mort, Forum marocain pour la vérité et l'équité, l'Observatoire marocain des prisons, l'Organisation marocaine des droits humains, ainsi que le Centre de recherche et d'études Mohamed Bensaïd Aït Ider. Porté par l'extrême droite en Israël, le projet de loi dit de «peine de mort pour les terroristes» a été approuvé par la Knesset, lundi dernier. Avec 62 voix pour et 48 contre, il risque de faire de la peine capitale une sanction par défaut pour les Palestiniens de la Cisjordanie, s'ils sont coupables d'avoir commis une attaque anti-israélienne meurtrière.