L'Algérie a finalement pris position dans le guerre au Moyen-Orient, un mois après son début, marquant une évolution dans sa position de base. Les pays arabes pourraient interpréter son silence et sa réponse tardive comme un manque de solidarité et une incohérence avec les principes de la charte de la Ligue arabe. Un mois après la début de la guerre en Iran et au Moyen-Orient, la diplomatie algérienne vient tout juste d'affiner sa position, après avoir initialement appelé à la baisse des tensions, sans condamner les agressions militaires iraniennes visant les pays arabes. Dans une intervention devant une réunion ministérielle de la Ligue arabe en visioconférence, dimanche, le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a exprimé la solidarité de son pays avec « les pays arabes frères » en évoquant « le contexte de la dangereuse escalade militaire que connaît la région du Moyen-Orient », tout en mentionnant « les agressions militaires iraniennes », jugées « injustifiées » et « inacceptables ». Cette fois-ci, prise dans un étau mondial où elle ne doit pas afficher de proximité avec l'Iran et dans un contexte où ses alliés traditionnels sont fragilisés les uns après les autres, l'Algérie a dû sortir de son silence et afficher sa solidarité avec les Etats arabes. Contrairement à tous les autres pays arabes qui ont annoncé dès les premières heures des attaques iraniennes leur soutien et condamné dans les termes les plus forts ces agressions, l'Algérie a pris son temps pour nommer les événements. Sa prise de distance maximale, sa prudence, et son silence sont devenus visibles et critiqués, même assimilés à une complaisance avec l'Iran. En effet, la réaction initiale de l'Algérie n'avait pas évoqué les frappes militaires iraniennes ayant visé des pays du Golfe, touchant des sites vitaux, y compris des installations militaires, civiles et énergétiques, au Bahreïn, à Oman, au Qatar, aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite. Alors que l'Algérie aurait dû défendre la solidarité arabe puisque plusieurs pays arabes ont été visés et d'autres continuent de l'être comme le Liban, et qu'elle fait partie la Ligue arabe, le pays a montré de l'incohérence en négligeant une condamnation claire et sans équivoque, d'où cette réaction tardive et cette tentative de recadrage du chef de la diplomatie, Ahmed Attaf. En dehors des pressions des pays du Golfe avec qui certaines tensions existent, notamment avec l'Arabie Saoudite dont elle a refusé la médiation dans son conflit avec le Maroc, et les Emirats arabes unis qu'elle attaque verbalement à travers ses canaux de communication, l'Algérie se trouvait aussi dans contexte de pressions internationales. L'Algérie cherche désormais à ne pas trop paraitre proche de l'Iran pour les Etats-Unis alors que des députés et sénateurs américains ont lancé une initiative pour classer la milice du polisario (financée par Alger et soutenue par Téhéran) comme organisation terroriste.